mardi 6 janvier 2026

Fredo

No s'ha tret mai la gorra
per saludar la gent
i beure al mostrador
una canya ben fresca. 

És home somrient
i de poques paraules.
Els seus ulls vius ens parlen
de l'infant que va ser.

Avui entra al cafè
amb un somriure immens,
tot sacsant un cartró
amb caselles impreses.

Un bitllet de rascar
que ha sortit guanyador.
Uns calerons de franc
per començar l'any nou.

***

Casquette sur la tête,
il salue tous les gens
et savoure au comptoir
une bière bien fraîche.

Un homme souriant
et qui ne parle guère.
Il a les yeux brillants
d'un éternel enfant.

Aujourd'hui il nous vient
en souriant en grand,
brandissant un carton
aux cases imprimées.

Une carte à gratter
qui s'avère gagnante.
Des sous inattendus
pour commencer l'an neuf.


Irène

Elle est reine du lieu.
Pour moi c'est l'Arlésienne.
Je ne l'ai jamais vue 
mais on m'en a parlé.

Sur les coups de onze heures,
elle s'attable à l'entrée
avec ses deux amis
pour bavarder un brin.

Elle a cette lumière
que le lieu sait capter
en arrêtant le temps
pour l'immortaliser.

Saint-Domingue à Palau

Le froid était si dur
dans les rues de Palau
que Florent est entré
comme tout essoufflé.

Mais au fond de la salle
il a pu réchauffer
son âme avec son corps
qui avait tant lutté.

Étrange situation
au cœur de notre ville.
On dirait Saint-Domingue
avec son eau turquoise.

Et les hommes sans nom
y gagnent leurs galons
en partageant un peu
de la chaleur du lieu. 

Isidore

Une mauvaise chute
l'a tenu dans son lit
mais déjà il se lève
et pense à revenir.

Isidore est ainsi
qui aime can Fafa.
Il y retrouve André
autour d'un bon café.

Or André se désole,
il pense à son ami.
Mais dans bien peu de temps
ils reviendront ensemble.

Et le Kangoo d'André
sera comme un carrosse
pour fêter Isidore
le matin à onze heures.

Le génie du lieu

Ils se sont réunis
dans un coin de la salle,
les amis de Fafa
pour déjeuner ensemble.

Jacques le boulanger
a porté des croissants,
des pains au chocolat,
avec sa bonne humeur.

Le café est brûlant
et les propos amènes.
On parle de Gaudí
et du froid dans les rues.

J'ai eu la chance insigne
d'être un brin avec eux.
La magie de Fafa
est le génie du lieu.

Du haut du clocher

C'est du haut du clocher
que l'on voit les maisons
toutes agenouillées
pour prier le Seigneur.

C'est jour d'Épiphanie
à Moià la fidèle
et les rues qui serpentent
sont autant de guirlandes.

Le clocher ajouré
laisse passer les chants
et sur la neige blanche
s'écrit le nom de l'an.



Dia de Reis

És el Dia dels Reis
i la lluna els espera.
De l'estel celestial
ha begut la llum clara

i ha donat als camps nus
la pols de plata fina
per cantar al Senyor
que dorm dins de la palla.

És un matí de Reis
a Moià la fidel
i dalt del Canigó,
la miren amb enveja.



















foto : Roser Blàzquez

lundi 5 janvier 2026

Entraîner

Le meilleur de chacun,
dans des habits trop larges.
Entraîner c'est donner
le désir de gagner.

Au-delà des parties,
c'est vaincre sur soi-même,
écouter bien Matthieu
sans cesser d'être soi.

Ainsi sont les petits
qui courent à sa suite,
foulant l'herbe sacrée
du stade Georges Vaills.

Et les mines sérieuses
n'empêchent pas les rires.
Car jouer au rugby,
c'est jouir de la vie.










photo : Marie

dimanche 4 janvier 2026

Les Nin's des Broncos de Palau XIII

Les enfants sont partout
dans ce grand petit club.
Qui dit que le clocher
est le cœur du Village ?

Le stade Georges Vaills,
temple du beau rugby,
accueille les enfants
au cœur de la semaine.

Avant l'entraînement
des grands le mercredi,
sous les feux de la rampe
s'essaient les plus petits.

Et de quatre ans à treize,
ils mouillent leur maillot,
sous la houlette tendre
de leurs cinq entraîneurs.

Le samedi prolonge
le feu du mercredi
par d'étonnants tournois
en terre catalane.

Chaussettes sang et or
et accent du pays,
les enfants d'aujourd'hui
sont les grands de demain. 









photo : Hakim

Mouvement

Dans le rugby à XIII,
le mouvement est tout
et quand Benoît le lance
la photo ne peut suivre.

Si le cliché vacille,
nous plongeant dans le flou,
c'est qu'au début janvier
les corps sont échauffés.

Et les enfants le suivent
comme autant de drapeaux,
flottant aux quatre vents
du stade de Palau.








photo : Hakim

Pâques après Noël

Ah le bel œuf de Pâques,
tout juste après Noël.
Il fait froid sur le stade
mais bien chaud dans les cœurs.

Les grands et les petits
font circuler la balle.
Si la gonfle est un œuf,
ils ne sont pas des poules.

Pas de poules mouillées,
des U5 à l'U70,
ce poète égaré
sur l'herbe de Palau.

On prépare les matchs
du championnat tout proche,
car les Broncos d'un jour
le seront pour toujours.









photo : Gaby

Renaixença / Renaissance

Quantes converses
a la vora del prat...
L'estadi de Palau
és un camp de somriures.

Ben prest vindran regals
de xocolata bona.
De moment ambdós riuen,
aquests Nin's de Palau.

És any de renaixença
dels Broncos en petit.
L'any nou serà la joia
que ens omplirà de goig.

***

Quelle tchatche
au bord du pré...
Le stade de Palau
est un champ de sourires.

Bientôt viendront les cadeaux
en bon chocolat.
Pour l'instant tous deux rient,
ces Nin's de Palau.

C'est une année de renaissance
pour les petits Broncos.
Le nouvel an sera le joyau
qui nous remplira de joie.










photo : Marie

mercredi 31 décembre 2025

Platets esperant

Uns platets esperant
les dotze campanades.
Uns desitjos callats
i tantes esperances.

Seixanta granets verds
com grapats de carn fresca.
Uns ovals ben sucosos,
llestos per ser menjats.

La mitjanit s'apropa
amb els cinc comensals.
És hora de contar
i d'empassar-los tots.











foto: Roser Blàzquez 

Bon any nou 2026

Dolçor del sol ixent
en la nostra Menorca.
Puresa dels colors,
de la frescor de l'aire.

És hora matinera,
un símbol en petit,
frontissa lluminosa
entre dos anys seguits.

La mar ha begut l'aigua
dels mesos traspassats
i l'aire és ple de ganes
dels dies per conviure.

Bon any nou!
















foto: Joan Verger

Bonne et heureuse année 2026

Que l'an neuf soit pareil
à cette grande roue,
par sa structure claire
et sa lenteur sereine.

Que les cabines closes
soient aussi des fenêtres
ouvertes sur les autres,
leurs peines et leurs joies.

Un Atomium de fer,
de verre et de blancheur
pour figurer tout l'an
le réseau qui nous lie.

La vie est si fragile
qu'elle a besoin de cadre
mais jamais de prison.
Bonne et heureuse année !



Lecture de la Saint Sylvestre

 À Corinne

En terres d'Allemagne,
dans le froid et le gel,
il est un lieu coquet
où règne la lecture.

Le dernier jour de l'an,
quand ronflent les fourneaux,
la poésie se glisse
pour préparer l'an neuf.

Et tombent les frontières
et se mêlent les langues.
Les cœurs sont dans la joie
et Sylvestre rayonne.









photo : Paco Gomila

mardi 30 décembre 2025

Au terme de l'année

Des heures qui s'achèvent
dans une nuit si longue.
Ce trente-et-un décembre
clôt un an de douleurs,

de souffrances gratuites,
de désespoirs profonds,
d'heures valant des siècles
de blessures suintantes.

Mais aussi des instants
d'embrassades sincères,
de retrouvailles vraies
et de jolies naissances.

Ainsi est cette année :
cinq-cent-mille minutes,
autant de battements
de cœurs à l'unisson
et de cœurs esseulés.

Nostalgie

Face à la nuit des étoiles,
ce présent nu qui avance
et le souvenir brûlant
des heures qui ne sont plus.

Nostalgie de ces moments
et de l'enfance qui fuit.
Non pas l'ancienne jeunesse
mais la nouveauté des gestes.

Face à l'année qui s'en va
et au nouvel an qui vient,
seuls les mots peuvent donner
de la chair au temps passé.

dimanche 28 décembre 2025

Dels capcirons al cor

Me'n vaig amb el meu cos...
La terra és tan fecunda
que em naixeran floretes
a cada part del cos.

La vida és una dansa.
Ho diu un meu amic,
cantant i saltimbanquis
del Vallès al Montsià.

Me'n vaig amb el meu cor...
La sang m'és cabalosa
amb pessigolles mil,
dels capcirons al cor.



samedi 27 décembre 2025

Transcriure / Transcrire

Compartim una llengua
mes ignorem les altres.
Aquestes llengües mares
que fan bullir la sang.

La sang de dos poetes
vinguts de mons aliens.
Tan aliens i tan propis
a l'hora de transcriure.

De transcriure la vida,
el plors de la cunyada
amb el riure embogit
del net recent nascut.

***

Nous partageons une langue
mais nous ignorons les autres
ces langues mères
qui font bouillir le sang.

Le sang de deux poètes
venus de mondes autres.
Si autres et si propres
à l'heure de transcrire.

De transcrire la vie,
les pleurs de la belle-sœur
avec le rire fou
du petit-fils nouveau né.

Une tombe de mots

Une tombe de mots
pour enjamber les songes,
assécher l'océan
et les deux estuaires.

Faire longtemps silence
et attendre le Livre
pour retrouver ma mère
dans la peine de l'Autre.

Je rêve de mon île
sous le regard des mots,
des mots de cette tombe
qui enjambe les songes. 

Noctambus

Pour Willhy, en un clin d'œil

Du sommeil dans les yeux.
Deux ou trois heures. Ou moins.
Et le sable envahit
le regard sur la ville.

Car avant la dérive,
il y a ce regard las
de qui se sait veilleur
des biens de quelques-uns.

Le bus est sans arrêt,
du moins le pense-t-on.
La circonvallation
se nourrit du bitume.

Plus tard viendra le rire
et la sueur glacée.
Mais pour l'instant le rêve
a besoin de rouler.

jeudi 25 décembre 2025

Poinsettia de Noël

Comme l'aurait souhaité
notre bonne maman,
son poinsettia chéri
rayonne en ce jour saint.

Des mois de soins constants,
ont tiré de ses feuilles
la rougeur nécessaire
pour accueillir Noël.

Et je songe à ses nuits
drapées de velours sombre
pour faire éclore en lui 
un vermillon superbe.



Matin de Noël

Un père avec sa fille.
Vincent avec Clémence
et l'enfant nouveau-né
illumine la crèche.

C'est un jour de naissance
dans un bourg de l'Auvergne.
Un Seigneur nous est né
au creux d'une mangeoire.

La fille nous sourit
dans les bras de son père.
Que belle est la culture
passant de main en main.











photo : Carolane

Formosa Germalina

Camines per l'escena
amb peücs de paper.
Ets una dona humil
que sap de la pobresa.

A dintre del teu cor
brilla un milió d'estels,
la voluntat constant
de complaure el Senyor.

Formosa Germalina
ta bellesa és de l'ànima.
Quan surtis de l'escena
t'escriuré mil besades.



Los amantes del coche

Los amantes del coche,
pareja de la noche,
con la cara risueña,
pareja navideña.

Han enviado a la madre
un mensaje de amor.
El amor a la vida
con su vida de amor.

Los amantes del coche,
mensajeros de paz,
circulan por las calles
con repartos de Globo.




















foto: Jay 

Voyelle vive

J'ai placé sur ton mur 
une voyelle vive.
La forme de tes lèvres
tressée de mille fleurs.

Et j'en ai fait la source
de mes vers de la nuit
me glissant à l'oreille
le prix de chaque chose.

Un ''O'' d'étonnement,
un cri de joie soudaine.
Ton sourire d'enfant
riant devant ma voix.

mercredi 24 décembre 2025

Bon Nadal / Joyeux Noël

D'entre la boira espessa
he vist sortir l'Infant
amb corona de gebre
i llavis de robí.

És un savi en petit
que domina la llengua,
no pas els sons distints
mes la veu de tothom.

Aquesta veu callada
que cadascú té a dintre.
Una veu de concòrdia
que nos diu Bon Nadal.

***

D'entre la brume épaisse
j'ai vu sortir l'Enfant
tout couronné de givre.

C'est un sage en petit,
qui maîtrise la langue,
non pas les sons distincts
mais la voix de nous tous.

Cette voix silencieuse
que chacun porte en lui.
Une voix de concorde
qui dit Joyeux Noël.








photo : Vincent Bourret

Liminaires

J'ai laissé le miroir 
pour prendre le chemin,
en délaissant mes rêves 
pour les rêves d'un autre.

Le père d'un jeune homme 
installé à Cachan,
ayant pour viatique 
les songes de son père.

Et je goûte ses mots,
le massepain de l'encre. 
Je ralentis mes pas 
en marge du récit.

Autobiographie
un bel hexasyllabe 
qui fait naître des vers 
au milieu de la prose.

J'ai quitté ma chasuble, 
mon chapeau, mon coutil
pour épouser le fil
du tissu de Willy

et je suis bienheureux
sur la route du livre.
La nuit peut bien attendre
avec son Nouveau-né.

Avant le soir tombé

À Camille & Jérôme

J'ai reçu des enfants 
des présents essentiels :
le livre avec le vin,
le vin avec le livre.

La terre enracinée 
et l'homme qui voyage.
La marche infatigable
et le vieillissement.

Le tanin des coteaux
et l'encre du Gabon.
Les plaines et les champs
qui fondent le récit,

la glaise limoneuse
qui retient les parfums,
avant le soir tombé
où rêvent les buveurs. 

mardi 23 décembre 2025

Papillons légers

Me taire et deviner.
Deviner tes pensées
et les mots qui en naissent.

Des papillons légers
aux ailes mousselines
toutes veinées de gris.

Des portées pour écrire
les chansons fredonnées
et les amours heureuses.

Me taire et puis t'écrire,
sans cesser de penser
à ces mots qui s'envolent. 

lundi 22 décembre 2025

Frappe

Des doigts qui frappent
et du texte qui naît,
je retiens la caresse
première

                de leur pulpe
sur ton dos, au soleil,
face à la mer si lente.

Si les lettres sont noires
et le fond est si blanc,
pourquoi la nostalgie
qui s'y déploie

          me bouleverse-t-elle ?

Le souffle du silence

C'est au creux des silences
que se niche ce souffle
qui a de l'amitié
la force et la constance.

Il est l'ombre légère
de l'âme sa compagne
et sourit à l'envi
sans qu'on le lui demande.

Le silence est ainsi
que l'on prend pour l'oubli,
alors qu'il se repaît
des vestiges du temps.



Xicot / Un gamin

És un noi eixerit,
el xicot de sa mare
o de son estimada.

Porta faixa vermella
amb un barret de feltre.
Presumeix a les fires.

És un noi ben nostàlgic.
Sap que el seu posat bell
no l'eximeix de ser vell.

***

C'est un jeune débrouillard,
le préféré de sa mère
ou de celle qui l'aime.

Il porte ceinture rouge
et un chapeau de feutre.
Il fait le coq dans les foires.

C'est un jeune un brin nostalgique.
Il sait que sa fière allure
ne lui épargne pas de vieillir.

samedi 20 décembre 2025

Instants

Le temps a beau passer,
j'en aime les instants.
Ma fille souriant
tout contre une beauté.

Et j'aime ce moment
qui la rend si présente
dans un instantané
que m'envoie sa maman.

Que le temps soit prodigue
en ces petits miracles. 
Le sel de cette vie
naît de tous ces instants.

De Jean à Jésus

À mon cher fils Vincent

Il faut que je défaille
pour que tu montes enfin.
La perte de mes heures
porte en germe les tiennes.

Je succombe au néant
et me crève les yeux
pour que tu sois l'orient
du soleil à venir.

Je suis Jean le Baptiste
et toi Jésus le Grand.
Quand tu fructifieras,
on m'emprisonnera.

Ma tête décollée,
je serai le prophète
des siècles à venir,
de solstice en solstice  

Mais c'est toi qu'on verra,
Jésus de Nazareth
et c'est moi qu'on taira 
pour que tout s'accomplisse 

Le boulanger n'est plus

Le boulanger n'est plus
qui régalait les gens
de la mie de son pain.

Et sa porte est fermée
qui naguère accueillait
un chat dans son fournil.

Le boulanger n'est plus
et le village pleure
les miettes disparues.



Douceur d'un soir

Mais qu'il est doux de voir
son fils devenir père,
au fil des mois qui passent 
au bras de son élue.

Et je cueille le soir
des milliers d'éclats vifs
dans les yeux de leur fille
et la voix de leur fils.  

Mais que la vie est belle
qui me laisse un répit
pour apprendre à chaque heure
de mes petits enfants.

Papier peint

Il est un papier peint
qui cherche la couleur
dans le cœur de chacun.

Il suffit d'un moment
et d'une voix qui danse
pour le voir s'envoler.

Et puis la voile blanche 
s'en va doucettement
dessus la mer de Chine

et son encre limpide
qui fait rire les jeunes
et rêver les anciens.

Le limonaire de Noël

Les contes de mon frère
attendaient sagement
qu'il ouvre leur volume
et qu'il leur donne voix.

Au mur quelques clichés,
tirés d'entre leurs pages, 
et puis dans chaque oreille
une jolie musique.

Comme une manivelle
opérant lentement,
Il fait naître des sons
de son beau limonaire.

Et la magie opère 
Et le passé revit.
Un petit parapluie
est un tapis volant

qui vole prestement
de la blancheur du lieu
à l'esprit de chacun
et à la joie de tous.

J'imagine sans peine
la scène dans sa voix
et notre bonne mère
nous serrant fort le bras.


Photo : Alicia Defendini




jeudi 18 décembre 2025

Du laurier aux chevaux

À L. et Ph.

Elle a nom de feuillage
et lui de chevaux fous.
Elle cultive des fleurs
et lui des amitiés.

Les amants de Saint Jean
leur en seraient jaloux
mais ils n'en ont que faire
au cœur de leur village.

Après la Saint-Sylvestre
et le début de l'an,
ils iront dans une île
savourer leur amour. 

El batlle sense batllia

És un prohom del poble,
un batlle sense vara.
Coneix els comerciants
i la gent del carrer.

El seu ajuntament
és una sala gran
on parlem de partits
mes pas dels elegits.

Parlem de sis nacions
i d'un gran club de rugbi.
Portem al cor senyeres
amb un got de vi bo.

Galopins

Des ballons de douceur,
passant de main en main
et un nom singulier
venu des brasseries

où les jeunes garçons,
courant de table en table,
s'arrêtaient un instant
pour écluser un verre.

De la bière légère
dans un verre en ballon.
Une pause bien fraîche
avant de repartir.

Les larmes de Florent

À F. L. respectueusement

Ce sont des larmes chaudes,
des larmes d'émotion.
Comme un bambou tranché
passant de main en main.

Le souvenir soudain
d'un ami parti loin,
dont un crochet retient
la présence éternelle.

Un joueur de rugby
et sa tenue posée
dans un vestiaire blanc
du stade Georges Vaills.

J'ai vu couler les larmes
de l'ami de toujours.
Et j'ai senti une ombre
l'appeler tendrement.

jeudi 11 décembre 2025

Visita caramel⋅litzada

Un grapat de colors
i tota una mà plena
de dolçor en paper
per alegrar la tarda.

Un regal de la Fina
tot caminant plegats
entre la fusta clara
i els arbres del Jardí.

Uns vaixells ensucrats
per vogar pel full blanc
d'aquarel⋅les dels camps
i dels boscos silents.

Una hora de passeig
amb sabor de pinyons,
sota la capa tendra
d'un caramel marró.



lundi 8 décembre 2025

Roser

Elle est celle que j'aime.
Elle est ce que j'ignore
et qui me vient soudain
ou progressivement.

Elle est l'indépendance,
le sentier dans les bois,
et la marche plus lente
aux côtés de l'aimé.

Elle est l'inattendue,
jamais l'inespérée,
car ses pieds sont sur terre
et son cœur dans le ciel.

Elle a cinquante-cinq ans
et moi soixante-six.
Que d'étranges miroirs
sur le tapis de jeu.

Elle écrit des romans
et moi des poésies.
Que j'aime la symbiose
de nos écrits distincts !

Elle ne croit qu'au présent
et jamais aux chimères.
Et moi je crois en elle
et au sort qui nous lie.

dimanche 7 décembre 2025

Si les tables parlaient

Si les tables parlaient
d'entre mille fissures,
si elles nous racontaient
les soirées du café...

Les joies des habitués
et les pleurs de certains
que la malefortune
a frappés un matin.

Si elles nous racontaient
les encas partagés
le vin, les cochonnailles
et le pain d'à côté.

Si les tables parlaient
du chiffon qui efface
les peines et les joies
quand la journée se clôt.

Si les tables parlaient,
elles se feraient poète
et je vous quitterais
sur la pointe des pieds.

Martine à Can Fafa

Martine est la fidèle,
la fidèle du lieu.
Elle vient le matin
et salue tout le monde.

Et que seraient les murs
du café s'éveillant
sans ce sourire franc
qui souhaite le bonjour ?

Martine dit le temps
de l'automne joli
comme une éphéméride
dont elle nous lit les pages.

Franck

Il est l'homme du seize,
du seize de janvier.
Il porte en lui l'histoire
de la cité verrière.

Les courses de l'enfance
et la vie des cafés,
les serres effondrées
sous le poids de la neige.

Il m'invite à sa table
manger des cochonnailles.
Des pâtés d'un chasseur
qu'on nomme Léonard.

Et en quelques minutes
je sens l'odeur des champs
s'inviter à la table
où Franck nous a parlé.

Un repas fin

Le jour n'est pas si loin
où le lieu tant aimé
ne sera plus à nous.

Nous avons décidé
d'un ultime repas,
pas vraiment de la fin.

Plutôt d'un repas fin.
Une occasion ultime
de poser nos regards

sur la nappe si jaune
qui nous a réunis
autour des grands-parents.


Rendez-vous le mardi 30 décembre
à midi chez Mamie. 

Els poetes són ells / Ce sont eux les poètes

Asseguts a la taula
de fusta clara i vella,
han donat a les pàgines
la calor dels seus dits.
Els poetes són ells.

Tres tasses de cafè,
blanques i elegants,
abandonades de cop
pel plaer de llegir.
Els poetes són ells.

Quin honor de los veure,
cadascú amb sa vida,
dedicant un quart d'hora
als meus versos lleugers.
Els poetes són ells

***

Assis à la table
de bois clair et vieux,
ils ont donné aux pages
la chaleur de leurs doigts.
Ce sont eux les poètes.

Trois tasses de café,
blanches et élégantes,
abandonnées soudain
pour goûter la lecture.
Ce sont eux les poètes.

Quel honneur de les voir,
chacun avec sa vie,
consacrant un quart d'heure
à mes vers légers.
Ce sont eux les poètes.













photo : Philippe Farriol