que me figuré,
me dejé ensoñar
y no me desperté.
Entornando los ojos,
me fijé en los labios
del cartel de la chica,
la chica de Gardel.
Dejé entrar el ritmo
del tango argentino
hasta perder sentido
y volver al silencio.
un blog au fil de l'eau
La mer est si étale
et toi si peu de choses.
Alors tu as pris tes palmes
pour te grandir un peu.
Ton épaule choisit
de briser le miroir
de l’onde mordorée
et de chercher l’obscure.
L’obscure profondeur
de la froideur salée
que ta nage néglige
car tu n’es pas plongeuse.
Tu nages le matin
pour remercier le jour,
en gagnant le levant
où la lumière naît.
Ainsi est ta journée
en son point de conscience,
la nuit ta libérée
des rêves de lourdeur.
Tu marcheras longtemps
sur ton clavier aveugle
et tes doigts rêveront
à l’onde où tu nageas.
Desplaçaren capella
per esmorzar plegats,
els amics de Can Fafa,
de forquilla, és clar.
Menjaren a la llauna
caragols casolans,
galtes a la brasa,
talls de pernil serrà,
pota i tripa cremant,
unes postres molt bones,
ensucrades o no,
per ultimar l’escena.
Begueren gots de vi
amb una birra freda.
Fou un matí de princeps
... o de reis andorrans.
foto: Philippe Farriol
Ce fut un beau moment
puis de bien belles heures
à converser ensemble
autour de Perelada.
Non pas le vieux châteaux
mais le cava glacé.
Aux parois de la pièce
des Ulf nous regardaient,
gagnant un fier relief
contre la cheminée.
Les propos étaient riches.
Nous parlâmes de tout.
Le soir n’avaient pas d’heure.
On parla de projets.
De synergies nouvelles,
nées de nos trois passés.
Quina foto més polida!
Sembla un bodegón,
una natura morta.
És ben bé el contrari.
Una natura viva,
un compendi del món.
Quatre copes de vi,
una ampolla mig buida,
pa, patè i ailloli.
Un fuet de Can Gabi
amb talls de botifarra
i tovallons tacats.
En torn del bodegón,
els amics reunits,
xerren sens cessar.
Esmorzar de forquilla
sense cap pretensió
mes amb filosofia.
El gust de la menjada
i dels viatges pel món
sens deixar el cafè.
foto: Philippe Farriol
Esmorzaran aviat,
esmorzaran dilluns.
Esmorzar de forquilla
dins de Pont de Molins.
Per començar el dia
i regraciar la vida.
Menjaran porquejades,
truites i caragols.
Amb un vi negre fresc,
cervesa de barril
i llesques de pa bo
amb tomàquet i ceba.
Parrupeja la tòrtora
a dalt de la teulada.
Aquí canten ocells
en torn de casa meva.
Miracle de la parla
que trenca les fronteres
i porta a dins de casa
el teu entorn amè.
M’agraden les ditades,
petites confidències,
la calor dels amants
que viuen a distància.
He tornat a la llengua
un matí de juliol.
La llengua del meu cor,
la llengua de l’amor.
Aquesta llengua clara,
tan viva i tan polida,
que solc parlar amb tu,
estimada bonica.
La llengua del poeta,
no és cap llengua nova
mes viu amb la mesura
d’un rellotge precís.
Quand le temps s’arrêtera, je t’aimerai encore.
Serge Reggiani
-Dis-moi, grand-mère Barre,
apprends-moi des chansons.
Des comptines bien rondes,
des vers de mirliton.
Des souris qui verdissent
et des moines qui ronflent.
Des Malbrough à la guerre
et des petits navires.
-Je t’apprendrai le temps,
qui file entre les doigts,
et guide nos chemins
dans la vie jusqu'à tard.
Je veux te parler vrai,
que tu ouvres ton sac
et comptes les pains ronds
qu’il reste à savourer.
Les amours éphémères
et qui durent toujours.
Le toujours d’une année,
le toujours d’une vie.
La faim et le besoin,
les envies de jardin.
La grisaille des ponts
et le soleil levant.
N’aie pas peur, mon petit,
n’aie pas peur, mon Philippe.
Je t’apprendrai la voix
qui chantera pour toi.
Si le souffle vous manque,
pourrez-vous voir la mer
et sentir en marchant
les embruns qui s’envolent ?
Si le souffle vous manque,
cueillerez-vous demain
les fleurettes du champ
avant d’être fauché ?
Si le souffle vous manque,
me lirez vous demain,
avant de vous baigner
dans l’eau bleue du Racou ?