Une fourmi de dix-huit mètres ?Ça n'existe pas.Robert Desnos
et même près du double,
pesant dix bonnes livres
un blog au fil de l'eau
Une fourmi de dix-huit mètres ?Ça n'existe pas.Robert Desnos
On m’a vu dans le Vercors
sauter à l’élastique.
Alain Bashung
Quel est ce bruit de bottes
que vous n’entendez pas
et qui foule à ses pieds
nos mains, nos pauvres mains ?
Quelles sont ces deux faces,
d’un homme et d’une femme,
ces faces de carême
qui convoquent la haine ?
Et quel est ce sourire
qui se tait et espère
l’union des pauvres gens
face à la peste brune ?
La force minérale,
la force échevelée,
la rondeur des rochers
et la folie des algues.
Où est la pesanteur
qui régissait tout ça ?
Et les points cardinaux
perdus aux quatre vents.
Donne-moi donc la main
et marche à mes côtés.
Nous donnerons au monde
le sens de nos pensées.
© Joseph Maureso
Tu as voulu séduire
le noble papillon,
alors tu as planté
des fleurs et des pensées.
Des pensées de bonheur
et des fleurs de concorde.
Des pétales dorés
comme notre soleil.
Et tu as vu soudain
le noble papillon
venir s’y reposer
en mêlant ses couleurs.
© Florissime
Je rêve d’un manège
qui quitterait le dur
pour la plage brûlante
de Canet en Juillet.
Un manège d’images,
un carrousel étrange,
qui mêlerait soudain
les bleus qui l’environnent.
Le turquoise des eaux,
le sombre des Albères
avec ce bleu du ciel
qui invite à rêver.
J’aime dans les romans,
ces êtres anonymes
qui donnent à chaque page
l’illusion du réel.
Ces paysans crasseux
et dont le regard brille
pour exiger leur dû
au détour d’une phrase.
Ils sont un bon miroir
de l’humaine existence.
À l’aune de leur encre
j’avance et réfléchis.
Je ne bastis que pierres vives
ce sont homes.
Rabelais
Les objets du passé,
ces objets qui ont une âme
et que le temps écarte
et laisse de côté.
Objets d’un seul tenant
ou machines complexes
ayant perdu des pièces
au fil de leur usage.
Les objets du passé
sont pour moi pierres vives
sur le chemin des jours
que j’emprunte avec vous.
Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,Et tôt serons étendus sous la lame.Ronsard
Y levantando a los techos de los edificios,por arte diabólica, lo hojaldrado,se descubrió la carne del pastelón de Madrid.Luis Vélez de Guevara, El diablo cojuelo
La mer n’existe pas
Parfois nous la rêvons.
Patrice Guirao
La mer est toute proche,
du côté du levant.
Elle garde de la nuit,
la fraîcheur de l’obscur.
Elle t’attendra longtemps
mais tu n’y iras pas.
Pas ce matin, du moins,
à l’horaire habituel.
Pourtant elle vit en toi
et tes épaules en parlent
sous la toile légère
de fleurs et de coton.
J’aime la mer absente
que chantait Art Mengo.
Cette étendue salée
sans qui tu ne serais.
Caminante no hay camino,
se hace camino al andar.
Antonio Machado
Que le présent est beau
et que la terre est belle,
tant qu’il reste à chacun
un quelque chose à vivre.
Une bouffée d’amour,
un sourire d’enfant,
la longue traversée
d’un passage clouté.
Nos pas ne sont rien d’autre
que la lente recherche
de quelque chose à vivre
avant la nuit des mots.