Mes doigts jetèrent des baisers.
Guillaume Apollinaire
Je regarde mes mains
et je regarde l’onde
qui coule sous mes pas
le long de ce ruisseau.
Et je pense à ma mie
là-bas dans le village
qui coud des étendards
avec de vieilles dames.
Si j’ouvre mes deux mains
comme un drapeau de roses,
je sens sa douce aiguille
en coudre les couleurs.
Mais si je clos mes yeux,
s’envolent mes pensées.
Au bout de chaque doigt
se détache un baiser.