tortugueta de tarda,
descansant en la mà
de la meva estimada.
un blog au fil de l'eau
Le lieu importait peu.
Ils s’étaient réunis
pour parler en français.
Si la table était ronde
et dans un bois très clair,
les paroles exultaient.
Car s’ils étaient bien onze,
c’était par un abus
de notre langue ancienne.
Car il y avait moins d’hommes
que de femmes attablées
au marché de l’échange.
J’ai saisi des accents
qui parlaient d’autres mondes
avec des yeux de braise.
Un médecin jonglant,
au fil de sa carrière,
entre les disciplines.
Unse Suissesse vive
me rappelant Rousseau,
non loin de sa frontière.
Les Émirats arabes
et le sud de l’Afrique
parlaient au Danemark.
Mais ce que j’ai aimé
en ce matin d’été
c’était ma propre langue
… qu’ils m’avaient enseignée.
© Nancy
professeur
Pour aérer à l’intérieur
Thomas Vinau
Je m’ouvrirai le ventre
-au figuré, bien sûr-
pour donner aux enfants
de jolies papillotes
Des chocolats farcis,
des guimauves coulantes,
deux trois pâtes de fruits
dans des papiers collants.
Je m’ouvrirai le ventre
sans bien le refermer.
Des fois que me viendrait
une faim de bonbons.
J’avais perdu ta voix;
ta voix sous ton sourire.
Tes inflexions de voix
sous tes regards fugaces.
Et puis tu n’es plus là
et tes yeux ne me voient,
pas plus qu’ils ne s’envolent
vers la lumière vive.
Alors j’ai retrouvé
ta voix dans nos deux langues
et cet air polisson
qui chuchotait tout bas.
Una ombra en el mirall.
Una ombra del passat.
…O del futur potser?
Una figura tendra
d’una rosella lliure,
d’una dona estimada.
Una ombra en el mirall
per regalar la veu
d’un poeta pianista.
Un cantant de les ombres
i de tantes presències
que el van acompanyant.
Tu as fermé les yeux
sur le jardin en friche.
Tu es l’intemporelle
étrangère aux passions,
aux rigueurs des saisons,
à la folie des hommes,
mais aussi à l’amour
des oiseaux sur ton front.
Tu as fermé les yeux
et voici qu’un regard,
en te photographiant,
nous conte ta beauté.
© Andrée Deneuvis
Soc poeta de pobles,
de poble amb una S.
Escric a banda i banda
de l’Albera olorosa.
M’han donat dues llengües
que em criden al seu torn.
No sé quina triar,
és ella que s’imposa.
Soc poeta de pobles,
no gaire conegut,
sinó per les roselles
que veig per tot arreu.
Has anat a la pelu.
Li has deixat cabells
uns cabells de carbó
amb qualque fil d’argent.
I amb aquests cabells
he trenat una trena,
una trena de mots
per escriure’t a la nit.
Has anat a la pelu,
a baix del teu vilatge,
al costat de les herbes
que em criden a venir.
Iris Hinojosa Pérez,
traduit du catalan par
Michel Bourret Guasteví
Comme un silence ancien
que le corps reconnaît
la mer insiste
avec son chant féroce
de loin
le bruit d’une caresse
comme le battement d’un cœur
qui agite les rivières
le sang frappe
la rive
et au rythme de l’inépuisable
l’infini surgit
comme une mère
la pierre
accueille nos corps
et nos ombres
sans rien attendre en retour
seulement
qu’elle sache rentrer à la maison.
Iris Hinojosa Pérez,
traduit du catalan par
Michel Bourret Guasteví
Des fleurs dans le regard
et des fleurs dans les bras.
La nature domptée
par de la gentillesse.
La pousse en liberté
sous un regard paisible.
Elle sait bien que l’heure
viendra pour chaque fleur.
Et des tiges aux pétales,
un même soin pour toutes.
Pour toutes et chacune
dans les bras de Laura.