mercredi 3 juin 2026

Si je parlais au vent...

Si je parlais au vent

ou bien s’il me parlait,

nous vivrions ensemble

le passé de nos vies.


Les chemins traversés,

les orages d’été.

Les bourrasques d’hiver

et les fleurs du printemps.


Nous croiserions enfin

les êtres estimés

et que le vent d’automne

un jour a emportés.

Un cirque à l’air libre

C’est un cirque à l’air libre
qui ravit les enfants.
Les maîtres, les maîtresses
et tout le personnel.

C’est un art de la cour,
à même le goudron.
Un tremplin, des trapèzes
et beaucoup de passion.

Il joue avec le vent
ou bien est-ce l’inverse…
quand Saturne et Éole
s’amusent à chat perché.

Un moment de magie
et des heures d’effort
et voilà que s’envole
la terreur des enfants.

La grave gravité,
combinée à la grâce,
fait naître des sourires
chez ceux qui la craignaient.




lundi 1 juin 2026

Au cœur joie

Tu viendras à cœur joie
me parler comme on chante,
librement sans entrave,
faussement indolente.

Des propos de printemps,
d’un printemps finissant,
qui emprunte à l’été
sa brûlure durable.

Tu me parleras bas,
tu me parleras haut.
Dans ta voix rouleront
les galets de nos plages.

dimanche 31 mai 2026

Un musée de la vie

C’est l’effort des joueurs
couché sur une toile
peinte après la victoire
de l’an deux mille neuf.

C’est un tableau unique
qui attendait son lieu
après avoir dormi
au fond d’un atelier.

Le voici entouré
d’un bric-à-brac d’objets
qui font de Can Fafa
un musée de la vie.














© David Newcomb
photo : Philippe Farriol

Selvàtica Roser

Selvàtica Roser,

la dona de ma vida,

escriptora de dia,

somiadora de nit.


L’imagino cap cot,

esbrinant aventures

d’entre la selva verge

on no m’endinsaré.


Selvàtica Roser

davant de la pantalla,

una finestra oberta

per deixar-m’hi entrar.

Tiroir

Tu as tiré d’un tiroir

un livre d’autrefois

que tu adapteras

aux lecteurs d’aujourd’hui.


La tâche est exaltante

et tu t’y donnes à plein,

découvrant des trésors

dans ce livre jauni.


J’ouvrirai ton tiroir

dans une ou deux semaines.

J’y trouverai par toi

ce livre réécrit.

Une promesse

La promesse de mots

que le printemps réserve

sous forme de billets

glissés dès le matin.


Des mots sans y penser,

des mots de presque rien.

Des lèvres qui s’entrouvrent

sur le temps suspendu.


La promesse de mots,

ou peut-être de vers,

sagement alignés

en attendant l’été.

El viatge a Sant Jaume

Anirem a Sant Jaume

un dia de setembre

per regraciar l’arròs

que acaben de segar.


Portarem unes copes

de cristall palauenc

amb vi bo de les caves

que tenim al vilatge.


Retrobarem la flama

que nos agermanava

des del delta de l’Ebre

fins al peu de l’Albera.

Triangle de l'istiu

Batega amb força el cor

de les teves paraules,

cada lletra de sang

que llegesc amb passió.


I veig néixer un triangle

de puntes catalanes.

Triangle de l’istiu

amb la blavor al centre.


La blavor del teu mar

i de la teva lletra

amarada de tinta

que llegesc amb passió.

Rosa de maig

Una rosa de maig,

de les últimes hores,

la mare de l’amic

que tinc al meu costat.


Al costat del meu cor,

tan orfe de sa mare

com en soc de la meva

al final d’aquest mes.


No fa pas gaire estona

xerraven totes dues

en el poble tan blanc

que diuen dels francesos.


I ara totes dues

rallen al paradís

del seus fills tan sensibles

que les ploren plegats.




La fête des mamans

C’est la fête des mères,

un beau jour de fin mai.

Moi, j’ai perdu la mienne

un dix du mois d’août.


Et je pense à l’amour

que portent les enfants,

les enfants de tout âge

à leur mère adorée.


Qu’elle soit avec eux

recevant un bouquet

ou bien au fond des yeux

de ceux qui la regrettent.


C’est la fête des mères,

de toutes les mamans,

un souffle de bonté

sur le chemin de vie.





Un dia sense tu

Avui és trenta-u,

el trenta-u de maig.

El dia de la mare,

un dia sense tu.


Sense flors del germà,

sense presència meva.

Dia d’agraïment

per l’amor que donaves.


Un amor sense límits,

tot i sent raonable.

La passió pels detalls

que ens omplien de goig.


Et tenim dins del cor,

el cor, el cos i l’ànima.

Absent ets la presència

que ens guia pel camí.





Tallar el bacallà

Al taller tallarem

dos o tres bacallans

amb rall improvisat

de llum i moscatell.


Al taller rallarem

per defugir la ratlla

la impossible frontera

de l’Albera tan blava.


Al taller callarem

les moltes injustícies

i farem de la llengua

el ciment de demà.

Ofrena costanera

T’oferiré el mar,

no pas l’oceà fosc

sinò un mar petit

de cala menorquina.


Dormirem a la platja

hores de lluna plena,

desgranaré la plata

entre els teus cabell bruns.


T’oferiré les aigües

dels meus avantpassats:

la infantesa d’en Quicus

amb la infància de Tònia.


Seran hores plaents,

de mots i alenades.

Volaran les besades

com gavines geloses.

samedi 30 mai 2026

Alla tavola dei bambini

Al dottore Vincenzo


Ho trovato alla tavola

dei bambini impatienti

il riflesso del sole

di un pasto al Vernet.


La luce dei chicchi di riso

della paella da Jean-Claude,

il nostro cappo di oggi

che deliziava tutti.


Ho trovato alla tavola

dei bambini contenti

il riflesso della gente

che condivideva la gioia.




Damunt la paret seca

Damunt la paret seca,

la figuera ens mirava

per oferir-nos ombra.


Sens exigir-nos res,

per la simple alegrança

de veure la paella

que compartíem tots.


La sentia a l’esquena,

benèvola presència,

xiuxiuejant paraules

d’admiració sincera.


Damunt la paret seca,

la figuera recorda

la nostra alegrança.




La magie de Jean-Claude

La magie de Jean-Claude 

n’est pas grandiloquente.

Elle cuit à petit feu

dans un coin du Vernet.


Un reflet du soleil

qui brûle notre terre

avec tous les parfums

qui viennent de Valence.


Jean-Claude parle peu

mais il sourit toujours.

Il est ce généreux

qui donne tout de lui.


Et dans chaque propos

des amis attablés,

j’ai vu briller ses yeux

et battre sa passion.