samedi 18 juillet 2026

Natura viva

Quina foto més polida!

Sembla un bodegón,

una natura morta.


És ben bé el contrari.

Una natura viva,

un compendi del món.


Quatre copes de vi,

una ampolla mig buida,

pa, patè i ailloli.


Un fuet de Can Gabi

amb talls de botifarra

i tovallons tacats.


En torn del bodegón,

els amics reunits,

xerren sens cessar.


Esmorzar de forquilla

sense cap pretensió

mes amb filosofia.


El gust de la menjada

i dels viatges pel món

sens deixar el cafè.

















foto: Philippe Farriol

Parada a Pont de Molins

Esmorzaran aviat,

esmorzaran dilluns.

Esmorzar de forquilla

dins de Pont de Molins.


Per començar el dia

i regraciar la vida.

Menjaran porquejades,

truites i caragols.


Amb un vi negre fresc,

cervesa de barril

i llesques de pa bo

amb tomàquet i ceba.





Rall a Can Fafa

Quan s'acabi l'estiu,
l'estiu de l'estiueig,
començarà el rall
al nostre bon cafè. 

No serà pas cap curs
sinò una trobada
d'uns amics desitjosos
de retrobar la llengua.

Llengua dels familiars
o llengua dels amics.
Farem caure l'Albera
en torn d'un bon cafè.




A distància

Parrupeja la tòrtora

a dalt de la teulada.

Aquí canten ocells

en torn de casa meva.


Miracle de la parla

que trenca les fronteres

i porta a dins de casa

el teu entorn amè.


M’agraden les ditades,

petites confidències,

la calor dels amants

que viuen a distància.

Retorn

He tornat a la llengua

un matí de juliol.

La llengua del meu cor,

la llengua de l’amor.


Aquesta llengua clara,

tan viva i tan polida,

que solc parlar amb tu,

estimada bonica.


La llengua del poeta,

no és cap llengua nova

mes viu amb la mesura

d’un rellotge precís.

vendredi 17 juillet 2026

Ton pays, c'est la vie

    Quand le temps s’arrêtera, je t’aimerai encore.

Serge Reggiani


-Dis-moi, grand-mère Barre,

apprends-moi des chansons.

Des comptines bien rondes,

des vers de mirliton.


Des souris qui verdissent

et des moines qui ronflent.

Des Malbrough à la guerre

et des petits navires.


-Je t’apprendrai le temps,

qui file entre les doigts,

et guide nos chemins

dans la vie jusqu'à tard.


Je veux te parler vrai,

que tu ouvres ton sac

et comptes les pains ronds

qu’il reste à savourer.


Les amours éphémères

et qui durent toujours.

Le toujours d’une année,

le toujours d’une vie.


La faim et le besoin,

les envies de jardin.

La grisaille des ponts

et le soleil levant.


N’aie pas peur, mon petit,

n’aie pas peur, mon Philippe.

Je t’apprendrai la voix

qui chantera pour toi.





Souffle

Si le souffle vous manque,

pourrez-vous voir la mer

et sentir en marchant

les embruns qui s’envolent ?


Si le souffle vous manque,

cueillerez-vous demain

les fleurettes du champ

avant d’être fauché ?


Si le souffle vous manque,

me lirez vous demain,

avant de vous baigner

dans l’eau bleue du Racou ?

Embrasser le concert

Embrasser le concert,

le son et les lumières

sur la rive opposite

du lieu et de la scène.


Jouir de ce spectacle,

regarder de profil

et faire des instants

toute une éternité.


Assis en arc de cercle,

les amis réunis

signent avec élégance

une soirée unique.


Les chaises repliées

et le trottoir vidé,

ils auront dans les yeux

d’improbables paillettes.

















photo : Philippe Farriol

Une couronne dans le temps

               ...Sept mois plus tard...


La vie des fleurs séchées

échappe à nos horloges.

Elle vit de ces instants

passés à leur côté,


les regards qui se croisent

et parfois s’y unissent,

faisant naître en chacune

une once de bonheur.


La vie des fleurs séchées

est un miroir précieux

de nos désirs secrets

et des envies soudaines.














© Florissime

Miroir

Une photo de fleurs

et d’un T-shirt floqué.

Les fleurs sont-elles réelles

ou est-ce une illusion ?


Les fleurs sont bien réelles

coupées en un instant
après bien des semaines

de lente éducation.


Mais les fleurs en miroir,

sous l’œil du photographe,

donneront aux clients

l’envie de s’en fleurir.















photo : Philippe Farriol




Respiration

Une respiration.

Un souffle d’attention.

La lenteur de ton souffle

quand tu fermes les yeux.


Ou bien la hâte extrême

de qui monte au sommet

d’un sommer escarpé 

sans crainte du vertige.


Respiration de tous

et même de chacun.

La signature en air

de nos pas dans le monde.

Un instant

Un instant éternel,

un geste intemporel.

Une main amoureuse

des plantes qui l’entoure


et qui les tient en elle

sans jamais les serrer.

Instant de liberté

et de choix permanent.


Un instant parmi d’autres,

que je choisis pour toi,

ma lectrice constante

d’ici ou bien d’ailleurs.