mardi 18 août 2026

Souvenir ravivé

Le souvenir plaisant
de nos Municipaux
flotte dans la lumière
où Port-Vendres s’éveille.

Mais point de comédie.
Derrière les lunettes
et le sourire bon,
c’est bien une personne

et non pas un acteur,
qui tient droit son balai
pour donner à la ville
le brillant d’un sou neuf.












© Denis Planes

Admiration

Si douces sont les fleurs

tatouées sur le bras

et si noire est le corde

où s’efforce le corps.


Le visage grimace,

les paupières se ferment

et la bouche s’entrouvre

en quête d’oxygène.


Bien loin sont les baisers

réservés à l’aimé

et les caresses tendres

sur les poignets si fins.


Ils sont bandés de bleu,

de rose avec du beige

pour contenir l’effort

qui épuise l’athlète.


J’admire cette femme

qui défie de la terre

l’atroce gravité

qui épuise ses frères.













© Denis Planes

Gratitude

Ne suis pas les étoiles

ni le chant de l’oiseau.

Délaisse leur couleur

et respecte la peau.


La peau de cette dame.

Sa peau et son sourire.

Les marques de son être

passant sur notre terre.


Et rends grâce au regard

de l’ami photographe

qui cueille de la vie

les dons insoupçonnés.
















© Denis Planes

Résurrection

L’Enfant nu dans les langes
revit sous le pinceau
d’une artiste des âmes
qui corrige le temps.

Non pas le temps qui court,
ni celui des horloges,
mais le temps de l’oubli
qui abîmait l’enfant.

Que belles sont ces mains,
toutes gantées de bleu.
Une Pietà joyeuse
délaissant le Tombeau.













© Denis Planes

Un llibre sant

    El meu Temps era el Temps, sense les Hores.

                                                    Pere Casaldàliga


    A la Roser


Has deixat a la gent

un faix de fulls cosits

amb paper reciclat

per celebrar la terra.


Has vingut cap a mi

per la casualitat

d’una bibliotecària

que m’ensenya la vida.


I he deixat el temps,

les hores apressades,

les hores emprestades

per combregar amb tu.


La teva creu de pal

és de sang i de tinta,

dels cossos patint

i de fraternitat.











Un monde de couleurs

Un monde de couleurs.

De la pierre des murs

au drapeau sang et or.


Un monde de saveurs

et d’odeurs délicates

dans les fleurs présentées.


C’est un espace temps

qui ne durera guère.

Un matin et pas plus.


Mais je suis persuadé

que dans chaque foyer

ces fleurs rayonneront,


exhalant les parfums

du lieu privilégié

qu’est notre Can Fafa.







lundi 17 août 2026

Le cœur d’une vague

C’est le cœur d’une vague,

un instant de son cours.

Une volute étrange

qui n’a ni poids ni corps.


La pensée d’amoureux

qui nagent de conserve,

en regardant le large

où ils iront un jour.


Qui a le vague a l’âme

devrait penser à lui.

À ce cœur de la vague

qui bat au fond de lui.

vendredi 14 août 2026

Summertime 4

C'est un chanteur à texte
qui aime accompagner
le jeu de sa guitare
de bien des inflexions.

L'irlandais de son âme,
le breton de Stivell,
et son Tri Martolod
convoquant le passé.

Bretagne armoricaine
de mon adolescence,
aux côtés de mon frère
et de mon fier neveu.




Summertime 3

Des jambes de cycliste
et un cœur d'opéra.
Assis sur son cajón,
il sourit sas arrêt.

Il joue de ses claviers
avec maestria.
Prestidigitateur,
il soulève la foule.

À droite de la scène,
je le vois qui s'agite
sans quitter son cajón
même pour une bière.




Summertime 2

Sur son bras une étoile
nous montre le chemin.
Si elle ferme les yeux
c'est pour le sens qu'elle tire

des variations infinies
sur les sons et la voix.
On dit qu'elle est flûtiste,
elle fait feu de tout bois.

Je découvre les brumes
de terres inconnues
quand elle clôt ses beaux yeux
pour s'envoler très haut.




Summertime 1

Quatre cordes en acier
et le manche immobile
orienté vers le nord.

Il est le métronome
qui rythme nos soirées,
sans un soupir de trop.

Et je sens que s'éveille
d'entre ses fils d'argent
son Irlande éternelle.

C'est un barde discret
dont le chant murmuré
accompagne les autres.




jeudi 13 août 2026

Pourquoi te lire, Amin?…

À long terme, tous les fils d’Adam et Ève
sont des enfants perdus.
        Amin Maalouf

 

Pourquoi te lire, Amin ?
Et pourquoi maintenant ?

Parce que ma mère est morte,
il y a un an déjà.

Et parce qu’elle aimait lire
et partager sa joie.

Je chemine avec toi
au cœur de la semaine.

C’est jeudi aujourd’hui
et jeudi dans ton livre.

J’ai chaussé des babouches
mais ta terre est trempée.

Je la croyais aride,
desséchée par les guerres.

Pourquoi te lire, Amin ?
...Il est temps désormais. 




Choix

J’ai choisi de t’écrire
des mots avec mon cœur.
Des mots de rien du tout,
des mots de presque tout.

Des mots d’admiration 
et des mots de silence
devant tes yeux posés
sur la beauté du monde.

J’ai choisir de t’écrire
pour apaiser tes maux
et laisser sur la terre
un peu de nos empreintes.

Rêve d’une sirène

Rêve d’une sirène,

de jambes qui ondulent

et serpentent collées

sans bouger d’un iota.


Si la dame est assise,

au bout de la jetée,

on pense à Andersen

déplacé à Minorque.


Mais bientôt dans la nuit

les jambes s’ouvriront,

au rythme du ressac

dans les eaux de la baie.





















© Oscar Tebar

Allusion

Allusion à l’effort

et à l’épuisement

qui pèse sur la nuque

et alourdit le sein.


La main ne soutient plus,

c’est un bouquet de doigts

qui tiennent les pensées

de la belle épuisée.


Le trait est incertain,

parfois il disparaît,

on dirait un nuage

dans les yeux d’un enfant.


Moi j’aime cette femme,

princesse de la rue,

reine des lessiveuses

et de l’eau de javel.






















© Oscar Tebar