jeudi 20 août 2026

Senzillesa

El meu món és senzill:

una posta de sol,

una taula de plàstic,

una llauna de birra.


Els espais són complexes,

no viuen sens el temps.

Beuen de tots els éssers

que hi seuen plaents.


El meu món és d’instants,

tot sol o compartits.

D’una nit que s’apropa,

nostàlgica del dia.





Origine

Nous donnerons au monde

ce qu’il n’a pas encore.

La chair de la beauté

découvrant son profil.


La pudeur infinie

d’une tête inclinée

délaissant le voilage

qui ne cache plus rien.


J’aime cette origine

bien moins tonitruante

que celle du vieux monde

qui fascinait Courbet.
















© Oscar Tebar

Profusion ordonnée

La profusion du monde

et l’ordre intemporel

d’un repas disposé

attendant les convives.


Porcelaine de Delft,

une nappe imprimée,

le bleu s’invite à table

pour rappeler le ciel.


Les couverts sont disjoints,

la fourchette s’appuie

sur un rebord du plat

nous faisant saliver.















© Jordi Moltó

Déclinaison

Tu as décliné les rouges,

les rouges et les roses,

pour faire de la femme

un patron de beauté.


Et les vicissitudes

s’envolent à l’instant.

Il n’y a que l’élégance

et le temps qui s’écoule.


Pourtant c’est une pose,

la pose d’un modèle.

Mais je sens que s’y exprime

le battement du monde.






















© Oscar Tebar

Puzzle

Un puzzle de couleurs,

de couleurs et de formes,

pour célébrer les vies

de notre Catalogne.


Ce sont des couleurs franches

que le temps adoucit

pour embrasser les heures

où nous vivons ensemble.


Si le stade est partout,

le Castillet demeure,

avec la Cathédrale,

notre bonne boussole.

















© Patrick Bieuvelet

Memento mori

Sous la gangue du masque,

je sens l’imperceptible.

Non pas le Cri de Munch,

la marque du vivant.


Cavité de la tombe

d’où sortait la parole.

Les yeux sont enfoncés

qui ne pourront plus voir.


Tournée vers l’intérieur,

la bouche attend l’obole

mais Charon est si loin

de la Lozère actuelle.


J’écris l’imperceptible

et je rends à l’empreinte

un peu de la présence 

de qui fut parmi nous.















© Denis Planes

mercredi 19 août 2026

En un instant

Tout dire en un instant.
Un instant de lumière,
un instant de noirceur.

Percer les apparences,
enluminer le fard,
pour imprimer le vrai.

Tout ça en un instant.
Un clic de gourmandise
jusqu’à la nuit des temps.











© Denis Planes

Poèmes dialoguant avec les photos exposées dans le cadre du

Festival Objectif Image Pays Catalan 2026

salon de coiffure Jean Louis David, 7 rue Louis Blanc, Perpignan

29 août – 12 septembre 2026

mardi 18 août 2026

Gladiateur serein

Le gladiateur serein
trouve dans la verdeur
l’antidote subtil
à l’atroce combat.

Il a noirci de suie
son cou et ses épaules
comme pour rappeler
les risques du destin.

Son regard de noisette
adoucit sa mission.
Un indice narquois
qu’il a quitté l’arène ?












© Denis Planes

Poèmes dialoguant avec les photos exposées dans le cadre du

Festival Objectif Image Pays Catalan 2026

salon de coiffure Jean Louis David, 7 rue Louis Blanc, Perpignan

29 août – 12 septembre 2026

Sang bleu

Le regard et les ongles

disent combien il est

une marquise exquise

daignant poser pour nous.


Lunettes relevées

et pointes acérées,

il défait les couleurs

qui couronnent sa tête,


pour ennoblir le noir,

passion de l’interdit,

glissant à chaque instant

son charme indéfini.












© Denis Planes


Poème dialoguant avec les photos exposées dans le cadre du

Festival Objectif Image Pays Catalan 2026

salon de coiffure Jean Louis David, 7 rue Louis Blanc, Perpignan

29 août – 12 septembre 2026

Souvenir ravivé

Le souvenir plaisant
de nos Municipaux
flotte dans la lumière
où Port-Vendres s’éveille.

Mais point de comédie.
Derrière les lunettes
et le sourire bon,
c’est bien une personne

et non pas un acteur,
qui tient droit son balai
pour donner à la ville
le brillant d’un sou neuf.












© Denis Planes

Admiration

Si douces sont les fleurs

tatouées sur le bras

et si noire est la corde

où s’efforce le corps.


Le visage grimace,

les paupières se ferment

et la bouche s’entrouvre

en quête d’oxygène.


Bien loin sont les baisers

réservés à l’aimé

et les caresses tendres

sur les poignets si fins.


Ils sont bandés de bleu,

de rose avec du beige

pour contenir l’effort

qui épuise l’athlète.


J’admire cette femme

qui défie de la terre

l’atroce gravité

qui épuise ses frères.













© Denis Planes