qui ornent mon salon.
atzavaraflorida
un blog au fil de l'eau
dimanche 8 mars 2026
Narcisses et tulipes
qui ornent mon salon.
Sornettes...
In memoriam Philippe Favier
Le maître des sornettes
a jeté son chapeau
dans le trou d’une fosse
avec ses oripeaux.
Et voici que son encre
se fige dans les tubes
des petits Bic Cristal
qu’il aimait voir couler.
Et pleurent les figures
épinglées sur les murs,
orphelines d’un père
qui savait dessiner.
samedi 7 mars 2026
Amb els dits regalats
Amb els dits regalats,
el record de les mans
caminant de bracet
per la sorra del mar.
Amb els dits regalats,
escrivint al compàs
pels grans fulls de la vida
o bocins de paper.
Amb els dits regalats
de caricies perdudes
per les nits sense son,
amb ditades de mel.
jeudi 5 mars 2026
Cinq-Mars
De père en fils et vice-versa
Codeurs de fils en père
L'alè de la nit
Le chant du rossignol
Les lletres de la mà
mercredi 4 mars 2026
Sospir dolç
dimanche 1 mars 2026
Le rouge et le noir
Le rouge est leur couleur,
le rouge de la vie,
le rouge de la mort.
Ils fixent la mémoire
avant qu’elle ne s’oublie.
Mais ils sont sans regret,
contrairement à Piaf.
Le noir est leur destin,
le noir après la vie...
...et le noir de la mort.
El gran teatre del món
el teatre del món.
Només sis personatges
que han trobat autor.
L’autor de les petjades
per la platja dels mots
és la vida mateixa
dels bolquers a la mort.
Una sala d’espera,
un cabaret nocturn.
Un piano delicat
i petons per la sala.
Un servidor rient,
vingut del Rosselló,
per combregar amb sis
actors inoblidables.
vendredi 27 février 2026
Fin février dans mon jardin d'hiver
si bref et si maussade,
qu'on oublie trop souvent
entre Noël et Pâques.
C'est le mois du sommeil
des plantes sous la terre
espérant ce printemps
que février prépare.
Et voici qu'il s'achève
ce mois que je chéris
dans l'éclosion des fleurs
qui parlent à mon cœur.
Les camélias bien rouges
et les narcisses jaunes,
la lisière attendrie
de mon jardin d'hiver.
Senyera d'amor
uns desitjos silents
amb un sobre de pètals
de narcisos groc viu.
Desig de l'estimada
que somriu al matí
quan li dono poemes
i desig del seus llavis.
El vermell del somriure
jugarà amb el groc
de les flors del jardí
per teixir una tela.
Una senyera viva
del nostre bell país
que no coneix fronteres
quan l'amor hi festeja.
Narcisos de capvespre
del jardí del poeta
esperen la foscor
d'un capvespre proper.
Set narcisos groc viu
preparant-se cap cot
per l'homenatge mut
a la nit venidera.
Tancarem les persianes,
els porticons gruixuts,
amb confiança posada
en aquests soldats vius.
jeudi 26 février 2026
Carnisser savi
aporta la frescor
de la carnisseria
dins del nostre cafè.
En Philippe és un savi
que espera el fi del dia
per compartir fragments
de sa vida passada.
La llum de Ribesaltes,
els contes d'en Cayrol,
la llengua catalana
amb la remor dels rius,
dels còdols, de les herbes,
dels cairons i del rall,
dels mots i del cabal
de les agulles nostres.
Girafe du printemps
du côté de Sigean,
la girafe est venue
s'abreuver à Palau.
Sa robe est toute d'or,
couleur de la savane
et des dons incessants
qu'elle fait à ses amis.
Girafe du printemps,
exilée de Sigean
en terre catalane
où l'on sait partager.
Non loin de Can Fafa,
sur l'ombreuse terrasse,
elle devient la mascotte
de notre beau village.
M'agrada...
de la nit de febrer.
El silenci total
i la fredor del terra.
M'agrada la claror
del matí de febrer.
La seva timidesa
mentre em prenc el cafè.
M'agrada la color
del desig de febrer.
Quan miro les camèlies
del meu jardí badant.
Si Musset me voyait...
relisant patiemment
son chant du mois de mars
en doux octosyllabes...
Il me verrait blanchi
par l'absence de rimes
et mon goût prononcé
pour les vers d'art mineur.
Mais nous partagerions
un même goût discret
pour ce printemps qui vient
sous le vent du midi.
Comme lui en son temps,
j'attends le rossignol
et les fruits du pêcher
dont les bourgeons éclosent.
Caprices de Marianne,
douceur de mes lectures.
Quand mon printemps n'est plus,
voilà qu'il ressurgit.
mercredi 25 février 2026
Questions
Soirée d'observation
mardi 24 février 2026
Devant la chapelle
pour tous les accueillir,
les amis de Fafa,
venus des quatre coins.
On les croyait à Quinze
mais ils sont presque vingt,
ces combattants vaillants
à la fourchette allègre.
Un repas de six heures,
de midi jusqu'aux vêpres
dans la fière chapelle
qui n'admet qu'un seul Dieu.
Le Bon Père égrillard
de tous les bon-vivants
qui ont fait de la gonfle
un vrai Saint-Sacrement.
Magie du troisième être
et une orchidée noire.
La stature imposante
et la délicatesse.
Que de similitudes
entre ces deux personnes.
Le sourire est le même,
généreux et gratuit.
Magie du troisième être
qui les a rapprochés,
le vaillant Tuilagi
et l'adorable Jade.
dimanche 22 février 2026
Semaine de la poésie
Moneda d'or
com un regal dels deus,
hi brilla una moneda,
una moneda d'or.
És el reflex de l'ull
d'un veï de Menorca,
el nostre amic en Joan,
Joan de la Caixa B.
Al fil de l'horitzó,
cap al septentrió,
hi viatgen els desitjos
d'uns seixantins joiosos.
L'oncle et parrain
à donner à chacun.
À sa jolie filleule,
à son neveu joli.
Il vient d'Île de France
en terres auvergnates
partager les repas
de la famille unie.
Son grand frère adoré
m'en envoie un cliché,
témoin de la concorde
qui les joint à jamais.
Nommer et recevoir
ou nommer l'inconnu.
Lui donner cette grâce
de prononcer son nom.
Le nom de son baptême,
de l'ouverture au monde
de ses yeux de son cœur,
de sa parole enfin.
Recevoir en échange
une salutation
et la prononciation
de notre nom unique.
samedi 21 février 2026
Poètes en herbe
qui s'ouvre ou se referme.
La page est un prétexte
et l'écriture un masque.
Telle est la poésie,
cet art de l'infini.
De l'infini intime,
de l'intime infini.
Et l'absence s'affirme
dans chacun des poètes.
Des poètes en herbe
qui s'y essaient enfin.
La classe est minuscule,
les élèves nombreux,
mais ses murs se fendillent
pour s'ouvrir à l'ailleurs.
La souffrance et la joie,
les êtres que l'on aime,
et le désir si proche
d'un printemps de bonheur.
vendredi 20 février 2026
Σελήνη / Ἥλιος
qui veille sur la nuit,
précieuse Séléna,
tu es notre compagne.
Et ton sourire franc
écarte les nuages
pour veiller sur nos jours
bien mieux que le soleil.
Car si ton frère Hélios
brille de mille feux,
tu es l'amie discrète
qui jamais ne défaille.
Un vendredi poétique
jeudi 19 février 2026
Ceràmica final
de l'antiga terrissa.
El càntir ha perdut
els colors de la mar.
Un polsim de blancor
de l'ossamenta fina
dialoga amb la negror
de les terres en dol.
Ceràmica final
d'un poeta de l'illa
vingut al Rosselló
per donar el seu cor.
mercredi 18 février 2026
Hypoténuse et force
Crema catalana
Sirena de terra
mardi 17 février 2026
Sous les paupières closes
Oncle et neveu
s'affranchissent du monde
et de sa pesanteur,
ils jouent aux funambules
sur la corde du rire
et de la bonne humeur.
Quand le neveu et l'oncle
dialoguent en riant,
la vie peut continuer.
Laissé...
mes yeux sur tes mots
alignés
en autant de colliers
qu'en contient une page.
J'ai ramassé leur encre
et j'ai baisé leurs pointes,
décelant du varech
la senteur entêtante.
Puis j'ai laissé nourrir
mon esprit impatient
de tournures
précises comme un vent
de septembre ou d'avril.
Embolics
la nina em mira i riu.
La nina es diu La Tula.
Quin embolic de noms.
De noms i de funcions.
Amb la canya a la boca,
la Nina beu orxata.
Anunci florit
amb rosada glaçada
les flors de l'ametller
esperen la bonança.
Una tassa per test,
de porcellana blanca
amb reflexos de rosa
com per enamorar-te'n.
A la vora del vidre,
els pètals plens de vida
anuncien les tardes
de lectures florides.
Le sculpteur inconnu
Imaginació
Somriure d'ulls closos
lundi 16 février 2026
Le cœur et la pensée
en amis opposés
me dictent de l'amour
le charme insoupçonné.
Le cœur a ses raisons
mais la pensée raisonne.
Je rêve d'un abîme
sentant le mimosa.
La pensée et le cœur.
Mes insomnies soudaines
et ta peau sur ma peau
pour les unir enfin.
Rayon vert
ce rayon vert tant espéré
et qui jamais n'est parvenu.
Tel est pour moi le crépuscule,
le trait de l'aube qui m'accueille.
Jamais encore je ne l'ai vu.
Jusqu'à tes mots, tes simples mots.
Tes mots du tranchant de l'abîme
qui guident mes mains sur la page.
Bústia llatina
els llibres de la lleixa.
Els escriptors llatins
que ens volen seduir.
De paper blanquinós
amb coberta d'ivori,
semblen més seductors
que les revistes noves.
Peró no ve ningú
tret d'un servidor vell
a qui li agraden títols
de la gran Bernat Metge.
He deixat a la bústia
els llibres de la lleixa
amb les vostres adreces
com un detall pillet.
Hoc tempore
Tibulle
Comme autrefois Tibulle,
j'ai aimé les cités
jusqu'à la démesure
et j'ai marché la nuit
dans leurs rues goudronnées
et sur leurs places pleines
d'une foule interlope
au cours désorienté.
Parfois je m'y fondais...
Mais à présent je cherche
la tranquille insouciance
des villes plus petites.
Mon village du nord
et mon gros bourg du sud.
Les propos du café,
la douce bibliothèque...
Je tire des rayons
des élégies anciennes
et je parcours les langues
en funambule las
dont la corde s'affaisse.
Comme autrefois Tibulle.
Comme aujourd'hui Ponç Pons.
...Et demain les nuées.
dimanche 15 février 2026
Per preparar demà
el vaivé de la ploma
prolonga la mà atenta.
Ja comença la nit,
a mitjans de febrer.
Olors de peix fregit
i de birra glaçada.
Entre anyil i negror,
la nit guanya distància
per preparar demà.
Pour préparer demain
pour apaiser un rhume
et donner à la pièce
des reflets mordorés.
Le temps s'est arrêté,
la boisson refroidit,
donnant aux mains frileuses
un peu de son esprit.
Du citron et du miel,
l'acidité du jus
la douceur de la pâte
pour préparer demain.
jeudi 12 février 2026
Zéliseuse
sur la table de bois.
Confiante et appliquée,
elle tient son crayon gris.
Magie de son approche.
Elle trace et elle lit.
Elle lit ce qu'elle écrit
et lit ce qu'elle reçoit.
Lettre à lettre, mot à mot,
le monde s'ouvre à elle.
Bientôt viendra l'offrande
de la Fête des Mères.
Amb un pessic d'arena
un sobre amb un pessic
d'arena blanca i fina.
No he posat cap nom.
Els carters reconeixen
les cartes sens adreça
que volen cap al sud.
Cap a terres incultes
que necessiten sorra
per sembrar esperances
pensant en nostre mar.
He deixat a la bústia
un xic de la meva ànima
amb un pessic d'arena.
Présence de Paul Fort
Pas un souffle... Un ciel rougeentre les feuilles grises.Paul Fort
À la mémoire de François Saboret
était un homme simple
qui cueillait des paroles
pour en faire des gerbes.
Des gerbes de syllabes
comme épis de la Marne,
blondis par le soleil
de la fin de juillet.
J'aimais son mauvais temps
et son petit cheval,
servant chacun de nous
jusqu'à l'épuisement.
Et voilà qu'aujourd'hui,
dans la cité ventée,
il a posé ses vers
sur un bois de repos.














