Walkin' in the darkseein' lovers do their thingRoberta Flack
mercredi 16 août 2023
La paix des amants
jeudi 6 juillet 2023
Leo
amb nom falb i pell suau,
lundi 26 juin 2023
Com un respirador
enmig del campanar,
mercredi 11 janvier 2023
Suave lueur d'un feu
mais qui couvait encore, en doux crépitement,
imitant de sa braise le baiser des amants
et l'étreinte légère des fougueux galantins.
Donne-moi des épices, sans en ouvrir le pot,
de crainte d'altérer, leur piment écarlate.
Enferme le bourgeon, bien avant qu'il n'éclate,
car qui ne joue jamais, ne touche pas de lot.
Or je voudrais pour toi, des choses fabuleuses,
un briquet tout glacé, un sorbet en fusion,
deux ou trois choses vaines, dont on fait collection.
Pendant que tu t'endors, écoutant ma berceuse,
je tiens cette lueur, au creux de nos vingt doigts,
attendant de l'aurore notre révolution.
dimanche 31 juillet 2022
Parla'm
digue'm coses. N'obliré
vendredi 21 janvier 2022
Pubis angelical. Una petita al·legoria de l'amor angèlic i del sexe demoníac en temps prepandèmics.
Vint-i-nou nits a Sant Petersburg en trenta-dos capítols. Un llibre prim i dens que combina elements de bildungsroman, novel·la d'enigma i al·legoria.
Coincideixen dos joves estudiants catalans a la ciutat de Dostoievski amb motiu d'un curset de rus dedicat essencialment als verbs de moviment. El duet fa pensar en els dependents del film Tapas del José Corbacho. Mentre l'un -el Roger- és reflexiu i inquiet, l'altre -l'Àlex- s'inventa relacions íntimes amb veïnetes de la residència.
Arran d'una trompada tan violenta com inesperada amb un personatge sulfurós -el Serguei alias Vladimir-, l'Àlex entrarà dins una veritable maquinació eròtico-sexual abans de baixar als inferns orgíacs i de tornar a la vida anterior després d'un terratrèmol tan al·legóric com narrativament real.
Dues-centes pàgines que es llegeixen d'una tirada. Bon ritme, narració precisa, estil concís i eficaç.
Precipiteu-vos-hi...lentament.
Jordi Ubach, Vint-i-nou nits a Sant-Petersburg, 96 EDITIONS, 2019, ISBN 978-84-17213-56-5
mercredi 3 novembre 2021
C'est en trois
ne jamais être enseveli.
Poudre grise et légère,
sous le vent turquoise de l'île.
Les enfants me chanteront, ou non.
Qu'importe. Leur désir seul compte
et les pas qu'ils dessinent déjà
me sont d'un infini réconfort.
Jamais, je ne veux être enseveli.
mercredi 11 août 2021
Abismació
del petit poema en llengua franca
que acabo de dedicar a un amic nou.
Ballen les paraules al teu compàs
i em sorprenen les ones que l'emmarquen.
Delícia dels caràcters curosos i del sagnat
com si dialoguessis amb mi més enllà
de la gentil dedicatòria. L'hi portaré
aviat. Peró abans n'acariciaré el full.
vendredi 26 mars 2021
On ne touche pas
C'est un roman bref, l'un de ceux que l'on glisse dans une poche que le tabac a évasée ou sur le tableau de bord d'un vélo d'appartement désespérément statique.
L'argument tient en une poignée de pétales de myosotis ou l'un de ces minuscules strings qui jalonnent le récit.
Une professeure de philosophie d'un lycée de la banlieue nord de Paris, le jour, occupe certaines de ses nuits à se dévêtir et à danser dans une boîte chic des Champs Élysées. Joséphine se mue alors en Rose Lee, clin d'œil à la pionnière de cet art secret.
«Dans ses yeux exténués, je suis très belle.»
C'est cet hendécasyllabe, beau comme la nuit, qui m'a invité à vous en parler, au terme du chapitre 3, bien avant la moitié de l'ouvrage, à la façon d'un Work In Progress, pour jouer les cuistres joyciens à la petite semaine.
Un roman tendre sur les adolescents, malgré ou grâce à leur fureur, un libelle caustique sur la médiocrité des proviseurs que l'on rémunère hors-échelle comme ces universitaires qu'il rêvent d'être mais que leur asservissement -à la hiérarchie, aux parents, au qu'en dira-t-on - barre définitivement.
Roman d'une petite fille jadis laide et sans jouets, claquemurée entre des livres hors d'âge, et qui a vécu les oraux de l'agrégation comme la pire des tortures, saignant plusieurs semaines durant, pour renaître dans l'effeuillage, quelque dix ans plus tard.
Je porterai longtemps ce livre en moi, comme un vade-mecum, ou, mieux encore, un viatique aveuglément noir,
pour faire un dernier clin d'œil, à Nerval, cette fois.
Précipitez-vous y. Lentement...
mardi 23 mars 2021
Une lecture
Petite, essentielle.
Un livre mince et délicat,
fleurant bon le lointain,
trop grand pour la poche,
assez large pour le cœur
qui s'y réchauffe vite,
très vite. Et il n'y a de
train qui vaille ni souper
attentionné pour arrêter
la course des yeux, l'empreinte
tiède des doigts. Maïa et Julien
retrouvent l'amour, le dessinent,
l'inventent, sous l'éventail
d'une cartomancienne complice,
faisant naître leurs enfants
tout en haut des arbres, tout
contre des étoiles qui, un jour,
les verront, eux aussi, danser.
mardi 13 octobre 2020
Escorces
Arbres de tardor,
plorant regalims freds
per l'escorça despullada.
Arbres tremolosos de febre
i que no saben queixar-se,
sense boca ni ulls.
Arbres de fulgor,
resant mutíssims precs
per la nuesa del pati.
***
Escorça amb llana
Algú ha sentit els precs
silents o és la casualitat?
Unes mans s'apropen amb llana
de color i, molt a poc a poc,
comencen a vestir els troncs,
a la manera d'uns Arlequins
de fira. Deixa de ploure i
pels carrers engalanats, passa
la fanfara. Dolçor d'octubre.
mercredi 9 septembre 2020
El futbol compartit / Le football partagé
la pantalla fosca. Ara tota
de colors vius, verd sobretot.
Ens havíem instal·lat, còmodes,
el Víctor i jo i xerràvem, mentre
els jugadors anaven i tornaven
per un estadi buit de gent i ple
de propaganda presumptuosa. Hores
màgiques d'un pare amb un fill seu.
***
Cela faisait longtemps que je ne regardais pas
la lucarne sombre. À présent toute
de couleurs vives, du vert surtout.
Nous nous étions commodément installés,
Victor et moi et nous bavardions, pendant
que les joueurs allaient et venaient
dans un stade vide de gens et plein
d'une propagande vantarde. Des heures
magiques d'un père avec un de ses fils.
mercredi 6 février 2019
Horitzó / Horizon
del teu got tebi de cuir tendre
i guaita com salva les cegues
fronteres de la taula de fusta
fosca. L'horitzó no té límits
ni es pot mai arrestar. Millor,
molt millor. Sense miratge viu,
l'home perd l'esperança i, de cop,
es deixa endur pels plaer fàcils
i barats. pobre horitzó d'estraperlo.
***
Verse lentement le contenu
de ton verre tiède de cuir tendre
et regarde comme il franchit les frontières
aveugles de la table de bois
sombre. L'horizon n'a pas de limite
ni ne peut jamais être arrêté. C'est mieux,
beaucoup mieux. Sans un vif mirage,
l'homme perd espoir et, d'un coup,
se laisse emporter par les plaisirs faciles
et peu chers. Un pauvre horizon de marché noir.
jeudi 2 mars 2017
Ovides
s'en extasier. En français :
Ô vie !, en catalan : Oh vida!
Se détacher de l'actualité
politique, de ses fausses attentes
et de ses durables simagrées.
Varier les supports et les langues.
D'Ovide, l'art d'aimer en français,
Ovidi Montllor jouant Oriol en espagnol
dans La fuga de Segovia, puis chantant
«La samarreta» en catalan. Ovide, Ovidi,
Ovides multiples, à la sève intarissable.
mercredi 9 décembre 2015
Retarder
ne plus tenir, délaisser le mince
volume qui captive, essai de vie
sur une image sépulcrale,
allumer vivement la lampe latérale,
saisir nerveusement les cent quatre-vingt-dix
pages serrées sous une jaquette blanche
et odorante, la déplier, la retirer un temps,
s'émerveiller du contraste entre le noir de la
brochure et la pâleur de l'emballage. Lire en
positif puis en négatif la quatrième de couverture
comme une invite à retarder encore plus la lecture,
abandonner enfin, ouvrir le volume largement, y plonger
le nez, humer le velin bouffant sucré par l'encre sèche,
se rendre compte de l'artifice de la fraîcheur, feindre
la déception -achevé d'imprimer en août, pourquoi a-t-il
attendu octobre pour être légalement déposé ? -, reculer
son visage, pêcher des pages au hasard, pécher -beaucoup-
en en bouleversant l'ordre, puis se laisser gagner par la
lecture et envoyer la nuit finissante au diable vauvert.
«On ne peut écrire sans désir», proclamait en un faux vers
de romance le livre demeuré de côté, en attente, en stand by,
comme disent les réclames. Et la lecture, sans désir se peut-elle
aborder ? Je ne sais. Je pense à celle qui me l'offrit.
(Ma mère du Nord de Jean-Louis Fournier vs Leïla Mahi 1932, un essai de Didier Blonde)




