J’ai besoin de t’écrire
ces mots que j’ignorais.
Tout ces mots que j’apprends
en feuilletant des livres.
Les mots les plus étranges
sont les mots quotidiens.
Je cueille l’épuisette
au détour d’un rayon.
Et, de fil en aiguille,
je remplis ma besace.
Pour toi je veux l’humide
qui glisse entre les doigts.
L’écrevisse dodue,
cachée entre les pierres
et le loukoum visqueux
tout au fond de la boîte.
J’ai besoin de t’écrire
et pour toi je sautille,
prenant garde au tombeau
où finiront mes mots.