lundi 14 août 2017

Cerises

Hannah Arendt aimait tant les cerises
qu'elle les mangeait avec le noyau,
dit-on.

Avec Günther Anders elle en fit bataille,
sous forme de joyeux devis sur leur balcon
étroit.

Le temps des cerises, mon amour, est passé
et les griottes à l'eau de vie n'ont pas
leur croquant.

Aussi, si tu le veux bien, t'écris-je, tout
en écoutant Diane de Chet Baker et Paul
Bley,

si tu le veux bien, mon aimée, nous irons
à Céret au printemps prochain et nous en
croquerons 

en terrasse, non loin du Musée d'Art Moderne
dont nous nous serons repus. Si tu le veux
bien, mon amour.