quand tu fuis mon regard ?
La finesse des traits,
une petite boucle.
La clavicule nette,
le torse qui s'affirme.
Un mollet bien galbé,
l’autre qui disparaît.
Pourquoi te définir,
quand tu es qui tu es ?
un blog au fil de l'eau
Le sein est déjà plein
qui attend ton enfant.
L’autre déjà se donne
sous ton regard aimant.
Si le trait semble flou
et le fond incertain,
c’est que la scène est là :
dans ton allaitement.
Ta chevelure épaisse,
couverte de sueur,
recouvre ton visage
dont je ne vois les traits.
Aujourd’hui tu es mère.
La femme en toi repose
qui, bientôt, je le sais,
m’offrira son regard.
© Oscar Tebar
La cabane enchantée
est l’œuvre de ma fille
qui a tendu un drap
pour préserver ses rêves.
Elle y a disposé
les objets qu’elle adore.
Des crayons, des pinceaux,
et des rêves secrets.
On dirait une tente
d’un caravansérail
allant chercher de l’or
dans le pays des songes.
La nage d’impressions
saisit dans l’air du temps
un moment de ta vie.
Tu as laissé la terre
et tes habits pesants
ne gardant qu’un voilage.
Et tu t’es immergée
dans la tiédeur de l’onde
pour épouser son eau.
J’aime te voir naïade,
exhumant du passé
les chants mythologiques.
Sans apprêt cependant,
en demeurant toi-même,
le visage masqué.
© Oscar Tebar
On te dit pécheresse,
toi, Marie-Madeleine.
Moi je te vois si libre
les mains dessus les cuisses.
Tu offres au spectateur
ce que tes yeux ignorent :
la beauté de ton dos
qui respire l’effort.
Le tétin entrevu
signe ta liberté,
voire la pureté
qui dénude ta nuque.
J’aime quand tes épaules
se soulèvent un peu
pour dire qui tu es
quand on ne te peint pas.
Une humble travailleuse
qui œuvre pour les autres,
huit heures chaque jour,
le corps voilé de gris.
Tu es pour moi la reine
qui règne sans royaume,
le modèle certain
qui guidera mes jours.
© Oscar Tebar
La sanguine disloque
le corps de ton amante
couchée sur la mollesse.
Cet édredon ridé
par la nuit sans sommeil
et que sa main déforme.
La main droite crispée
et la gauche si douce
qui soutient et raisonne.
Les cheveux en désordre
semblent accompagner
le téton qui s’affirme.
Tu es l’absent présent
de ce corps qui s’éveille
des heures d’insomnie.
Le dessus du pied nu
caresse le mollet
de la jambe opposite
en un geste sensuel
qui chante ton absence,
toi l’homme à la sanguine.
C'est toi le personnage
de ce dessin unique
qui chante votre amour.
© Oscar Tebar
Une plaque émaillée
qui a vécu son temps
et qui renaît d’un coup
au cœur du bon village.
Par le fait de Fafa,
inlassable lutteur
des causes de chacun
bien plus que de lui-même.
Car sa licence IV
est une invitation
à vivre intensément
au cœur du bon village.
Je lui souhaite le double
ou l’inversion des chiffres
et même beaucoup plus.
Ses trente-sept années
m’ont appris patiemment
le prix de chaque nombre.
Si nous avons trente ans
qui nous unissent à deux
il maîtrise chacun
des signes de la terre.
On le sait ingénieur,
je le sais cuisinier
et mathématicien
des recettes exquises.
Son initiale est X
sans qui rien ne serait
des liens sur la planète.
Mais pour moi c’est Xavier,
Xavier tout simplement,
ce fils qui m’a choisi.