Han construït tots junts
un espai de concòrdia,
de pau i de cultiu.
Han aixecat uns ferros
per bastir hivernacles
i ajudar a créixer
les flors de llur amiga.
Ja vindrà la tardor
i l’èxit del nou camp.
un blog au fil de l'eau
Han construït tots junts
un espai de concòrdia,
de pau i de cultiu.
Han aixecat uns ferros
per bastir hivernacles
i ajudar a créixer
les flors de llur amiga.
Ja vindrà la tardor
i l’èxit del nou camp.
Un corbeau chante il vole bas et droit
le chauffage respire à fond
il dit son texte à la chambre
pépiement des oiseaux près de la fenêtre
je mange du pain avec du tahini et du jus d’orange.
Que c’est bon ! Je mange avec appétit et en conscience.
Mon ventre grossit, tranquille et courbe
de le voir s’arrondir du dehors
m’aide à comprendre qu’à l’intérieur
c’est la vie qui grossit et me transmue
au rythme du miracle
mes tissus se dilatent
j’ai deux ventres, deux cœurs, deux âmes
la grotte doit toujours être chaude
il y parvient la lumière qu’y laisse entrer
ma chair
mon odorat me dit où est tout
le toucher traverse la peau
l’esprit marque de nouveaux silences qui lui manquaient
et repose sur l’aire, hors du temps.
Je reçois l’animal que je suis, douce et ferme
je l’invite à s’installer
on se soigne
ça me plaît.
Il est peut-être venu pour rester.
Inés Hinojosa Pérez
traduit du catalan par Michel Bourret Guasteví
Dispersaré bocins
de papers estripats:
velles llistes de compres
i promeses frustrades.
I t’encaminaràs
cap a la meva espera,
substituint bocins
per versos personals.
Un caminoi de trossets,
de fragments de la vida:
la meva perdulària
...la teva de poeta.
Com un bolet de pedra,
una fita aixecada
dessota el vostre roure.
Entre l’arbre i les pedres,
tant del vostre passat,
amb l’alè de la mare,
les sardanes del pare
caminant fins al bosc
en tornar de la feina...
© Marta Blàzquez
Sous le bureau un sac
imprimé en Vichy,
dirait-on en couleur.
Mais le gris l’emporte…
En quatre ou huit nuances,
de profil ou reflet.
Des lunettes, des sacs,
un bric à bras d’urgence.
Une forêt de bras,
de langues et de sourires.
Des actrices complices
sous l’œil d’un ami.
© Planapey
La pause dans l’effort,
non pas le réconfort
qui succède à l’épreuve.
Non. Cet instant volé
au temps des chronomètres
et au public avide
de succès hors du temps.
La parole est ailleurs,
doublement retenue.
Par le coton serré
et la main qui le tient
pour que rien ne s’échappe.
Seul le regard nous parle,
faisant naître son ombre
pour taire le débat.
Car on ne saura rien
des secrètes pensées.
Et c’est tant mieux ainsi.
L’artiste qui la voit
est le témoin discret
d’un instant éternel.
© Denis Plane
A la Roser, amb amor
Han passat sis anyets
des de la partició
del nostre segle en dos.
Sis anys d’aniversaris.
Molt més de dos mil dies,
i tantes nits d’entesa.
El meu cel s’ha teixit
amb els teus fils d’argent
com entramat d’estrelles.
A Calafell, casa-museu de Carlos Barral
creix la llum del sud-oest
Iris Hinojosa Pérez
No es pondrà mai el sol
en el teu cos de mare.
Creix la llum del sud-oest
amb l’olor de la llet.
Somriure del nadó
que me mostra la via:
el camí de saviesa
que neix de l’occident.
i se’n torna a l’orient
tot bressolat de goig.
Ensenya’m prest petit
a regraciar el món.
Pourquoi te caches-tu
derrière ton smartphone
austère et facétieux ?
Tu me montres ta main
noble et veinée de bleu
par des ans de labeur.
Ton pull est gris souris
et ton col d’expérience,
négligemment jeté.
N’était ton œil si vif
qui regarde les autres,
je te croirais ailleurs.
Mais tu es bien au centre
de votre carnaval…
…que tu vis en cachette.
© Denis Planes
Mais que la mer est bleue
et que l’ombre tremblote…
Les couleurs sont coupées
au rasoir par le peintre.
Que d’amour dans ce geste
qui sait dire le vrai
en en tirant l’essence
et l’impression prégnante.
Le ciel est éthéré
et l’eau est si épaisse.
Les pilotis sont le pont
entre l’eau et le ciel.