La mer est si étale
et toi si peu de choses.
Alors tu as pris tes palmes
pour te grandir un peu.
Ton épaule choisit
de briser le miroir
de l’onde mordorée
et de chercher l’obscure.
L’obscure profondeur
de la froideur salée
que ta nage néglige
car tu n’es pas plongeuse.
Tu nages le matin
pour remercier le jour,
en gagnant le levant
où la lumière naît.
Ainsi est ta journée
en son point de conscience,
la nuit ta libérée
des rêves de lourdeur.
Tu marcheras longtemps
sur ton clavier aveugle
et tes doigts rêveront
à l’onde où tu nageas.