un jardin de syllabes,
en rangées de couleurs
qui se tiennent serrées.
Les pages en sont closes,
reliées étroitement,
sans possibilité aucune
de s’enfuir en riant.
Le silence est intense,
je les fixe longtemps.
et mes paupières entrouvrent
les reliures classées.
Et voilà que, soudain,
comme un vol de colombes,
les pages s’en envolent,
ivres de liberté.
Les pages sont légères
mais l’encre est de noirceur
et les mots s’en échappent
en lettres enchantées.



