J'ai laissé s'installer
le décès de ma mère
et j'ai laissé passer
les jours en travaillant.
le décès de ma mère
et j'ai laissé passer
les jours en travaillant.
À des choses petites
et pourtant essentielles.
Avec mon cher Alain,
mes enfants, mes neveux,
ma compagne et les leurs.
Sur cette nappe jaune
où elle aimait remplir
ses tendres mots croisés.
Et le manque s'installe.
Et le manque me fait.
Je suis fils de ma mère
qui aimait tant la terre.
Je dois à cette terre
tout l'amour de ma mère
et à chaque buisson
la caresse des yeux.
Qu'il est dur de la perdre
et doux de la savoir
si présente à mes gestes
du matin à la nuit.
Elle m'a appris à vivre,
à ne jamais froisser
le don de cette vie
qui à bien peu échoit.
Elle était l'élégance,
elle était la constance.
Jusqu'à sa dernière heure,
elle souriait toujours.
Dernière action de grâce
devant un bol de soupe,
préparé tendrement
par son amie Fatiah,
compagne de ces heures
qui la verraient s'éteindre,
le cœur plein des saveurs
de l'Algérie lointaine.
Et puis dorénavant
il m'appartient de vivre
sans sa main délicate
mais dans son cœur présent.