samedi 4 juillet 2026

Invitation

Délaisse le goudron
et la chaleur des pneus,
cette course effrénée
qui t’écarte de toi.

Refuse les angoisses
qui t’éveillent la nuit
et fais le tour du lac
quand le soleil y naît.

Si les journées sont courtes
et les mois étriqués,
regarde du côté
des Albères si proches.

De l’été à l’hiver,
son ombre est bienveillante,
j’y connais des chemins
qui mènent jusqu’à toi.

Un cambajó festiu

Un dissabte a la tarda,

per celebrar el rugbi,

en David ha guanyat

un cambajó de festa.


I vet aquí que el rep

a la capella nova

de Fafa el bon mestre

tot rodejat d’amics.


Embolicat en blanc,

el cambajó festiu

s’assembla a un nadó

a l’hora que el bategen.


Ja penso en la festassa

que faran tots plegats

en torn del cambajó

i de l’amistat tota.





vendredi 3 juillet 2026

Dahlias

Donne-moi des dahlias,
des dahlias du Mexique.
Pas des fleurs en papier,
des fleurs de chez Laura.

De jolies tubéreuses,
lentement préparées,
au pied de nos Albères
en attendant l’été.

Ne me les offre pas
mais va me les cueillir.
N’aie crainte de mes ordres
…ils naissent du papier.

















© Florissime

De simples fleurs de papier

De simples fleurs de papier,

ainsi est mon bouquet.

De mots et puis de vers

qui tiendront dans tes mains.


Des fleurs de mes pensées

qui, comme mes baisers,

se lisent et puis s’envolent

au creux de tes nuitées.


Je rêve de fleurs vives,

aux couleurs délicates.

Un dahlia pour tes rêves,

un jour je t'offrirai.
















© Florissime

Voie et voix

Si tu cherches la voie

du bonheur le plus simple,

suis-donc ma propre voix

qui le cherche sans cesse.


C’est une voix cassée,

pas une voix de basse,

elle s’éraille des brins

de bonheur que je cueille.


Et je t’en fais présent

comme une eau de la source

pour te guider un brin

sur la voie de ton cœur.

jeudi 2 juillet 2026

Libre coquelicot

Ne coupe pas la tige 
de mon coquelicot,
elle est verte de sève
et d’amour délicat.

Si la terre l’irrigue
bien après les averses,
c’est qu’elle se sacrifie
pour lui donner sa vie.

Sans notre mère terre,
il n’est pas de fleur libre,
ni de rouges pétales
de nos coquelicots.

Entre deux pierres. À l’ombre

Entre deux pierres, à l’ombre,

un recoin de fraîcheur

où tu glisses les doigts.


Repos inattendu

d’un jeudi de juillet

qui semble interminable.


Entre deux pierres, à l’ombre,

quelques mots d’un poète

avide de fraîcheur.

Que serait ma main gauche...

Que serait ma main gauche

sans le livre qu’elle tient ?

Elle qui ne sait écrire

et ne sait que rêver.


Sur les pages écrites,

elle invente des vers

pour remplir l’interligne

que laisse le désir.


Le désir de ta main,

celle qui ouvre les portes

et guide les pensées

que transcrit ma main droite.




La platja dels meus passos

La platja dels meus passos

o de les meves passes.

Els grans de sorra tèbia

entre els dits del peu dret.


Quan no hi sigui veuràs,

d’entre la pols mundana,

sortir aquests granets

com records del meu cos.


El cistell compartit

de viandes i de carn,

amb els llavis besats

al fil de mitjanit.





















Montserrat Gallart, "Interrogants"
Trenat d'onades i remors.


Loin de toi

Et s’il m’était donné
de vivre loin de toi,
dans des terres arides,
sans espoir de retour.

Avec un vieux cahier
aux pages encore vierges
et un crayon HB,
pour toi je récrirais.

Je fermerais les yeux,
pensant à ces jours clairs
où tu aimais marcher
dans les rues en silence.

Et puis je remplirais
chacun des feuillets vierges
de mon petit cahier
et je t’inventerais. 

L'oiseau de la vie

C’est un drôle d’oiseau
qui vit entre deux mondes.
Le monde du réel
et celui de l’envie.

Il survole les peuples
qui souffrent de la faim
et frôle les palais
où l’on souffre d’ennui.

Mais j’aime cet oiseau,
qui jamais ne s’arrête
et signe de son vol
toute l’humanité. 
















Montserrat Gallart, "Ocell"
Trenat d'onades i remors.

El tirador i l'aixeta

Al costat de l'aixeta
de la cervesa rossa,
dormia un tirador
d'aigua freda i ben fada,

quan un fuster amic,
d'aquests que creen mons,
el va vestir de fusta
elegant i senzilla.

Vet aqui que la rossa
se'n va enamorar,
del tirador vestit
d'un aigua beneita.

I d'un dia per l'altre,
la cerveseta ben Fada
decidí de casar-se
amb l'aigüeta ben fada.















© Grégoire Dubuy
foto: Philippe Farriol

Un squelette d'aquarelle

Ah le joli squelette
qui attend les couleurs,
l’eau claire et le pinceau
du jeune aquarelliste.

Les lieux sont disposés
sur le Canson à grain
en gestes crayonnés,
confiants dans l’avenir.

J’aime l’humanité
de ce squelette inverse.
Il naît avant la vie
pour repousser la mort.

















© Patrick Bieuvelet

Silence du respect

J’ai rêvé de ta nuit,
puis me suis endormi
au milieu des poèmes
que j’écrirai pour toi.

Des bribes de silence
mâtinées d’expressions,
la volonté certaine
de raviver leur sens.

Ainsi est du respect,
ce silence qui parle
et qui veille l’aimée
au bord de son sommeil. 

Café brûlant

Sous-tasse de faïence

et tasse qui embaume,

le café est brûlant

qui unit les amis.


On le porte à la bouche

entre deux expressions.

La liberté est riche

dans cet estaminet


où je revis parfois

le bonheur de l’enfance

quand j’y allais petit

au bras de ma maman.

mercredi 1 juillet 2026

Les mots que je tairai

Je te donne ma voix,

ma voix qui fait silence

pour mieux t’accompagner

dans la nuit sans histoire,


dans la nuit des soucis,

ou de l’obscurité,

quand l’intense chaleur

fait taire tous tes rêves.


Je te donne ma voix,

puis je rentre en moi-même,

traçant sur le papier

les mots que je tairai.

Les sables de Papé

    À Maia

Papé était marchand.

Un vrai marchand de sable.

De sable de rivière,

tout près de l’embouchure.


Sable du quotidien,

sable des bâtiments.

L’ingrédient essentiel

du liant des parpaings.


Mais il rêvait d’un sable

un peu plus épicé.

Le sable de la côte

tout gorgé de soleil.


Alors il s’asseyait

sur son pliant de toile

et regardait la mer

où se baignait son sable.


Le sable de ses rêves

qui regardait l’Orient,

s’imprégnant des odeurs

des caravansérails.