dimanche 2 août 2026

Retrobarem

Retrobarem les cel·les

del passat oblidat.

La joia dels infants

corrent per les escales.


Les converses joioses

fins al cor de la nit.

La gratuïtat del gest,

ben lluny de l’avarícia.


Tornarem a conviure

amb els amics de sempre.

Sense tenir cap por

de la pudor actual…

Petxines ancestrals

Petxines de la costa,

petxines foradades.

Un foradet casual

per somniar collarets.


Collarets de petxines

per unir les persones

que caminen per la costa

del matí a la nit.


Seran punts cardinals

o records ancestrals,

de les marors antigues

que ensorraren la platja.

Et si…

Et si la gravité,

un beau jour, s’arrêtait,

par quelque mécanisme

qui nous échapperait…


Nous serions deux corps nus

sur l’île du Levant

et ma peau frôlerait

la tienne et l’aimerait.


Il n’y aurait plus alors

de grave pesanteur

pour empêcher nos cœurs

de soudain convoler.

El mar del sol ixent

El mar del sol ixent

és un ram de colors.

L’ataronjat del cel

es casa  amb els blaus foscs.


I veig en els seus ulls

la fructífera absència

de la lluna d’agost

que el mira i ja l’adora.


El mar del sol ponent,

d’aquí unes horetes

hi afegirà els grocs

de l’amor consumat.





samedi 1 août 2026

Horloge sans aiguilles

 Je rêve d’une horloge
qui perdrait ses aiguilles.
Un cadran immuable
comme une assiette vide.

Je rêve de la nuit
qui en découlerait.
Une nuit sans entrave
ouverte à nos envies.

Nous ferions des couloirs
des coursives infinies
pour voguer sur les mers 

sans crainte du retour.
Mais le tic-tac revient
et les aiguilles avancent.
Aurais-je donc rêvé
de toi à mes côtés ?

Alors qu'il fait si sec

J'ai rêvé de la pluie,
de la pluie dans nos yeux.
Une pluie de bonheur
en gouttes irisées.

Et j'ai vu les couleurs
unir nos deux regards
sous le rideau discret
de cette pluie d'été.

J'ai rêvé de tes yeux
qui inondaient les miens,
D'une pluie bienvenue
alors qu'il fait si sec.

L’homme des livres

Il est l’homme des livres

qui vont de main en main.

Il sait les raviver

en leur offrant un lieu.


Ainsi est Isidore,

un homme hors du commun,

qui fête sa naissance

ce soir avec nous tous.


Le whisky de la Canya

est passage obligé

pour dire notre joie

de boire à ses côtés.

















photo : Patrick Bieuvelet

Il suffirait…

Mais que le trait est clair

sous ce ciel sans nuage.

La minéralité

prend les tons de la côte.


La mer est d’émeraude.

Ses vagues endiguées

caressent lentement

la coque de la barque.


Il suffirait de rien,

le vol d’une mouette,

pour que l’œuvre chavire

du côté du levant.





















© Patrick Bieuvelet

Trencadís

Ha trencat els colors

en pedretes petites

per fer de cadascuna

la joia del seu quadre.


I ha fet de Cotlliure

el viu conservatori

de les noces joioses

entre el cel i la terra.


No falta cap matís

dels blaus intemporals.

La Cotlliure del quadre

és lapislàtzuli d’amor.












© Christian Gorgues

Arboretum

Un labyrinthe amène

au cœur de la chaleur.

Una balade lente

pour jouir du moment.


Condensé de nature

avec de surprenantes

créatures issues

d’un architecte espiègle.


On s’y plaît à fouler

le sol de nos anciens,

la terre limoneuse

dont nous sommes issus.





Greixeres d’agost

Unes bones greixeres

de vidre o d’alumini

per celebrar l’agost

amb uns plats exquisits.


Uns farcits de tomàquets,

carbassons, albergínies,

Els productes de l’hort

amb la carn capolada.


Vindran amics dels bons

i tota la família

per regraciar l’estiu

…o preparar l’escola…















foto: Franck Descossy

Joli gâteau

C’est un joli gâteau,

au cœur d’un beau mariage,

il y a cinq ans déjà

à l’horloge du cœur.


J’ai su que les mariés

s’en iraient en voyage,

dans un camping de Die

pour fêter le mois d’août.


Un voyage de noces,

comme ils font chaque année,

depuis le temps qu’ils s’aiment

pour de longues années.




Magie de l’instant

La magie de l’instant,

la magie d’un instant.

Le sourire de Flo

dans la nuit de juillet.


Pas même une seconde

et la lumière intense

qui jaillit du sourire

vaut cent feux d’artifice.


L’esprit avait soufflé,

au cœur du bon village

par la magie subtile

d’une jeune d’ici.





Ingravides

Des ombres ingravides
inscrites sur le sol.
L’ombre de la passante
qui naît et disparaît

et l’image de l’arbre
qui suit le cours de l’astre,
du matin jusqu’au soir
et à la nuit des temps.

Je ne sens aucun poids,
sinon celui des âmes.
Une jolie passante
prend congé de son arbre.