La table des amis
c’est avant tout la sienne :
une table de bois
où naissent les partages.
Le pâté, la ventrêche,
les fruits de cette terre,
passant de main en main,
dans le bruit des couteaux.
Et c’est un vrai plaisir
de regarder manger
notre copain Bernard,
lentement, sans un mot.
Avec, à ses côtés,
ouvertes, silencieuses,
quatre feuilles de chou,
sans rien à contenir.
Il n’a qu’une exigence,
pour s’asseoir à sa table :
venir avec, en poche,
un couteau replié.
Je l’ai appris souvent,
parfois à mes dépens,
puis je me suis assis
bavarder avec lui.