jeudi 27 août 2026

La meitat més sis

    A la Roser, amb amor


Han passat sis anyets

des de la partició

del nostre segle en dos.


Sis anys d’aniversaris.

Molt més de dos mil dies,

i tantes nits d’entesa.


El meu cel s’ha teixit

amb els teus fils d’argent

com entramat d’estrelles.

















A Calafell, casa-museu de Carlos Barral


Per regraciar el món

creix la llum del sud-oest

          Iris Hinojosa Pérez


No es pondrà mai el sol

en el teu cos de mare.


Creix la llum del sud-oest

amb l’olor de la llet.


Somriure del nadó

que me mostra la via:


el camí de saviesa

que neix de l’occident.


i se’n torna a l’orient

tot bressolat de goig.


Ensenya’m prest petit

a regraciar el món.

Pourquoi ?

Pourquoi te caches-tu

derrière ton smartphone

austère et facétieux ?


Tu me montres ta main

noble et veinée de bleu

par des ans de labeur.


Ton pull est gris souris

et ton col d’expérience,

négligemment jeté.


N’était ton œil si vif

qui regarde les autres,

je te croirais ailleurs.


Mais tu es bien au centre

de votre carnaval…

…que tu vis en cachette.













© Denis Planes

Couleurs et impressions

Mais que la mer est bleue

et que l’ombre tremblote…

Les couleurs sont coupées

au rasoir par le peintre.


Que d’amour dans ce geste

qui sait dire le vrai

en en tirant l’essence

et l’impression prégnante.


Le ciel est éthéré

et l’eau est si épaisse.

Les pilotis sont le pont

entre l’eau et le ciel.


















© Toni Veres

Simpatia

        La poesia?

És la simpatia.

David Castillo


Un viatge de colors,

un viatge de cobertes,

i de pàgines blanques,

esperant els meus ulls.


Els fullejo tots quatre.

En cadascú m’endinso.

Bec de la poesia

i de la llet materna.


Un eco de paret

m’ha picat a la porta.

La porta de muntanya

ben lluny del meu palau.


El meu palau de vidre

s’alimenta del temps

que he llegit a les cinc.

A les cinc d’aquest dia.











col·lecció Grèvol

http://ceavia.blogspot.com



mercredi 26 août 2026

La rosa i la frontera

    Al Ricard Ripoll

La rosa i la frontera
de pedra i formigó.
El tacte de la flor,
les ferides del dit.

Mes no té cap espina,
la nafra és del ciment
que uneix la frontera
i protegeix la flor.

M’han dit que escrius sovint
pensant en la floreta
amb tinta de sa sang
i ploma de sa tija















© Ricard Ripoll

Qui des deux ?..

Qui des deux est plus doux
le jeté de lit rose,
léger et velouté,

ou le pelage tendre
du félin qui s’endort
en se moquant de nous ?

Je parie pour les deux
et fais du noir et rose
tout tacheté de blanc...

...ton drapeau du bien-être.




Promesse

J’attendrai les oiseaux

au bord de la falaise.

Ces oiseaux messagers

qu’un jour tu m’envoyas.


Des colombes très pâles,

non des pigeons ramiers.

Oiseaux désorientés

que le hasard conduit.


Et pourtant j’attendrai.

Au bord de la falaise.

Ces oiseaux sans pitié

qu’un jour tu délaissas.

Besoin

J’ai besoin de t’écrire

ces mots que j’ignorais.

Tout ces mots que j’apprends

en feuilletant des livres.


Les mots les plus étranges

sont les mots quotidiens.

Je cueille l’épuisette

au détour d’un rayon.


Et, de fil en aiguille,

je remplis ma besace.

Pour toi je veux l’humide

qui glisse entre les doigts.


L’écrevisse dodue,

cachée entre les pierres

et le loukoum visqueux

tout au fond de la boîte.


J’ai besoin de t’écrire

et pour toi je sautille,

prenant garde au tombeau

où finiront mes mots.

Ulls tancats

    Uns ulls etílics avesats al perill.
                                Ricard Ripoll

Guardi tancats els ulls.
No els obriré pas.
Massa soroll afora.

Me toqui les parpelles.
Ja no són de vellut
ni som de poble fi.

Som deixat els amics
al cafè del vilatge
i no recordi res.

Guardi tancats els ulls.
I t’escriuré demà.
...Al dematí segur.

Libres cheveux

Des cheveux dans la main.

Libres cheveux d’été,

glissant entre les doigts

sans crainte de la coupe.


Et pourtant elle viendra,

sans jamais les restreindre,

endiguant leur parcours,

par touches délicates.


Écriture duelle :

les ciseaux d’un côté

et les cheveux de l’autre,

…pour retarder l’automne.

mardi 25 août 2026

A la terra

La barca és a la terra.

No s’ha volgut quedar

a l’aigua que s’adorm

o a la sorra molla.


Té ganes de fer gresca

amb tots els habitants.

Els pescadors d’anxoves

amb llurs dones de gala.


Per presumir encara

ha ensenyat la proa

amb una barretina

i xifra d’infinit.

















© Toni Veres