mercredi 1 juillet 2026

Les mots que je tairai

Je te donne ma voix,

ma voix qui fait silence

pour mieux t’accompagner

dans la nuit sans histoire,


dans la nuit des soucis,

ou de l’obscurité,

quand l’intense chaleur

fait taire tous tes rêves.


Je te donne ma voix,

puis je rentre en moi-même,

traçant sur le papier

les mots que je tairai.

Les sables de Papé

    À Maia

Papé était marchand.

Un vrai marchand de sable.

De sable de rivière,

tout près de l’embouchure.


Sable du quotidien,

sable des bâtiments.

L’ingrédient essentiel

du liant des parpaings.


Mais il rêvait d’un sable

un peu plus épicé.

Le sable de la côte

tout gorgé de soleil.


Alors il s’asseyait

sur son pliant de toile

et regardait la mer

où se baignait son sable.


Le sable de ses rêves

qui regardait l’Orient,

s’imprégnant des odeurs

des caravansérails.

mardi 30 juin 2026

Laisse-moi…

Laisse-moi deviner

les mots que tu retiens.

Les mots que tu susurres

quand le sommeil t’appelle


et te veut pour lui seul,

sans rien te demander,

avide, monstrueux,

sans égard pour tes mots.


Laisse-moi inventer

les mots que tu recherches

et que je glisserai

au creux de ton oreille.

Funambule des mots

     Ce qu’on ne peut dire,

     il faut le taire.

                  Wittgenstein


J’aime tendre ma corde

entre lettres et sons,

le cœur et la raison.


Et voici que ma corde

invente des sens neufs

en vibrant doucement.


Et qui entend ma corde

se joint à mon effort,

sans craindre de chuter.


Car les amants des mots

lèvent les yeux au ciel

pour gagner les étoiles.

La largeur d’une rue

La largeur d’une rue,

la largeur de ta rue,

est la juste mesure

entre réel et rêve.


Les fenêtres fermées

sur le repas qui cuit

et la terrasse ombreuse

qui attend le passant.


La rue est ce cours d’eau

qu’on passe en sifflotant,

en pensant aux deux rives

qui encadrent notre vie.


La largeur d’une rue,

la largeur de ta rue,

c’est juste ton sourire

qui joue à chat perché.

Fi de temporada

Han tancat temporada

els Nin's de Palau XIII

un bon matí d’estiu

a l’estadi estimat.


Aviat faran vacances

i jugaran als parcs,

fent paret vertical

i d’altres jocs d’infants.


I tornaran ben prest,

a finals de l’agost,

per jugar novament

i entrenar plegats.




Assegut a la taula

No trobaràs la mar,
la mar fa temps que va fugir.
   Maria del Mar Bonet

Assegut a la taula
de la costa vermella,

amb potes enfonsades
dins de la sorra roja,

el teu avi contempla
l’horitzó del Racó.

Una taula d’estudi
per reviure l’amor.

Per recordar moments
-les estones sagrades-

mirant cap a la mar
amb ganes de fugida.

El temps va beure el mar
que havia vist ton avi

mes la sorra gruixuda
en conserva el sabor.










© Maia Flore

Ce que leur cœur attend

L’aquarelle est un livre,
un livre de couleurs,
de couleurs et de traits
qu’elle puise dans la mer.

Une fenêtre étroite,
étroite et pointilleuse,
sur un fragment du monde
qu’elle choisit pour modèle.

Il lui faut du silence,
de l’eau et un pinceau,
pour offrir aux passants
ce que leur cœur attend.











© Patrick Bieuvelet

lundi 29 juin 2026

Trobada al jardí

La trobada al jardí

de dos amants poetes,

a finals de la tarda,

a l’ombra del fullam.


Una conversa breu

amb uns esquards callats.

La força de l’amor

caminant per la grava.


Un comiat al jardí

per un parell d’horetes.

La desesperació

no serà pas per ara...

Oxygène

Ils sont mon oxygène,
disait une maman,
en parlant de sa fille
et de son grand garçon.

Ils sont mon oxygène
et ma raison de vivre.
Les enfants s’amusaient
de ses propos fougueux.

Mais quand ils se voyaient
ou s’écrivaient le soir,
un océan de larmes
les rapprochaient un peu.

Le respect e(s)t l’amour

Le respect et l’amour 
se tenaient par la main.
On les disait amis,
mais ils n’en avaient cure.

Ils étaient bien ensemble,
chacun à sa façon.
L’amour était chanson
et le respect raison.

Si l’amour pétillait,
le respect étudiait.
Mais voici que leurs mains
un jour se confondirent

et la raison chantait
quand l’amour étudiait.
Morale de l’histoire :
le respect est amour. 

Van Gogh à Palau

Il est une magie 
qui sait peindre de vert
les terres desséchées
des abords de Palau.

Et d'entre la verdeur
des tiges luxuriantes,
il pousse des bouquets
que l'on embrassera.

Les gerbes sont vos bras,
cueilleurs infatigables,
respectueux du terrain
et de sa travailleuse.

Noblesse de la tâche
qu'elle mène chaque jour.
Depuis potron-minet
jusqu'à la nuit tombée.

Et avec le sourire
et des mots qui font mouche,
sans jamais délaisser
une pointe d'accent.

Car elle n'oublie jamais
son pays des tulipes
ni les polders brumeux
couronnés de couleur.

Mais c'est au sud du sud,
dans le palais de verre,
qu'elle est notre Van Gogh
inventant la lumière.















photo : Stéphanie Vauzelle

Aquarelle de rue

Une rue d’aquarelle,

une rue de Collioure.

Un ciel de parapluies

bordant le bleu du ciel.


Si la rue est joyeuse,

elle semble désertée.

L’été est déjà loin,

c’est un octobre rose.


Voûte de parapluies

pour rappeler chacune.

Chacune des bouffées

qui s’y sont promenées.


Au centre de la rue,

quasi imperceptible,

un filigrane gris

nous parle d’une dame.


D’une dame estimable,

marchant dans cette rue,

au bras de son mari,

un samedi d’octobre.

















© LOUNA

La visite

À la mémoire de T.M
 
 
Visitant un vestiaire
de la main d’un ami,
j’ai vu des noms gravés,
il y a bien des années.

Et j’ai compris soudain
une conversation
du cœur de cet hiver
au comptoir du café.

Le chagrin de l’ami
parlant d’un disparu
et d’un porte-manteau
perpétuant sa mémoire.

dimanche 28 juin 2026

La petite voleuse de pommes

Elle volait une pomme
pour aller au lycée.
Une pomme fripée,
une pomme juteuse.

Elle aimait dérober
le fruit le plus commun 
et que l’on rejetait 
parce qu’il était passé.

Elle volait une pomme
en courant au lycée,
gagnant à chaque mètre
sa pleine liberté.

Dans la chaleur du soir

J’ai retrouvé un mot

que tu m’avais donné,

dans la chaleur du soir,

près de la voie ferrée.


C’était un mot tout rond,

comme un abricot rouge,

dans la chaleur du soir,

au terme du dîner.


Un mot de deux syllabes,

bref et délicieux,

dans la chaleur du soir,

juste avant le coucher


Et j’ai revu tes lèvres

qui le mémorisaient,

dans la chaleur du soir,

avant de le donner.


Le donner ou l’offrir

à ceux que tu aimais,

dans la chaleur du soir,

avant la nuit tombée.


Ce mot c’était passion,

le guide de ta vie,

dans la chaleur du soir

...ou le froid du matin.

Rose bonbon

Au sud de la grisaille,
dans un local fermé,
elle triait des cachets
couleur rose bonbon.

Sur les coups de six heures,
quand elle rentrait chez elle,
elle gardait dans son cœur
le rose des bonbons.

Un jour elle a quitté 
l’entrepôt gris souris
et a gagné le Sud
des bonbons plein les poches…

Grand saut pour rire

Sur fond de grand écran,

au bout de la soirée,

on prépare un grand saut

au rythme de l’orchestre.


Passant de main en main

le corps du malheureux,

ou de la malheureuse,

ressemble à un bateau


descendant un rapide

dans les Grandes Rocheuses.

Mais au bout est le rire

des amis réunis.




El paellador palauenc

Els nostre bon vilatge
té un paellador.
Un home de recursos,
el nostre carnisser.

Ahir va regalar
més de tres-cents platassos
amb un somriure immens
d’amant de bona vida.

I segur que al matí
d’aquest bonic diumenge
els amics s’han cruspit
la resta de l’arròs.




Apaisement

Les yeux ne mentent pas

qui courent entre les lignes

pour cueillir çà et là

des mots qu’on reconnaît.


Des mots de rien du tout

ou des mots d’une vie.

Le regard d’une amie 

qui court vers son travail


et les personnes seules

qui l’attendent en pensant

aux mots qu’elle leur dira

pour apaiser leur vie. 

Le rugby à quatorze

Le rugby à quatorze

est un sport délicieux.

Je l’ai vu qui naissait

au début de l’été.


Des joueurs enthousiastes,

treizistes et quinzistes,

jouant sur l’herbe verte

du stade Georges Vaills.


L’ovale du ballon

et les bas sang et or

faisaient de ces moments

une fête indicible


que l’on a cru unique

mais dont je sais très bien

qu’après deux éditions

elle recommencera,


pour fêter chaque été

le respect des joueurs

pour les mille facettes

de notre cher rugby.