dimanche 26 avril 2026

Poeta del menjar

Què seríem sens ell,
el bon mestre Philippe
vingut a la terrassa
per ensenyar a viure?

A viure i a cuinar
abans de compartir
un àpat col·lectiu
de faves i paella.

Què seríem sens ell
poeta del menjar
i del plaer de viure,
de viure i de conviure.



Pour fêter le printemps

Un buisson de baguettes

cueillies à Saint-André.

Bernard le généreux

pourvoie les cuisiniers.


Du pain à partager

avec tous ses amis

le vin et la ventrêche

sans qui ils ne seraient


des hommes du dimanche,

des hommes de Palau.

De dignes bon-vivants

qui fêtent le printemps.




Enfeinats

Esmorzar de diumenge

d’uns homes enfeinats.

Han deixat les carxofes

pel vi i els embotits.


És un moment sagrat

per regraciar la vida

i prendres forces noves

per tornar a la feina.


No fan com el poeta

que xerra sens pencar.

S’estimen més callar

abans de treballar.




Concentració extrema

Amb ganivet d’acer,

en Jean-Luc converteix

un tros de cansalada

en bocinets petits.


Al peu de nostra iglésia

a l’hora d’esmorzar

prepara el dinar nostre

sense aturar-se mai.


Una labor immensa

que fa amb parsimònia

com per retre homenatge

a la cuina d’aquí.




Per regraciar la vida

Han tallat en bocins
unes tendres carxofes
amb sengles ganivets
d’acer transfronterer.

Les posen en remull
d’una aigua envinegrada.
Diumenge al dematí
a la terrassa nostra.

Preparen el dinar
que compartirem prest,
a l’hora del Senyor,
per regraciar la Vida.



L’homme des braises

Il est l’homme des braises,

de l’amitié constante

et de ce feu qui couve

pour enchanter son monde.


Sans nulle vanité,

il s’attache à complaire

à tous, grands et petits,

qui entrent dans son monde.


Un jour il nous régale

de saucisses grillées,

en un bouquet sacré

des merveilles du monde.




Compartirem l'estiu

Compartirem l’estiu,

la dolçor de la mel

de les postes de sol.


Els teus ulls al matí

fugint de la calor

que tostemps ens abraça.


Mes l’estiu és tan lluny

que assaboreixo abril

en dolça melangia.

















foto: Joan Verger

samedi 25 avril 2026

Generositat

La generositat

dels amics reunits

per desgranar les faves

del dinar de demà.


Els dits com un compàs

treballant en cadència

per treure la tavella

d’una incisió precisa.


Més de cinquanta quilos

a l’hora del vermut,

tot xerrant de la vida

i del partit perdut.


Pensaré en vosaltres,

amics meus generosos,

quan menjarem plegats

les faves despullades.




Halo

  À des reflets d'argent
La mer
Des reflets changeants.
Charles Trenet

Je cherche le halo
qui sait tirer des toiles
une lumière juste.

La pureté du ciel
qui fixe le clocher
et donne à l’habitat
l’air d’une ribambelle.

Et, sous l’alignement,
la mer et ses paillettes.
Le cliquetis des vagues
allégeant le tableau.

J’ai trouvé la lumière
qui est née de la toile
en lente transparence.



© David Newcomb

Autoportrait

Étrange autoportrait

qui me parle tout bas

et arrête ma course

sur l’antique coursive.


J’y vois comme un Van Gogh

délaissant la Provence

pour le sel et l’anchois

de la Côte Vermeille.


L’infinie lassitude

d’un voyeur d’absolu

dessinant des virgules

au bout de son pinceau.


Et j’aime l’étendard

qui drape sa personne

d’un bleu atemporel

entre le ciel et l’eau.

















© David Newcomb

Jeu de bleus

Que j’aime le jeu tendre

des bleus de cette toile.

L’infini de l’azur,

l’épaisseur du crépi.


J’imagine le peintre,

la lenteur de ses gestes.

Ses interrogations

devant un paysage.


Le temple protestant

de la ville où il vit,

comme le point central

qui ménage les marges.


Comment une impression,

saisie dans l’air du jour,

peut-elle être à la source

de tant d’intemporel ?


Je reviens à la toile,

je pense à mon village

qui l’accueille au printemps

pour deux à trois semaines.














© David Newcomb

mercredi 22 avril 2026

Moviment perpetu

Han recreat la lluna
en la blancor del sostre.
Trencant la gravetat
pel cercle d’una roda.

Una roda de bici
sense goma ni frens.
El moviment perpetu
de les hores de goig.

No veurem la bombeta
que afaiçona les ombres.
Un llum provisional
de vidre i de calor. 



mardi 21 avril 2026

Franchir la distance

Sous la blancheur du masque,

tapie dans l’embrasure,

je sens naître la forme

qui s’appuie au balcon.


Les fréquences sont basses

qui tissent des visages

et ces visages parlent

du fond de leurs yeux creux.


La noirceur ne dérange

que l’étranger à l’art.

Qui aime se surprendre

franchira la distance...










photo : Christian Erre

Com neix un somriure

La costura és de fil,

la ferida és del cor.

Quanta bellesa neix

de tanta dissemblança.


La foscor aparent

és font d’interrogants.

La verticalitat

es fa horitzontal.


Ben prest neix el somriure

entre llavis de pell.

El somriure d’un cor

que surt de la negror.









© Marta Blàzquez

Le rugby des vacances

Les parents, les enfants,
le rugby des vacances.
Les âges se mélangent
mais le cœur est un seul.

Un samedi matin,
sous le soleil d’avril,
on jouera à toucher,
viens jouer avec nous.

Si tu es un enfant,
amène tes parents.
Et si tu es parent,
chausse donc tes crampons.



lundi 20 avril 2026

Sous les cimaises, les pages

Le livre est sur les murs
qui attend la reliure
et le séjour ombreux
derrière les tentures.

C’est un livre tout neuf
qui a quitté les presses
pour éprouver le souffle
des visiteurs du soir.

Bientôt viendra le temps
d’un autre vernissage,
son inauguration
sous les doigts des amants.