mardi 7 juillet 2026

Lluna d’incendi

Avui és quart de lluna

quart de lluna minvant.

Avui és quart de lluna

i la mirem pas pus.


El cel és de foscor,

de fum i de violència.

Senti pas cap ocell,

els ocells són partits.


Avui és quart de lluna

mes la lluna se’n fot.

Som vist plorar la gent

ben lluny del clar de lluna.

Que seraient...

Que seraient les six fleurs,

sans la main qui les tient .

Et que serait la main 

sans les fleurs qui l’exaltent ?


Avant d’être coupées

et jointes en bouquet,

les fleurs ont fait l’objet

d’une cueillette lente.


Parmi bien des dizaines,

des centaines peut-être,

aux couleurs délicates

jouant de leur éclat,


pour séduire un instant

les doigts de la cueilleuse

un dimanche matin

en marge du village.


Le verdict est tombé :

six fleurs pour cinq doigts.

Pas une de plus,

ni une de moins.


Ainsi va le hasard

qui choisit les fleurettes.

Ainsi va le hasard

qui choisit les mains libres.


















© Florissime

Soleils

C’est une tache jaune
qui brise le halo
et invente un soleil
sur l’eau qui se réchauffe.

De l’orange au citron,
la lumière scintille
en un ballet léger
qui s’évade du jour.

Et plus que les trésors
des vieux navigateurs,
je préfère le jaune
de ma tache jolie.















© Patrick Bieuvelet

Transcendance

Sérénité du cadre

qui donne à l’aquarelle

un brin d’austérité.


L’austérité qui sied

aux tableaux reconnus

présidant aux repas.


Mais le cadre est si clair

et le papier si blanc

que l’austère s’envole.


Ne reste plus dès lors

que la mer et le ciel

en jeux d’eau qui s’unissent.


Heureux sont les rameurs

appariés dans l’effort

pour répondre au clocher.


Si le geste est fugace,

le clocher éternel,

l’aquarelle apaisante


confond tout ce beau monde

en un instant unique

qui devient absolu.


Et je reviens au cadre

qui n’a plus rien d’austère

en transcendant l’instant.





















© Patrick Bieuvelet

La trobada amb l’Esteve

Yo no digo mi canción
sino a quien conmigo va.
Anònim


La trobada amb l’Esteve
d’una casualitat joiosa,
gràcies a la nostra amiga
que cultiva les lletres.

Una conversa a tres
damunt de tres cadires,
picant totes les viandes
que ens regalaven tots.

Parlàrem de les veus,
els sons, la música,
de la feina incansable
que sol fer cada dia.

Una trobada justa
com una confessió.
Ben prest em qüestionà
la meva identitat...

He fet d’aquest poema
un fragment del que soc,
fronterer de l’Albera
amb el cap a Menorca.
Ma llengua és la barreja
dels mots de cadascú.

L’estimada a Moià,
els amics de Maó.
L’alegre companyia
del Pont de Castelló,

la Coleta d’aquí,
la Montserrat d’allà.
A tots i cadascú,
els dec la meva llengua,
poti-poti joiós,
a cavall de l’Albera.

Ocells de bon auguri

Ocells de bon auguri

viatjant cap al ponent.

Un viatge ben curtet

venint de la Salanca.


Són ocells de metall,

vellets mes amb constància.

La posta és un miratge

de flames, pas de sol.


Quan fosquegi aviat

hauran deixat abaix

l’aigua de la Salanca

per curar el Conflent.


Lectors de tota mena,

amics de poesia,

penseu en tres ocells

que lluiten per nosaltres.


Aviat oblidarem

la tragèdia viscuda,

cadascú tornarà

al pis o a la casa.


Cansats i exhaurits,

vestint la roba fosca,

els ocells canadencs

no ens oblidaran pas.












© Laurent Malet

lundi 6 juillet 2026

A l’ombra de la cava

                                 A R.R. 

A l’ombra de la cava,
del celler de Can Rafa,
he tastat uns vins rancis
d’excel·lent qualitat.

L’un tenia vestit clar
era de sec llinatge,
l’altre de roba fosca
parlava de dolçor.

Ha sigut un moment
de bella inspiració.
Sota la capa ufana
d’un bonic formigó

L’âme qui passe

Elle est l’âme qui passe

et qui ne dort jamais.

La générosité

des nuitées sans sommeil.


De la cave au jardin,

elle voit naître des fleurs,

au gré de sa démarche

qui jamais ne s’arrête.


Elle est l’âme qui passe

mais qui soutient toujours,

les petits et les grands

dans leurs difficultés.

dimanche 5 juillet 2026

Le petit coquillage

Un petit coquillage
ramassé sur la plage
de la taille d’un ongle
d’une princesse grecque.

C’est la délicatesse
de la nacre perlée
qui rappelle le charme
des contes du passé.

Et j’oublie un instant
le peuple qui se baigne
pour goûter le plaisir
de la voir tournoyer.




La chaleur de chez toi

La chaleur de chez toi,

la chaleur de tes murs

et de l’escalier clair.


La chaleur t’accompagne

qui parfois te réveille

en insomnies filées.


La chaleur fait silence,

elle épouse tes lèvres

qui s’ouvrent à la nuit.

Mirall

Un mirall de la gent,
un mirall de persones.
No pas un ram senzill
de roses escollides.

Tanta diversitat
desperta l’entusiasme.
De colors i de formes,
tota una simfonia.

Humana intel·ligència
i res d’artificial.
La florista ens regala
un mirall del que som. 















© Florissime

samedi 4 juillet 2026

Invitation

Délaisse le goudron
et la chaleur des pneus,
cette course effrénée
qui t’écarte de toi.

Refuse les angoisses
qui t’éveillent la nuit
et fais le tour du lac
quand le soleil y naît.

Si les journées sont courtes
et les mois étriqués,
regarde du côté
des Albères si proches.

De l’été à l’hiver,
son ombre est bienveillante,
j’y connais des chemins
qui mènent jusqu’à toi.

Un cambajó festiu

Un dissabte a la tarda,

per celebrar el rugbi,

en David ha guanyat

un cambajó de festa.


I vet aquí que el rep

a la capella nova

de Fafa el bon mestre

tot rodejat d’amics.


Embolicat en blanc,

el cambajó festiu

s’assembla a un nadó

a l’hora que el bategen.


Ja penso en la festassa

que faran tots plegats

en torn del cambajó

i de l’amistat tota.





vendredi 3 juillet 2026

Dahlias

Donne-moi des dahlias,
des dahlias du Mexique.
Pas des fleurs en papier,
des fleurs de chez Laura.

De jolies tubéreuses,
lentement préparées,
au pied de nos Albères
en attendant l’été.

Ne me les offre pas
mais va me les cueillir.
N’aie crainte de mes ordres
…ils naissent du papier.

















© Florissime