vendredi 19 juin 2026

El cavallet de mar

El cavallet de mar
tresca per arribar
a la festa que donen
els amics de les arts.

Si s’ha pintat els ulls
és per complaure a tots
els amants de l’amor
i les amades tendres.

El cavallet de mar
m’ha portat la paraula
d’un poeta d’abans
i d’un pensador d’ara.














© Pauline raconte l'art

L'ocell de la Pauline

L’ocell de la Pauline
és un ocell de mar.
Un mar de tinta blava
amb la blancor del cel.

L’ocell de la Pauline
m’ha visitat al tard,
per portar-me el record
del meu oncle adorat.

Visita les escoles,
els museus i les cases.
És un ambaixador
dels ocells de Menorca.














© Pauline raconte l'art

Au milieu du soleil

Au milieu du soleil
des toiles exposées
et de la rue en fête
venue les célébrer,

j’ai entendu les mots
de mon ami Éric
célébrer notre mère
que bien peu connaissaient.

Je suis resté sans voix,
pourtant j’avais parlé
et puis je parlerais…
mais je sentais ma mère

venir à nos côtés,
à mon frère et à moi,
nous rappeler la joie
qu’il avait su donner.

Jeunes filles âgées

Les voix des jeunes filles
des jeunes filles âgées
que j’ai cueillies un soir
en rentrant de la fête.

Une fenêtre d’encre
m’ouvrait aux inflexions
de jeunes filles âgées
naissant sous le regard

car leurs voix se mariaient
au blanc et puis au noir
de photos par dizaines
me parlant d’une seule

d’une seule personne
se confiant un beau jour
à une ou deux cousines
venues les questionner.

jeudi 18 juin 2026

Histoire sans parole

Mais que les fleurs sont belles,

tout en délicatesse,

qui donnent à Can Fafa

un surcroît de couleurs.


C’est l’amour qui les guide,

l’amour de la fleuriste

pour le fier cafetier

qui les a accueillies.


Car il est fier du lieu,

comme il s’enorgueillit

de cueillir en son sein

les fleurs les plus jolies.


Histoire sans parole…

Si les voix se sont tues,

c’est pour laisser les fleurs

parler à notre place.

















photo : Philippe Farriol

mardi 16 juin 2026

Un hommage à Frederic

Frederic était beau.
Il parlait le français
avec cette élégance
que nous avons perdu.

Il vendait des chemises,
de toutes les couleurs,
mais ce qu’il préférait
c’était la langue vive

des touristes venant
admirer de Gaudí
les œuvres singulières
et la sage folie.

On me dit que cent ans,
cent ans exactement,
après la mort du Maître,
il est allé vers lui

pour parler catalan
et un brin de français,
la langue de ces gens
qui étêtent les rois.

Ne t'inquiète pas

    A en Jean-Luc Modat, 
       primus inter pares

No t’amoinis, bonica.
Escolta la cançó
de les noces del porc
amb el vi generós.

La foscor del Banyuls
busca la galta tendra
per fer-li molts petons
mentre durin els bulls.

No t’amoinis, bonica,
ni pateixis mai mes.
Tinc ganes de besades
amb regust de Banyuls.



De la ferme au repas

De la ferme au repas,

suivez le beau trajet

des cochons de Philippe.


Élevés plus au sud,

à l’ombre des Albères,

ils ont la tendreté

des bêtes que l’on aime.


Que l’on aime observer

se vautrer dans la boue,

avant de fondre en bouche

dans un bain de senteurs.


Du repas à la ferme,

suivez donc le trajet

d’un éleveur des âmes.




lundi 15 juin 2026

La rose sur la pierre

La rose sur la pierre,
un matin de printemps.
La fraîcheur des couleurs
empreinte de douleur.

Car la rose si belle
et si fraîche au matin
sait déjà qu’elle s’étiole
au bout de la journée.

Mais que l’image est belle
qui confie à la lauze
un peu de ces instants
de bonheur partagé.

Tu pleures tes amis
en larmes arc en ciel.
Moi je sais bien qu’ils vivent
dans ta fleur déposée.












photo : Caroline Signy

Un père avec ses filles

Un père avec ses filles,

un dimanche de juin.

Les couleurs de l’été

brassées avec de l’or.


L’or blond des galopins

tranchant avec le brun

des pintes de Guinness

que le rugby appelle.


Un père avec ses filles,

communiant au café

pour fêter la victoire

qui s’y est préparée.


Et pour un match d’accès,

j’aime ces désaxés.

Ce trio de Farriol

inventant un destin.


Le destin de l'USAP

que l'on croyait perdue

mais qu'ils savaient gagnante

sous les coups de... Labit.





dimanche 14 juin 2026

Soixante grammes

Soixante petits grammes
d’amour et d’avenir.
Soixante petits grammes
qui bientôt seront cent.

Des cents et des milliers.
croissant sous les regards
et toute la tendresse
d’une famille unie.

Soixante petits grammes
cueillis un vendredi
au terme d’un printemps
que l’on n’oubliera pas.

Page trente-trois

Dans un appartement 
aux rayonnages blancs,
j’ai vu s’ouvrir des livres
en page trente-trois.

Des volumes épais
au vélin harmonieux,
fourmillant d’anecdotes
passées et à venir.

C’était un douze juin
de l’année vingt et six.
Et Paris exultait
des pages qui s’ouvraient.

samedi 13 juin 2026

Plénitude rappelée

J’ai lu la plénitude

des vers contre l’oubli.

Le combat des griffures

contre la page en blanc.


Les pleins et déliés

et l’encre qui dégoutte

de la plume penchée

dans le soir qui se fait.


J’ai lu la plénitude

puis me suis oublié

dans des vers odorants

qui me l’ont rappelée.

Escriuré

Escriuré sota els arbres
la memòria perduda
dels éssers admirats

i faré de les fulles
els fulls dels meu quadern
cap al món del no-res.

Escriuré per als arbres
cada passa perduda
per defugir l'oblit.

mercredi 10 juin 2026

L’aigua de la font

És l’aigua de la font
que em torna el goig de viure,
recordant el passat
dels que no vaig conéixer.

És una aigua fresqueta,
un rierol petit.
L’inici de la vida
que em confiaran aviat.

És l’aigua de la font
que tocarà les hores
dels lllibres per escriure
i dels llibres llegits.




Flors de passió

En menjar tres cireres

després de fer un vot,

penso en les seves flors

que m’omplen de plaer.


Promesa de futur,

de fruïció lleugera,

de berenars sobtats

a l’ombra de les branques.


Nostàlgia del passat

i de l’abril proper,

de la bellesa pura

d’unes flors de passió.















© Andrée Deneuvis

Envie

Et l’envie a germé
au creux de cette nuit
de t’écrire des mots,
des mots et puis des vers.

Des strophes et un poème,
sur un rythme serein.
La nuit est bienveillante
qui nous a réunis.

Alors je lui rends grâce,
puis, reposant ma plume,
je descends au jardin,
sans quitter mon envie.

mardi 9 juin 2026

Plénitude lunaire

La lune est en son plein,

si pâle, si ronde.

Une crêpe légère

attendant le gourmet.


J’y ressens l’évidence

d’une force cachée,

venant de ses entrailles,

de sa face cachée.


Ainsi est ton esprit

qui sourit et rayonne.

On le croit volatil,

on oublie sa puissance.

Mes deux arbres aimés

Derrière la bâtisse,

parmi les herbes folles,

j’ai vu pousser deux arbres

aux couleurs de l’été.


L’un était tout fleuri

de rouge avec de l’or,

comme pour vaincre la nuit

qui tardait à venir.


C’était un grenadier

promettant pour bientôt

des grappes de rubis

sous une écorce dure.


L’autre était tout chargé

de fruits déjà formés.

Des pamplemousses jaunes

attendant la cueillette.


C’était un soir de juin,

au sud de Rivesaltes,

nous devisions gaiement

sans penser à demain.


Et demain est venu

me rapporter soudain,

avec les herbes folles,

mes deux arbres aimés.

Татјана

Deux langues ennemies

par la folie des hommes.

Le russe et l’allemand

opposés dans un camp.


La nuit et le brouillard

des corps qui y succombent

ou voient fleurir l’espoir

d’un lendemain possible.


Et entre ces deux langues

une femme écrasée

qui deviendra mutique

au sortir de ce camp.