mercredi 8 avril 2026

Terrassa de l'abril

Han fet caure parets,

les parets de fredor,

i n’han creat de noves,

de fulles i cel blau.


Terrassa de l’abril,

terrasse du printemps.

S’hi beuen galopins

amb un rall renovat.


Un poeta assentat

els acaba de dir

que cal escriure aviat

unes noves fafades.













foto: Fafa

Les musées de mon père

Les musées de mon père
lentement, visités
puis rangés dans un meuble 
les uns contre les autres.

Des musées de papier
aux photos qui jaunissent
et que je n’ose ouvrir
de crainte d’y verser.

Les musées de mon père,
son goût pour la culture
et mes doigts orphelins
des pages qu’il aimait.



Sœur Florine

La blancheur de la fleur,
de la fleur de farine…
Ainsi j’ai vu l’habit
de notre sœur Florine.

Et j’ai suivi ses doigts
guidant sur le papier
les chants à la mémoire
du Christ ressuscité.

Plus tard je l’ai suivie
dans un repas de fête,
parlant avec ma bru
sur les coups de midi.

Elle s’en est allée,
bien avant l’Angélus
vers sa communauté
pour prier avec nous.

vendredi 3 avril 2026

Civet de l'ombre

C’est un civet de l’ombre

qui mijote à feu doux.

Du sanglier en pièces

fondant dans de la bière.


De la Guinness si sombre

qu’on oublie qu’elle existe,

quand les soirées de matchs

finissent dans la nuit.


La viande s’attendrit

au contact de la bière

et le vent du midi

s’inspire de l’Irlande.




Esmorzar de divendres

Esmorzar de divendres

al costat de la bota.

Dues copes de vi

en mig de porquejades.


Fuet i cansalada

ja ballen de bracet,

esperant la vinguda

d’un paté de bolets.


Un matí qualsevol

amb amics dels millors.

El molt generós Franck

i l’elegant Bernard.




Un bouquet d'ici-bas

C’est un bouquet de fleurs

qui a longtemps séché

contre les poutres sombres

de notre bon café.


Il a pris les senteurs

des civets qui mijotent

et les éclats de voix

des habitués heureux.


Semaines de silence

en haut du brouhaha...

Et voici que des muses

le tirent ici-bas.


Il connaîtra bientôt

d’autres fleurs de Palau.

Des amours de ruisseau

et le vent de la plaine.




Le Christ est parmi nous

Et inclinato capite, emisit spiritum...


Le Christ est sur la croix,

il ne lui reste plus

qu’un peu de temps à vivre

en haut du Golgotha.


Et partout dans le monde,

des enfants, des vieillards,

des femmes et des hommes

se préparent à le suivre.


Dans la folie d'un homme

qui brûle les églises,

viole les hôpitaux

et arrache les ponts.


Le Christ est parmi nous.

Il est sur notre terre,

dans l’orient d’une mer

que l’on croyait de paix.