Un corbeau chante il vole bas et droit
le chauffage respire à fond
il dit son texte à la chambre
pépiement des oiseaux près de la fenêtre
je mange du pain avec du tahini et du jus d’orange.
Que c’est bon ! Je mange avec appétit et en conscience.
Mon ventre grossit, tranquille et courbe
de le voir s’arrondir du dehors
m’aide à comprendre qu’à l’intérieur
c’est la vie qui grossit et me transmue
au rythme du miracle
mes tissus se dilatent
j’ai deux ventres, deux cœurs, deux âmes
la grotte doit toujours être chaude
il y parvient la lumière qu’y laisse entrer
ma chair
mon odorat me dit où est tout
le toucher traverse la peau
l’esprit marque de nouveaux silences qui lui manquaient
et repose sur l’aire, hors du temps.
Je reçois l’animal que je suis, douce et ferme
je l’invite à s’installer
on se soigne
ça me plaît.
Il est peut-être venu pour rester.
Inés Hinojosa Pérez
traduit du catalan par Michel Bourret Guasteví