qui regarde et qui lit,
mardi 13 octobre 2026
Sans nul besoin des mots
qui regarde et qui lit,
De la boca al dibuix
la circularitat
Texte et tissu
un tissu de douceur
ou bien la toile rêche
d’un récit de douleur.
Il sait entrelacer
le silence et les mots.
La noirceur de son encre
et le blanc de sa peau.
Le texte est une attente
de la voix singulière
qui lui fera quitter
l’Olympe pour la plaine.
Couronnement en rouge
Les dix doigts de la main,
les dix doigts du désir.
Non pas des ongles peints
mais des piments choisis.
Et voici que les plantes
abondent l’aquarelle
en accents vermillon
du corps à la racine.
De la cultivatrice
ou de l’aquarelliste
qui est le créateur
de ce couronnement ?
© Patrick Bieuvelet
samedi 10 octobre 2026
Ambosta
Ambosta d’aigua tèbia.
Ambosta de besades,
quan m’has obert les mans
per compartir tendresa.
Una ambosta de grans,
de llavors de futur.
El blat xeix de l’amic
tret del seu diccionari.
Quan vaig deixar Menorca,
ho vaig fer amb mans plenes.
Una ambosta d’arena,
de llavors de futur...
jeudi 8 octobre 2026
Una bossa velera
Una bossa penjada
esperant l’endemà.
Una bossa de lli
o, potser, de cotó.
Una bossa mig buida,
esperant ser omplerta
amb somnis d’infinit
o quincalla barata.
Una segona pell
esperant una barca,
un bergantí goleta
de què serà la vela.
© Marta Blàzquez
mercredi 7 octobre 2026
Llavis de mots
Són uns llavis de mots,
de ploma i tinta blava,
de sucoses vocals
i de consonants ronques.
No coneixen la carn,
la dibuixen però,
amb lletra de Joan Pau
i frecs de sa guitarra.
Són uns llavis de mots
que m’ofereixen un bes
quan els cullo amb els ulls
i me’ls guardo secrets.
Une clé bien spéciale
J’ai gardé un trésor
depuis bientôt trois ans.
Je l’ai gardé à clé
dans mon cœur de papi.
Et voici que bientôt,
dans moins d’une journée,
une jolie fillette
m’en donnera la clé,
car la clé de Clémence
sait ouvrir chaque cœur
de sa grande famille
qui vivra ses trois ans.
Flor de l'instant
He trobat una flor
al jardí del costat.
Una rosa desclosa
per la pluja d’octubre.
Una flor de l’instant,
despullada pels vents
que secaven els plors
dels pètals separats.
Li he donat un bes
amb mos llavis de sang
car mon cor bategava
per la flor de l’instant.
Difformité enjouée
qui se joue des couleurs
et je retrouve Ensor
sous le pinceau ami.
La scène est à Leucate.
Pêcheurs et mareyeurs
se sont donné le mot
pour festoyer ensemble.
La ronde des amis
des amis de Collioure,
crique de liberté
sur la Côte Vermeille.
Floreta de l’oblit
Floreta ruderal,
floreta de l’oblit,
nascuda entre la runa
o a peu de carrer.
Han passat sense veure’t.
t’han regat les pixades
dels teus amics els cans
tan oblidats com tu.
Floreta ruderal,
no t’oblidaré mai.
M’has pintat la mirada
amb colors de l’instant.
lundi 5 octobre 2026
Ombres cueillies
Tu cueilleras ton ombre,
je cueillerai la mienne.
L’eau est si bienveillante
qu’elle préserve leur vie.
Des ombres en couleurs.
Pas des linceuls de gris.
Des ombres qui tremblotent
au hasard de nos ondes.
Tu cueilleras mon ombre,
je cueillerai la tienne.
Nous voilà appariés
par l’œil du photographe.
© Jordi Moltó
Un verre et une fleur
J’aime ce verre d’eau
où flotte la lumière
qui donne à la tulipe
une élégance née.
La fleur n’est pas gracile
mais le verre l’affine.
J’y vois toute la force
des pétales fermés.
Les feuilles entrouvertes
jalousent le Bordeaux
de la fleur délicate
qui attend ton baiser.
© Toni Veres
Décor de théâtre
Un décor de théâtre :
des maisons suspendues
aux fils du téléphone
comme des étendards.
L’eau de l’île a rempli
la toile qui s’étend.
Jamais une aquarelle
n’a semblé plus légère.
Et c’est une sardane
que dansent les demeures,
nostalgiques soudain
de Collioure leur sœur.
© Patrick Bieuvelet
dimanche 4 octobre 2026
Un mar de verdor
És un mar de verdor
que toca el cel dels àngels
i li dona color
per passar-hi mig segle.
Al peu del Monte Toro,
les parcel·les naveguen
com llaguts extraviats
cercant rumb a la vida.
Hi colliré tres arbres
de fullatge verdós
per recordar tostemps
l’illa que tinc al cor.
© Pere Pons Pons





