et mon absence fond.
Je deviens instrument
dans les mains du trio.
La photo silencieuse
invite à prolonger
ce jeudi en soirée
quand l’automne viendra.
Une amie m’a confié
le plaisir qu’elle a pris.
Le temps s’est arrêté
et les corps ont vibré.
un blog au fil de l'eau
Les couleurs se combinent,
le vortex s’assagit.
Des cailloux, des planètes,
par la magie de l’eau.
Le temps s’est arrêté,
le temps n’a aucun sens
sinon par l’aquarelle
qui boit l’eau de la source.
L’espace est un rectangle
de buvard de papier.
Qui le regardera
vivra dans les étoiles.
© Marion Zibelli
El roig és de passió,
d’una passió nocturna
que ha perdut les busques
del seu rellotge vell.
Reunió de família,
amics, enamorats.
S’han trobat per ballar
al compàs del so bo.
Són hores per gaudir
sens pensar en demà.
Demà serà de plaer
o no serà pas pus.
Un hommage en petit
pour les amis en grand,
Ces hommes et ces femmes
qui nous tiennent la main.
Leur présence est constante,
tout en étant discrète.
Ils savent écouter
mais ne jugent jamais.
De leur conversation,
sans aucune contrainte,
surgit le plus souvent
le remède à nos maux.
Avui és quart de lluna
quart de lluna minvant.
Avui és quart de lluna
i la mirem pas pus.
El cel és de foscor,
de fum i de violència.
Senti pas cap ocell,
els ocells són partits.
Avui és quart de lluna
mes la lluna se’n fot.
Som vist plorar la gent
ben lluny del clar de lluna.
Que seraient les six fleurs,
sans la main qui les tient .
Et que serait la main
sans les fleurs qui l’exaltent ?
Avant d’être coupées
et jointes en bouquet,
les fleurs ont fait l’objet
d’une cueillette lente.
Parmi bien des dizaines,
des centaines peut-être,
aux couleurs délicates
jouant de leur éclat,
pour séduire un instant
les doigts de la cueilleuse
un dimanche matin
en marge du village.
Le verdict est tombé :
six fleurs pour cinq doigts.
Pas une de plus,
ni une de moins.
Ainsi va le hasard
qui choisit les fleurettes.
Ainsi va le hasard
qui choisit les mains libres.
Sérénité du cadre
qui donne à l’aquarelle
un brin d’austérité.
L’austérité qui sied
aux tableaux reconnus
présidant aux repas.
Mais le cadre est si clair
et le papier si blanc
que l’austère s’envole.
Ne reste plus dès lors
que la mer et le ciel
en jeux d’eau qui s’unissent.
Heureux sont les rameurs
appariés dans l’effort
pour répondre au clocher.
Si le geste est fugace,
le clocher éternel,
l’aquarelle apaisante
confond tout ce beau monde
en un instant unique
qui devient absolu.
Et je reviens au cadre
qui n’a plus rien d’austère
en transcendant l’instant.
© Patrick Bieuvelet
Ocells de bon auguri
viatjant cap al ponent.
Un viatge ben curtet
venint de la Salanca.
Són ocells de metall,
vellets mes amb constància.
La posta és un miratge
de flames, pas de sol.
Quan fosquegi aviat
hauran deixat abaix
l’aigua de la Salanca
per curar el Conflent.
Lectors de tota mena,
amics de poesia,
penseu en tres ocells
que lluiten per nosaltres.
Aviat oblidarem
la tragèdia viscuda,
cadascú tornarà
al pis o a la casa.
Cansats i exhaurits,
vestint la roba fosca,
els ocells canadencs
no ens oblidaran pas.
© Laurent Malet