mardi 1 septembre 2026

Constructors del possible

Han construït tots junts

un espai de concòrdia,

de pau i de cultiu.


Han aixecat uns ferros

per bastir hivernacles

i ajudar a créixer


les flors de llur amiga.

Ja vindrà la tardor

i l’èxit del nou camp.






lundi 31 août 2026

L’animal que je suis

Un corbeau chante il vole bas et droit

le chauffage respire à fond

il dit son texte à la chambre

pépiement des oiseaux près de la fenêtre

je mange du pain avec du tahini et du jus d’orange.

Que c’est bon ! Je mange avec appétit et en conscience.

Mon ventre grossit, tranquille et courbe

de le voir s’arrondir du dehors

m’aide à comprendre qu’à l’intérieur

c’est la vie qui grossit et me transmue

au rythme du miracle

mes tissus se dilatent

j’ai deux ventres, deux cœurs, deux âmes

la grotte doit toujours être chaude

il y parvient la lumière qu’y laisse entrer

ma chair

mon odorat me dit où est tout

le toucher traverse la peau

l’esprit marque de nouveaux silences qui lui manquaient

et repose sur l’aire, hors du temps.

Je reçois l’animal que je suis, douce et ferme

je l’invite à s’installer

on se soigne

ça me plaît.


Il est peut-être venu pour rester.


Inés Hinojosa Pérez

traduit du catalan par Michel Bourret Guasteví

dimanche 30 août 2026

Nova temporada

Han tornat a l’estadi
els bons amics dels Nin’s.
Una entesa perfecta
sobre l’herba del Vaills.

Els grans no han canviat
mes han crescut els nins,
camí d’uns bons partits
on triunfa l’esperit.

Encara us tinc al cor,
amics entrenadors
i rugbimen forçuts,
tots somrients alhora. 




samedi 29 août 2026

Bocins esperats

Dispersaré bocins

de papers estripats:

velles llistes de compres

i promeses frustrades.


I t’encaminaràs

cap a la meva espera,

substituint bocins

per versos personals.


Un caminoi de trossets,

de fragments de la vida:

la meva perdulària

...la teva de poeta.





Com un bolet de pedra

Com un bolet de pedra,

una fita aixecada

dessota el vostre roure.


Entre l’arbre i les pedres,

tant del vostre passat,

amb l’alè de la mare,


les sardanes del pare

caminant fins al bosc

en tornar de la feina...

















© Marta Blàzquez

Huit nuances de gris

Sous le bureau un sac

imprimé en Vichy,

dirait-on en couleur.

Mais le gris l’emporte…


En quatre ou huit nuances,

de profil  ou reflet.

Des lunettes, des sacs,

un bric à bras d’urgence.


Une forêt de bras,

de langues et de sourires.

Des actrices complices

sous l’œil d’un ami.













© Planapey

La pause dans l’effort

La pause dans l’effort,

non pas le réconfort

qui succède à l’épreuve.


Non. Cet instant volé

au temps des chronomètres

et au public avide


de succès hors du temps.

La parole est ailleurs,

doublement retenue.


Par le coton serré

et la main qui le tient

pour que rien ne s’échappe.


Seul le regard nous parle,

faisant naître son ombre

pour taire le débat.


Car on ne saura rien

des secrètes pensées.

Et c’est tant mieux ainsi.


L’artiste qui la voit

est le témoin discret

d’un instant éternel.















© Denis Plane

jeudi 27 août 2026

La meitat més sis

    A la Roser, amb amor


Han passat sis anyets

des de la partició

del nostre segle en dos.


Sis anys d’aniversaris.

Molt més de dos mil dies,

i tantes nits d’entesa.


El meu cel s’ha teixit

amb els teus fils d’argent

com entramat d’estrelles.

















A Calafell, casa-museu de Carlos Barral


Per regraciar el món

creix la llum del sud-oest

          Iris Hinojosa Pérez


No es pondrà mai el sol

en el teu cos de mare.


Creix la llum del sud-oest

amb l’olor de la llet.


Somriure del nadó

que me mostra la via:


el camí de saviesa

que neix de l’occident.


i se’n torna a l’orient

tot bressolat de goig.


Ensenya’m prest petit

a regraciar el món.

Pourquoi ?

Pourquoi te caches-tu

derrière ton smartphone

austère et facétieux ?


Tu me montres ta main

noble et veinée de bleu

par des ans de labeur.


Ton pull est gris souris

et ton col d’expérience,

négligemment jeté.


N’était ton œil si vif

qui regarde les autres,

je te croirais ailleurs.


Mais tu es bien au centre

de votre carnaval…

…que tu vis en cachette.













© Denis Planes

Couleurs et impressions

Mais que la mer est bleue

et que l’ombre tremblote…

Les couleurs sont coupées

au rasoir par le peintre.


Que d’amour dans ce geste

qui sait dire le vrai

en en tirant l’essence

et l’impression prégnante.


Le ciel est éthéré

et l’eau est si épaisse.

Les pilotis sont le pont

entre l’eau et le ciel.


















© Toni Veres