On te dit pécheresse,
toi, Marie-Madeleine.
Moi je te vois si libre
les mains dessus les cuisses.
Tu offres au spectateur
ce que tes yeux ignorent :
la beauté de ton dos
qui respire l’effort.
Le tétin entrevu
signe ta liberté,
voire la pureté
qui dénude ta nuque.
J’aime quand tes épaules
se soulèvent un peu
pour dire qui tu es
quand on ne te peint pas.
Une humble travailleuse
qui œuvre pour les autres,
huit heures chaque jour,
le corps voilé de gris.
Tu es pour moi la reine
qui règne sans royaume,
le modèle certain
qui guidera mes jours.
© Oscar Tebar
