vendredi 17 juillet 2026

Ton pays, c'est la vie

    Quand le temps s’arrêtera,....je t’aimerai encore.

   Serge Reggiani


-Dis-moi, grand-mère Barre,

apprends-moi des chansons.

Des comptines bien rondes,

des vers de mirliton.


Des souris qui verdissent

et des moines qui ronflent.

Des Malbrough à la guerre

et des petits navires.


-Je t’apprendrai le temps,

qui file entre les doigts,

et guide nos chemins

dans la vie jusqu'à tard.


Je veux te parler vrai,

que tu ouvres ton sac

et comptes les pains ronds

qu’il reste à savourer.


Les amours éphémères

et qui durent toujours.

Le toujours d’une année,

le toujours d’une vie.


La faim et le besoin,

les envies de jardin.

La grisaille des ponts

et le soleil levant.


N’aie pas peur, mon petit,

n’aie pas peur, mon Philippe.

Je t’apprendrai la voix

qui chantera pour toi.





Souffle

Si le souffle vous manque,

pourrez-vous voir la mer

et sentir en marchant

les embruns qui s’envolent ?


Si le souffle vous manque,

cueillerez-vous demain

les fleurettes du champ

avant d’être fauché ?


Si le souffle vous manque,

me lirez vous demain,

avant de vous baigner

dans l’eau bleue du Racou ?

Embrasser le concert

Embrasser le concert,

le son et les lumières

sur la rive opposite

du lieu et de la scène.


Jouir de ce spectacle,

regarder de profil

et faire des instants

toute une éternité.


Assis en arc de cercle,

les amis réunis

signent avec élégance

une soirée unique.


Les chaises repliées

et le trottoir vidé,

ils auront dans les yeux

d’improbables paillettes.

















photo : Philippe Farriol

Une couronne dans le temps

               ...Sept mois plus tard...


La vie des fleurs séchées

échappe à nos horloges.

Elle vit de ces instants

passés à leur côté,


les regards qui se croisent

et parfois s’y unissent,

faisant naître en chacune

une once de bonheur.


La vie des fleurs séchées

est un miroir précieux

de nos désirs secrets

et des envies soudaines.














© Florissime

Miroir

Une photo de fleurs

et d’un T-shirt floqué.

Les fleurs sont-elles réelles

ou est-ce une illusion ?


Les fleurs sont bien réelles

coupées en un instant
après bien des semaines

de lente éducation.


Mais les fleurs en miroir,

sous l’œil du photographe,

donneront aux clients

l’envie de s’en fleurir.















photo : Philippe Farriol




Respiration

Une respiration.

Un souffle d’attention.

La lenteur de ton souffle

quand tu fermes les yeux.


Ou bien la hâte extrême

de qui monte au sommet

d’un sommer escarpé 

sans crainte du vertige.


Respiration de tous

et même de chacun.

La signature en air

de nos pas dans le monde.

Un instant

Un instant éternel,

un geste intemporel.

Une main amoureuse

des plantes qui l’entoure


et qui les tient en elle

sans jamais les serrer.

Instant de liberté

et de choix permanent.


Un instant parmi d’autres,

que je choisis pour toi,

ma lectrice constante

d’ici ou bien d’ailleurs.

Treize

Depuis son plus jeune âge,

le treize la désigne

et signe sa présence

au sein de notre monde.


Elle a prénom de muse

qui inspire un poète.

Elle confiera aux autres

beaucoup de ses pensées.


Si deux et deux font quatre,

son treize est infini.

Parlez-en à sa mère,

elle s’en enchantera.

Chorégraphies

Elle est la chorégraphe

de ballets en petit.

Sages conversations

d’un café au matin.


En toute liberté,

elle suit avec ses bras

les aléas soudains

d’une parole vive.


On dit qu’elle aime vendre

des biens et des locaux

sur la côte des rêves

ou au cœur des cités.


Ainsi prolonge-t-elle,

son laser à la main,

la dans de ses bras

an café un matin.

Entente

C’est une entente à trois
mais je n’en vois que deux.
Le platane me cache
Philippe donnant rythme.

La guitare et la basse
avec les chants croisés.
Vieille complicité
de village en village.

Ce sont les troubadours
de nos temps incertains.
La fumée sur le lac
de Montreux la Suissesse

est l’occasion pour eux
de narrer un récit
qui parle à notre cœur
et réjouit notre âme. 




Enveigt 79

À mon frère Alain,

à la mémoire de Régis,

et à Berkeley Wright.


Enveitg soixante-dix-neuf,

mon frère avec Régis.

Berkeley en concert

jouant du Santana.


Les lumières criardes

dans la nuit étoilée.

Les pantalons pattes d’eph

et les cols pelle à tarte.


L’insouciance joyeuse

de gamins du Moulin.

Des musiciens en herbe

au sein des Woodembers.


Et voilà que hier soir,

bien des années plus tard

le trio Berkeley

m’en rapporte l’éclat.


Et j’ai fermé les yeux

et j’ai revu Régis.

Pendant un court moment

je vivais leur Enveigt.





La table de Teddy

On disait la soirée
fermée depuis longtemps
et les tables serrées
regorgeaient de convives.

Moi de l’autre côté,
je regardais envieux
les clients attablés
attendant le concert.

Quand soudain me héla
Teddy le généreux,
tirant dessous la table
une chaise pour moi.

Et fleurirent aussitôt
bien des conversations.
Jean-Michel le pilote
et sa femme lectrice.

Vincent et son copain
faisant un petit saut
avant de repartir
tous seuls à la maison.

Le vin rouge coula
au milieu des paroles.
La musique jouait
et nous étions heureux.

jeudi 16 juillet 2026

Amoureux au restaurant

In a restaurant
Holdin' hands by candlelight
While I'm touchin' you
Wanting you with all my might.
      Roberta Flack

Mais que la table est large 
qui sépare les mains
des convives attablés.

Mais que la table est claire
et les écueils nombreux,
des verres aux couverts.

Et pourtant il n’est rien
qui ne puisse empêcher
les mains de se rejoindre.