de pedra i formigó.
El tacte de la flor,
les ferides del dit.
Mes no té cap espina,
la nafra és del ciment
que uneix la frontera
i protegeix la flor.
M’han dit que escrius sovint
pensant en la floreta
amb tinta de sa sang
i ploma de sa tija
un blog au fil de l'eau
J’attendrai les oiseaux
au bord de la falaise.
Ces oiseaux messagers
qu’un jour tu m’envoyas.
Des colombes très pâles,
non des pigeons ramiers.
Oiseaux désorientés
que le hasard conduit.
Et pourtant j’attendrai.
Au bord de la falaise.
Ces oiseaux sans pitié
qu’un jour tu délaissas.
J’ai besoin de t’écrire
ces mots que j’ignorais.
Tout ces mots que j’apprends
en feuilletant des livres.
Les mots les plus étranges
sont les mots quotidiens.
Je cueille l’épuisette
au détour d’un rayon.
Et, de fil en aiguille,
je remplis ma besace.
Pour toi je veux l’humide
qui glisse entre les doigts.
L’écrevisse dodue,
cachée entre les pierres
et le loukoum visqueux
tout au fond de la boîte.
J’ai besoin de t’écrire
et pour toi je sautille,
prenant garde au tombeau
où finiront mes mots.
Des cheveux dans la main.
Libres cheveux d’été,
glissant entre les doigts
sans crainte de la coupe.
Et pourtant elle viendra,
sans jamais les restreindre,
endiguant leur parcours,
par touches délicates.
Écriture duelle :
les ciseaux d’un côté
et les cheveux de l’autre,
…pour retarder l’automne.
La barca és a la terra.
No s’ha volgut quedar
a l’aigua que s’adorm
o a la sorra molla.
Té ganes de fer gresca
amb tots els habitants.
Els pescadors d’anxoves
amb llurs dones de gala.
Per presumir encara
ha ensenyat la proa
amb una barretina
i xifra d’infinit.
© Toni Veres
In memoriam Noël Godin
Les pompeux cornichons,
les imbus de leurs pompes,
pensaient coasser gaiement
devant leurs affidés.
Mais c’était sans compter
la saillie pernicieuse
d’un humoriste belge
friand de performances
et sa crème fouettée
prestement projetée
sur l’ahuri heureux
imbu de sa personne.
Un nouveau philosophe,
vieillissant lentement,
en fit tout un fromage,
la mine dépitée.
C’est un envol de l’ombre.
De l’ombre à la lumière
d’un matin incertain.
Le papillon délaisse
la frondaison certaine
pour l’éther inconnu.
Il ne peut plus attendre
et déjà il s’envole
pour la lueur si proche.
Ses ailes transparentes
y perdront leur couleur
pour se fondre dans l’air.
© Marion Zibelli
La bouche s’est tordue
en un quart de seconde
et les yeux sont ailleurs,
à la beauté intacte.
Si la photographie
est un art de l’instant,
ici elle nous suspend
au repli du modèle.
Si cette femme est belle,
et merveilleusement,
la torsion de sa bouche
l’embellit un peu plus.
Au-delà de la pose,
du portrait attendu,
j’y sens une conscience
qui échappe à l’ennui
et au détachement
pour fouiller en son sein
et y trouver, peut-être,
la clé de son repli.
© Denis Planes