samedi 24 juillet 2021

Oloreta

Han passat moltes hores
i tantes il·lusions,
del brou, les esposalles
amb la carn i pebrots.

Ja ballen lentament
dins la plata profunda.
A trossos o bocinets
et reten homenatge. 

Aquest plat no té nom.
Del ball de la nevera
li dono el sobrenom.
Esperant la cullera,

amb què el batejarem.
Acabat el dinar,
plorarem les despulles
d'un regal tan opípar. 



Tendra rosa

A la néta d'un poeta

Tendra rosa del roser
que bressola el ventolí,
dels teus pares el deler
i de s'àvia el gessamí.

Del món ja sents la remor
ben propera i saborosa,
l'ensucrada llet d'amor
i la bona veu joiosa.

Passaran dies, setmanes,
t'esperaran els més grans,
els petits reis de les cases,
Joel i Lluc capitans.

Quand je t'ai vue

Quand je t'ai vue, je t'ai revue,
autrefois, naguère, rectangle
vif d'une parole toute autre,

et pourtant si semblable.
Pages blanches et noircies,
arrêtées dans l'effort, et que

tes yeux faisaient danser, avant
que la nuit ne se fasse. Miracle
d'un accord qui ignorait son nom. 

lundi 19 juillet 2021

Per què m'estimes tant?

Per què m'estimes tant?
No et sabria respondre.
Canten alt els ocells

i l'aigua fresca del rierol
espera els caminants lents
i cansats. Broten les paraules 

en plena llibertat i les llengües
s'entrecreuen. Uns joves dibuixen
i la vida batega, intensament.

A unes passes

M'estàs llegint, de bon matí,
a una passes del mont polsegós.
Delícia d'un cafè compartit.

Els dits acaronen sengles nanses,
somniant carícies silencioses.
L'últim xarrup, un pèl amarg,

ja necessita trobades inesperades
i el dolç compartir de l'escriptura
sobtada, a recer d'un monestir occità.

En Marc

En Marc dibuixa lentament, cap cot.
De la mà dreta li surten corbes rectes,
negres, que mira intensament la menuda

desitjosa. Formes buides per omplir amb
colors vius i somniar. Hores lentes. Plaer
senzill. Amor immens d'un noi per la vida

sense necessitat de paraules compartides.
Més enllà dels mots i dels sons, el dibuix
acolorit es torna llenguatge universal. Merci!



Un carreau disjoint

Le pied droit joue avec un carreau disjoint.
Fraîcheur du salon silencieux à la fraîche.
La casserole glougloute sa danse avec les œufs.
Au loin, grave et si léger, un clocher sonne

trois quarts. Les enfants dorment encore. Le café
embaume en refroidissant. La poésie a quitté mes mots,
convenus, pour cette pièce d'appartement, tout en haut
d'une montagne poussiéreuse et desséchée.

Délice de la journée écoulée, appétit du jour à venir.
Reconnaissance éperdue pour le carreleur qui a oublié
un trait de ciment-colle, offrant au voyageur inattendu
la joie sereine de danser lentement avec son carreau disjoint.

samedi 17 juillet 2021

MON SOUTIEN AU PROFESSEUR OVONO EBÈ

Le professeur Mathurin Ovono Ebè est une personne rare que j'apprécie pour son immense humanité. Nos chemins se sont croisés voici vingt ans à l'occasion de la préparation de sa thèse de doctorat ès lettres qu'il a eu la délicatesse de me demander de diriger. 

Engagé auprès de la communauté universitaire, dès le début de sa carrière, comme maître-assistant puis maître de conférences à l'Université Omar Bongo de Libreville, il s'est très vite fait apprécier de ses étudiants par sa liberté de ton et sa passion de concevoir, d'enseigner et de transmettre, sans langue de bois, ni crainte du pouvoir. 

Ses pairs l'ont porté à la présidence du syndicat des enseignants-chercheurs du Gabon. Son travail inlassable, particulièrement précieux, pendant la pandémie, a été apprécié de tous. 

De tous ? Assurément pas. Voici quelques années, il a été victime d'un terrible accident de la route, sa voiture a été détruite et il n'a dû son salut et celui de son jeune fils qu'à la solidité légendaire de sa Toyota. Quelque temps plus tard il a été kidnappé, mis au secret et, vraisemblablement torturé. Il a repris son combat et son enseignement avec un entrain digne d'éloge.

Voici trois semaines, il a été enlevé pour la deuxième et, espérons, la dernière fois. Le professeur Ovono Ebè aime son pays et les peuples qui y vivent. Quand tant de ses compatriotes souhaitent quitter le continent africain pour rechercher un bien-être illusoire en Europe, il n'a eu de cesse de revenir sur ses terres pour transmettre sa connaissance de la littérature espagnole contemporaine et de devenir l'un des ténors de la littérature africaine.

J'avoue que Mathurin a été et demeure une des rencontres marquantes de ma vie. Une personne qu'assurément mon maître Montaigne eût aimé fréquenter.

Mon soutien indéfectible lui est acquis. La jeunesse gabonaise a besoin d'enseignants de sa trempe. 

https://7joursinfo.com/actualites/enseignement-superieur-qui-a-ordonne-lenlevement-de-mathurin-ovono-ebe-le-president-du-snec-uob/

https://www.gabonreview.com/gabon-tu-es-un-lache-la-pique-de-mathurin-ovono-ebe-au-commanditaire-de-son-enlevement/

https://amp.rfi.fr/fr/afrique/20210707-gabon-un-syndicaliste-affirme-avoir-%C3%A9t%C3%A9-kidnapp%C3%A9-et-maltrait%C3%A9-par-des-inconnus-arm%C3%A9s

https://googleweblight.com/sp?hl=fr-FR&geid=NSTN&u=https://gabonactu.com/je-nai-aucun-soutien-de-la-hierarchie-pr-maturin-ovono-ebe-kidnappe-le-28-juin-2021/



lundi 12 juillet 2021

Ces mains

Pour S, L et L...

Ces mains qui disent tant,
de force et de tendresse,
d'attention extrême, de don.

Silence du temps qui se suspend
mais déjà les doigts se croisent
et la noce s'éloigne. La parole

se croise, riche de tant d'années,
et le spectateur lointain songe
soudain à un jeu de construction

qui, un beau jour d'anniversaire,
préfigura cet instant, d'enracinement
et d'envol. Longue vie à eux trois.



Vallmanya

Foren hores bones,
de sucs i converses.
Un raig d'alegria,
donant volta al món.

Uns pocs pentasíl·labs
me'l recorden ara.
A Vallmanya es viu,
a quatre o en cinc.

De cinq à six

J'ai perdu le compte
des pentasyllabes,
en entrant dans la ronde
de beaux hexasyllabes.

Au corset étroit,
un peu tristounet,
je préfère l'émoi,
la petite envolée.

Cinq doigts de la main,
en signe d'adieu.
Le six arrive enfin
et le poème a lieu.

Albert Guinovart

La tête est ronde qui sourit,
le corps se casse, déboutonné.
Noire présence qui s'abandonne.

Les yeux sont d'un enfant lunaire,
les mains si fortes se taisent.
La Mer et le Ciel s'épousent enfin.

La tête se courbe, de profil,
les mains s'envolent. Yeux clos,
Chopin retrouve George Sand.

Diacrítics

Foscor absoluta,
silenci d'una setmana
que s'acaba, mentre
ja batega la següent.

Dorms, quieta, bella,
d'esquena als diacrítics
que es moren al cap cec
d'una moratòria d'anys.

Melmelada de mores
prou ensucrades, Ganes
de vida tendra i rialles.
Sopar al jardí, converses

I discussions. En queden
quinze. Grata quinzena d'estiu
i Déu ens donarà la mà, si
li dona la gana, dolça dona.

samedi 3 juillet 2021

Juliol

Juliol, mes august,
encara més que l'agost,
recremat i fugisser.

Mes d'esperances,
més enllà del patiment
que s'allunya i s'esfumarà

aviat. Hores lentes i llargues,
tendre fruir de les fruites,
esperant ta boca, amb paciència.

Temps verbals

Et vetllaré, et vaig dir.
T'he vetllat i tot just
encara, t'estic vetllant.

Refilets lents d'ocell,
amena ofrena de l'alba
a l'amant de la vida,

generosa i pura, a recer
d'una ànima llunyana i
pròxima, tan pròxima...

Tremolor

Matí tremolós.
Les velles dunes de nit,
lentament s'esmolen.

jeudi 1 juillet 2021

Salles

à E.C. et T.V.

La romancière et le poète
marchent lentement. Velours
des sols, fraîcheur des salles.

Recoins de sagesse et de savoir.
Deux amis, en ombre, se dessinent.
Thierry dans l'effervescence tue

de Combas, Élodie dans le vélin
numéroté de Stétié,où s'inscrit, 
unique, le Garamond du graveur.



Estimar-te

No com un repte ni una follia,
estimar-te cada dia al capvespre,
mentre els blats acaricien el cel.

Capvespre

Un capvespre. Al teu jardí,
quan encara el cel blanqueja
i el sol s'ha anat a dormir.

Sense ombra, silent, el til·ler
somnia amb tempestes que juliol
li sabrà estalviar. L'hule verd

de la taula té nostàlgies de sopars.
Buides, les cadires de plàstic blanc
conserven la saborosa calor compartida.













By Courtesy Of Roser Blàzquez Gómez