tresca per arribar
a la festa que donen
els amics de les arts.
Si s’ha pintat els ulls
és per complaure a tots
els amants de l’amor
i les amades tendres.
El cavallet de mar
m’ha portat la paraula
d’un poeta d’abans
i d’un pensador d’ara.
Mais que les fleurs sont belles,
tout en délicatesse,
qui donnent à Can Fafa
un surcroît de couleurs.
C’est l’amour qui les guide,
l’amour de la fleuriste
pour le fier cafetier
qui les a accueillies.
Car il est fier du lieu,
comme il s’enorgueillit
de cueillir en son sein
les fleurs les plus jolies.
Histoire sans parole…
Si les voix se sont tues,
c’est pour laisser les fleurs
parler à notre place.
photo : Philippe Farriol
De la ferme au repas,
suivez le beau trajet
des cochons de Philippe.
Élevés plus au sud,
à l’ombre des Albères,
ils ont la tendreté
des bêtes que l’on aime.
Que l’on aime observer
se vautrer dans la boue,
avant de fondre en bouche
dans un bain de senteurs.
Du repas à la ferme,
suivez donc le trajet
d’un éleveur des âmes.
Un père avec ses filles,
un dimanche de juin.
Les couleurs de l’été
brassées avec de l’or.
L’or blond des galopins
tranchant avec le brun
des pintes de Guinness
que le rugby appelle.
Un père avec ses filles,
communiant au café
pour fêter la victoire
qui s’y est préparée.
Et pour un match d’accès,
j’aime ces désaxés.
Ce trio de Farriol
inventant un destin.
Le destin de l'USAP
que l'on croyait perdue
mais qu'ils savaient gagnante
sous les coups de... Labit.
J’ai lu la plénitude
des vers contre l’oubli.
Le combat des griffures
contre la page en blanc.
Les pleins et déliés
et l’encre qui dégoutte
de la plume penchée
dans le soir qui se fait.
J’ai lu la plénitude
puis me suis oublié
dans des vers odorants
qui me l’ont rappelée.
En menjar tres cireres
després de fer un vot,
penso en les seves flors
que m’omplen de plaer.
Promesa de futur,
de fruïció lleugera,
de berenars sobtats
a l’ombra de les branques.
Nostàlgia del passat
i de l’abril proper,
de la bellesa pura
d’unes flors de passió.
© Andrée Deneuvis
La lune est en son plein,
si pâle, si ronde.
Une crêpe légère
attendant le gourmet.
J’y ressens l’évidence
d’une force cachée,
venant de ses entrailles,
de sa face cachée.
Ainsi est ton esprit
qui sourit et rayonne.
On le croit volatil,
on oublie sa puissance.
Derrière la bâtisse,
parmi les herbes folles,
j’ai vu pousser deux arbres
aux couleurs de l’été.
L’un était tout fleuri
de rouge avec de l’or,
comme pour vaincre la nuit
qui tardait à venir.
C’était un grenadier
promettant pour bientôt
des grappes de rubis
sous une écorce dure.
L’autre était tout chargé
de fruits déjà formés.
Des pamplemousses jaunes
attendant la cueillette.
C’était un soir de juin,
au sud de Rivesaltes,
nous devisions gaiement
sans penser à demain.
Et demain est venu
me rapporter soudain,
avec les herbes folles,
mes deux arbres aimés.
Deux langues ennemies
par la folie des hommes.
Le russe et l’allemand
opposés dans un camp.
La nuit et le brouillard
des corps qui y succombent
ou voient fleurir l’espoir
d’un lendemain possible.
Et entre ces deux langues
une femme écrasée
qui deviendra mutique
au sortir de ce camp.