Papé était marchand.
Un vrai marchand de sable.
De sable de rivière,
tout près de l’embouchure.
Sable du quotidien,
sable des bâtiments.
L’ingrédient essentiel
du liant des parpaings.
Mais il rêvait d’un sable
un peu plus épicé.
Le sable de la côte
tout gorgé de soleil.
Alors il s’asseyait
sur son pliant de toile
et regardait la mer
où se baignait son sable.
Le sable de ses rêves
qui regardait l’Orient,
s’imprégnant des odeurs
des caravansérails.