vendredi 14 août 2026

Summertime 4

C'est un chanteur à texte
qui aime accompagner
le jeu de sa guitare
de bien des inflexions.

L'irlandais de son âme,
le breton de Stivell,
et son Tri Martolod
convoquant le passé.

Bretagne armoricaine
de mon adolescence,
aux côtés de mon frère
et de mon fier neveu.




Summertime 3

Des jambes de cycliste
et un cœur d'opéra.
Assis sur son cajón,
il sourit sas arrêt.

Il joue de ses claviers
avec maestria.
Prestidigitateur,
il soulève la foule.

À droite de la scène,
je le vois qui s'agite
sans quitter son cajón
même pour une bière.




Summertime 2

Sur son bras une étoile
nous montre le chemin.
Si elle ferme les yeux
c'est pour le sens qu'elle tire

des variations infinies
sur les sons et la voix.
On dit qu'elle est flûtiste,
elle fait feu de tout bois.

Je découvre les brumes
de terres inconnues
quand elle clôt ses beaux yeux
pour s'envoler très haut.




Summertime 1

Quatre cordes en acier
et le manche immobile
orienté vers le nord.

Il est le métronome
qui rythme nos soirées,
sans un soupir de trop.

Et je sens que s'éveille
d'entre ses fils d'argent
son Irlande éternelle.

C'est un barde discret
dont le chant murmuré
accompagne les autres.




jeudi 13 août 2026

Pourquoi te lire, Amin?…

À long terme, tous les fils d’Adam et Ève
sont des enfants perdus.
        Amin Maalouf

 

Pourquoi te lire, Amin ?
Et pourquoi maintenant ?

Parce que ma mère est morte,
il y a un an déjà.

Et parce qu’elle aimait lire
et partager sa joie.

Je chemine avec toi
au cœur de la semaine.

C’est jeudi aujourd’hui
et jeudi dans ton livre.

J’ai chaussé des babouches
mais ta terre est trempée.

Je la croyais aride,
desséchée par les guerres.

Pourquoi te lire, Amin ?
...Il est temps désormais. 




Choix

J’ai choisi de t’écrire
des mots avec mon cœur.
Des mots de rien du tout,
des mots de presque tout.

Des mots d’admiration 
et des mots de silence
devant tes yeux posés
sur la beauté du monde.

J’ai choisir de t’écrire
pour apaiser tes maux
et laisser sur la terre
un peu de nos empreintes.

Rêve d’une sirène

Rêve d’une sirène,

de jambes qui ondulent

et serpentent collées

sans bouger d’un iota.


Si la dame est assise,

au bout de la jetée,

on pense à Andersen

déplacé à Minorque.


Mais bientôt dans la nuit

les jambes s’ouvriront,

au rythme du ressac

dans les eaux de la baie.





















© Oscar Tebar

Allusion

Allusion à l’effort

et à l’épuisement

qui pèse sur la nuque

et alourdit le sein.


La main ne soutient plus,

c’est un bouquet de doigts

qui tiennent les pensées

de la belle épuisée.


Le trait est incertain,

parfois il disparaît,

on dirait un nuage

dans les yeux d’un enfant.


Moi j’aime cette femme,

princesse de la rue,

reine des lessiveuses

et de l’eau de javel.






















© Oscar Tebar

Comment...

Comment une photo,

en gardant l’essentiel,

des traits et des contrastes,

transcende le présent


pour exprimer l’humain

sans besoin de couleurs

de dates ni de noms

en un quart de seconde.


Car cette jeune-fille

que nous regardons tous

est notre image vive

à l’heure de rêver.

















© Jordi Moltó

Humaine signature

Je délaisse la pose, 

car je ne suis pas peintre,

et toutes les postures

qu’ont enseignées les maîtres.


Je recherche l’unique,

la personne dressée

qui a quitté sa couche

pour venir à l’école


offrir à son artiste

des fragments de son être

dont celui-ci fera

des traits à la sanguine.


Moi, je recherche un rire,

un pleur ou une toux,

l’humaine signature

d’une femme de dos.





















© Oscar Tebar

Audace

J’aime quand l’aquarelle

délaisse le pastel

et les tons délavés

de la peinture à l’eau.


Quand l’audace saisit

le peintre et son modèle,

ce roi de cœur riant,

ou ce cœur couronné.


Les couleurs brillent haut

à l’image des grafs

qui jalonnent les rues

de signatures vives.

















© Patrick Bieuvelet

L’absente retrouvée

Je retrouve l’Absente
dans les yeux de ma chair.
Mon frère et mon neveu
prenant un bon café,

sur les chaises tressées,
à l’ombre de la place
où nous allions naguère
avec notre maman.

Que doux est ce cliché
et ce très bel hommage
à celle qui occupe
le cœur de nous pensées.












photo : Alain Bourret

mercredi 12 août 2026

Contra fortificacions

Les fortificacions

han deixat el seu rastre

en l’entramat complex

de les nostres escales.


Per sort, quan cau la tarda,

a recer del bastió,

venen enamorats

a donar-se besades.


Abraçades fugaces

o petons majestuosos.

Han guanyat amb escreix

el combat per la vida.

















© Jordi Molto

Cendres de divendres

    In Memoriam A. G.


Cendres. Dia de Cendres.

Cendres del divendres,

d’un divendres d’agost,

a recer del mur fosc.


Cendres d’una vida

passada a les fosques

de la vida dels altres

i dels cants admirats.


Cendres. Dia de cendres.

De cendres miracleres

d’on florirà la gespa

d’un futur sense tu.