Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,Et tôt serons étendus sous la lame.Ronsard
atzavaraflorida
un blog au fil de l'eau
samedi 25 juillet 2026
Carpe diem
Sabbat du bouillon
Y levantando a los techos de los edificios,por arte diabólica, lo hojaldrado,se descubrió la carne del pastelón de Madrid.Luis Vélez de Guevara, El diablo cojuelo
Sans qui tu ne serais
La mer n’existe pas
Parfois nous la rêvons.
Patrice Guirao
La mer est toute proche,
du côté du levant.
Elle garde de la nuit,
la fraîcheur de l’obscur.
Elle t’attendra longtemps
mais tu n’y iras pas.
Pas ce matin, du moins,
à l’horaire habituel.
Pourtant elle vit en toi
et tes épaules en parlent
sous la toile légère
de fleurs et de coton.
J’aime la mer absente
que chantait Art Mengo.
Cette étendue salée
sans qui tu ne serais.
vendredi 24 juillet 2026
Quelque chose à vivre
Caminante no hay camino,
se hace camino al andar.
Antonio Machado
Que le présent est beau
et que la terre est belle,
tant qu’il reste à chacun
un quelque chose à vivre.
Une bouffée d’amour,
un sourire d’enfant,
la longue traversée
d’un passage clouté.
Nos pas ne sont rien d’autre
que la lente recherche
de quelque chose à vivre
avant la nuit des mots.
Gondole
Le papier se gondole
sur la toile verdâtre.
Il en fuit le sérieux
jusqu’à perdre ses eaux.
C’est la fête à Collioure
et l’aquarelle danse,
la mer prend les couleurs
du drapeau catalan.
Le ciel est pointilliste
sous l’éclat des pétards.
Le quatorze juillet
s’invente des flonflons.
© Patrick Bieuvelet
Transfiguration
Merveille des couleurs
qui disjoignent le monde.
Bâtiments et clocher
nous montrent leurs figures.
Que l’aquarelle est belle
qui mêle les couleurs
et rappelle l’Ensor
des carnavals flamands.
Revenez au village
et regardez la baie
en pensant simplement
qu’elle fut transfigurée.
© Patrick Bieuvelet
Voix
À T. B.
la parole des justes,
qui court de main en main
et que le monde ignore.
Le monde des puissants,
accapareurs aigris,
qui négligent sa voix
en étouffant nos frères.
Cet homme est mon cousin.
C’est un homme quelconque,
la noblesse blessée
contre la bête immonde.
Changer le monde
Wittgenstein
Tu changeras le monde,
tu le changes déjà.
Et tu rends leurs couleurs
aux enfants sans le sou.
Aux enfants sans espoir
que les bombes assaillent
et qui cherchent le vert
sous le rouge des chairs.
Tu es pétillement
de sons et de syllabes.
Funambule précieuse
entre les langues sœurs.
Ocellet lila
ocellet, ocellet,
has entrat en ma vida
i m’has omplert el cor
amb uns cants melodiosos
del mati a la nit,
per complaure als meus dies,
del matí a la nit.
Ocell color de vida,
ocellet, ocellet,
m’has regalat el lila
amb què t’escric avui.
jeudi 23 juillet 2026
Grande joie
de voir tous mes amis
réunis en un soir
pour célébrer l’envie.
L’envie qui les anime
de porter les couleurs
des Nin’s de Palau XIII
plus fort et bien plus haut.
Au centre du village,
ils sont tous rassemblés,
autour du bon Fafa
et de notre Mairie.
Voldria
Voldria un bon cafè,
un bon cafè de bar,
d’aquests que deixen rastre
dins de la tassa blanca.
Un bon cafè de màquina
i no pas un de sobre.
Una tassa amb història
per compartir amb tu.
No pas ara mateix
mes en una altra vida
que els cafès són els vincles
entre els seus molts amants.
Théâtre en petit
Un théâtre en petit.
Un jardin, une cour,
une courette à l’ombre,
un matin de juillet.
Un chat vient à passer.
Diagonale du fou.
Les ombres évoluent
et le noir s’illumine.
Ainsi est le théâtre :
un cadre et un acteur.
Les mots viennent après,
les mots de la passion.
Il suffit d’une cour
ou d’un chapiteau triste
qui s’ancre dans la terre
juste après le lever.
Bassal
Un bassal d’aigua verda
al mig del teu jardí.
Un mirall de Narcís
sense cap presumpció.
Formigueig de mil vides
dessota el teu esguard.
Uns insectes petits
que somnien com tu.
Uns minúsculs acròbates
pugnant pel seu futur,
terrible i atzarós.
com en velles naumàquies.
Bosquet
Un bosquet d’hortensias,
au cœur de la Bretagne.
Les pétales déclinent
les couleurs de leur ombre.
Le vert des prés non loin
et le bleu de la mer
ou du ciel dégagé
qui domine Crozon.
Je revis mes séjours
dans ce noble bosquet
et je songe à ces fleurs
qui bleuissent tout bas.
photo : Olivier Goaoc
mercredi 22 juillet 2026
Jardin de mots
un jardin de syllabes,
en rangées de couleurs
qui se tiennent serrées.
Les pages en sont closes,
reliées étroitement,
sans possibilité aucune
de s’enfuir en riant.
Le silence est intense,
je les fixe longtemps.
et mes paupières entrouvrent
les reliures classées.
Et voilà que, soudain,
comme un vol de colombes,
les pages s’en envolent,
ivres de liberté.
Les pages sont légères
mais l’encre est de noirceur
et les mots s’en échappent
en lettres enchantées.

