le stade se remplit
de la sérénité
que donne la beauté.
La beauté des couleurs
et des préparatifs
de toute une commune
derrière ses joueurs.
La beauté toute simple
qui naît de nos couleurs :
le drapeau catalan
sur des ballons qui volent.
un blog au fil de l'eau
Mais que fait la Beauté
sur l’herbe qui jaunit
aux côtés de colosses
tous prêts à s’empoigner ?
Elle est venue donner
avec le coup d’envoi
un peu de cette grâce
qui signe les victoires.
Et notre Miss Salanque
a été bonne fée
pour donner à chacun
l’envie de la victoire.
Ce matin, le garçon était à nouveau là.
Il était assis sur le sable, bien calme, et il regardait la mer.
Je le voyais souvent, quand il sortait de chez lui.
Je l’avais vu au collège mais il était dans une autre classe.
Je me suis approché de lui.
―Salut.
―Salut. ―le garçon m’a dit bonjour et a recommencé à regarder la mer.
Je me suis assis à côté de lui, sur le sable.
―Qu’est-ce que tu regardes ?
―La mer.
―Est-ce que tu viens tous les jours ?
―Oui.
―Je m’appelle Martí.
―Moi, c’est Omer.
On est resté silencieux
jusqu’à ce que je lui demande :
―Est-ce que tu es déjà allé en bateau ?
―Oui.
―Moi, j’adore naviguer !
Mon grand-père a un bateau, tu sais ?
L’été on sort pêcher avec mes cousins,
ou on va se baigner dans une crique.
Mon grand-père me laisse piloter.
Quand je serai plus grand, je m’achèterai un bateau.
Si tu veux, je peux demander à mon grand-père si tu peux venir avec nous.
Tu vas te régaler !
Le garçon m’écoutait en silence,
sans arrêter de regarder l’horizon.
―Quand on trouve un endroit qui nous plaît, mon grand-père jette l’ancre
et alors on plonge tous dans la mer.
Si on regarde en bas, on voit un tas de poissons en couleurs
et les rochers et les algues.
Alors, Omer m’a regardé et m’a dit :
―Mes cousins habitent de l’autre côté de la mer.
Et mes grands-parents aussi.
Je me suis senti un peu honteux.
―Est-ce qu’ils te manquent ?
Le garçon a dit oui avec la tête.
―Désolé.
Au bout d’un moment je suis parti
parce qu’on m’attendait chez moi.
Il a continué de regarder la mer.
Je ne pouvais pas arrêter de penser à Omer
qui regardait la mer parce que sa famille lui manquait.
Au bout de quelques jours, je l’ai revu.
Il était, comme toujours, assis sur le sable.
Je me suis approché de lui.
―Salut, Omer. On dirait qu’il va pleuvoir aujourd’hui.
Omer a haussé les épaules.
―Ces dernier jours j’ai beaucoup pensé à toi.
Ça doit être terrible de laisser ta famille et tes amis
et quitter ton pays.
À moi aussi ils me manqueraient.
Omer m’a regardé pour me remercier et il m’a souri.
―Est-ce que tu as des frères et sœurs, Omer ?
Il a mis du temps à répondre.
Il prenait des galets et il les lançait dans l’eau.
―Oui, un petit frère.
Il s’appelle Adel. Je viens ici pour lui parler.
―Est-ce qu’il vit dans ton pays, avec tes cousins et tes grands-parents ?
―Non. Il vit dans la mer.
Et alors Omer m’a expliqué son histoire.
Il n’était pas venu en avion mais en bateau.
Un petit bateau plein de gens,
les uns sur les autres.
Il voyageait avec sa mère et son frère
qui était tout petit et qui a été malade pendant le voyage.
Il y avait des hommes qui se battaient.
Omer a dit qu’il a eu très peur.
Le bateau bougeait beaucoup avec les vagues
et ils étaient tous trempés et ils avaient froid.
Ils ont eu également très soif et très faim.
Le petit Adel est mort avant d’arriver à la côte.
Sa mère et lui pleuraient quand on l’a lancé dans la mer.
Maintenant, ils habitent à Calafell,
et c’est pour ça que chaque jour Omer va sur la plage,
pour parler avec le petit Adel.
Quand il a fini, j’avais un nœud dans la gorge.
Je lui ai passé un bras sur l’épaule
et, en silence, on a regardé ensemble la mer.
Depuis ce jour-là, quand je monte sur le bateau de mon grand-père,
je pense toujours à Omer et à son petit frère.
Et à toutes les personnes
qui habitent, comme le petit Adel, au fond de notre mer.
Roser Blàzquez, traduit du catalan par Michel Bourret Guasteví
Sur un coin de tissu
et non un tapis vert,
la boule se repose
des parties du passé.
On dirait un beau jaune,
sorti de sa coquille
pour donner à la pâte
un peu d’onctuosité.
Et voilà qu’elle reprend
sans crier gare ou presque
l’humble tâche d’aider
à repriser les mailles.
Les mailles des chaussettes
ou bien leur fil d’Écosse,
comme faisait Maman,
il y a longtemps déjà.
Je songe à l’éléphant
qui, bien avant la guerre,
nous offrit sa défense
pour façonner la sphère.
La sphère jaune d’or
qui du Sud jusqu’au Nord
a uni chaque fil
de notre beau foyer.
photo : Alain Bourret
À un marquis qui se reconnaîtra...
Mais qui est cet ami
qui est dans la tristesse ?
C’est l’ami de chacun,
c’est l’ami de personne.
Ou plutôt des personnes
comme toi ou bien moi.
Il connaît la tristesse
qui nous enserre tous
et qui nous fait trembler
dans le vent de novembre.
Mais voici le printemps
et ses vents bienveillants.
La brise délicate
soufflant dans les pêchers
et donnant à chacun
une envie de baisers.
Al peu de cada arbust
el record de persones
que venien aquí
a resar per nosaltres.
Les tietes tan bones
amb alguna veïna.
I l’amena xerrada
preparant el capvespre.
Oh dolça melangia
de qui ve a l’ermita
a resar per aquelles
sense qui no seria.