vendredi 5 février 2021
Jugant a ser llibreta
Ton parfum si léger
mercredi 3 février 2021
Sense rellotge
havia perdut el compte
i el despertar sobtat
tenia un gust d'ametlla
fresca. La pell era mar
i la mà dreta un vaixell.
Començaren a ballar, lents,
sol·lícits. Entre els dits,
s'arrossava la dansa, menuda,
brusca, torrencial i mansueta.
Les boca s'omplien de pedres,
tenien set. Cadascú begué de
l'altre abans de tornar a emprendre
la dansa de la pell i de la mà.
A la llunyania, un gall cantà...
Comme une pâte
une pâte légère, qui
colle à la table avant
de ployer sous le rouleau.
L'étaler sans le percer,
ménager sa souplesse opaque
et garder pour la nuit complice
les quelques grumeaux épars.
Étaler le jour, vivre de l'instant.
Une danse
ils se sont mis à
danser. Lentement,
tout d'abord, puis
de plus en plus vite.
Deux toupies de peau
claire sous un chapiteau
de coton écru. Les mains
étaient conques et la pluie
de sirop léger. Au matin,
dans la fraîcheur soudaine,
une gorgée un peu plus amère
rappelait du désir l'ombre
partagée. Le jour les reprit,
la danse ne les quitta pas.
lundi 1 février 2021
Syllabes
Somriure olorós
dimanche 31 janvier 2021
samedi 30 janvier 2021
Sonetí
al principi de l'any,
goig ple d'una princesa,
sense sortir del bany.
Família i amics
ben prest assabentats
li tornen els mots rics
que havien heretats.
Mes la princesa dorm,
no vol deixar la carpa
del circ improvisat.
Fer dissabte és un art
i fer mandres també,
...per qui hi és avesat.
Un homme jeune
au fond d'un tiroir lent.
Cadre dentelé, bistre léger.
Un petit goût de suranné.
Tenant serrée une enfant
blonde, accroupi, un homme
jeune regarde le photographe.
Chemise légère, pantalon souple,
le col ouvert, il sourit des yeux.
Sa chevelure épaisse, sagement
désordonnée, exprime une confiance
pleine en l'avenir. Non point en
ce futur des nations qui n'est que
pacotille mais en ce quotidien franc,
lent comme un tiroir qu'on referme.
Parpelles closes
a l'entrada de la nit,
per un bes delicat.
Hores lentes i plaents,
en silenci. Frecs lleugers
de peuets contra la manta
protectora. Pensaments quiets
com una barca a recer del moll,
esperant del vent la tendra volada.
vendredi 29 janvier 2021
BOUFFÉES D'HIVER
Tels des châteaux de feu à minuit,
l'éclat d'une beauté cachée :
pyrotechnie de la création !
La constance est la juste mesure
de qui veut cheminer et faire chemin,
petits petons menus,
la constance est silencieuse, si avec moi elle va.
Un goût de sang aux gencives,
sang de cerises et de fruits rouges
qui éclatent quand le soleil décline,
éclaboussant de vie, de vie rebelle.
© Roser Blàzquez Gómez (poèmes)
© Michel Bourret Guasteví (traduction)
mercredi 27 janvier 2021
Muse
Non loin du Malpas qui, de l'onde, resserre le cours,
les cheveux verts, plantés sur la terre ferme,
folle crinière qui danse avec le vent et rit.
Elle a remarqué que tu l'admires
et se fait toute jolie à ton passage,
et sans jamais oublier qu'elle est herbe grossière,
sous tes yeux, elle devient princesse un moment.
© Roser Blàzquez Gómez, traduit
du catalan par M. Bourret Guasteví
Genives
lundi 25 janvier 2021
Prénoms
rares et précieux, pudiques et brefs,
reléguant les petits mots au placard
des accessoires. Phrases brèves qu'ils
ouvrent ou referment dans un sourire,
sur les sommets enneigés ou au fond
de grottes sombres où l'eau glacée
s'émaille de spaghettis sage, comme
un minestrone d'été. Prénoms anciens,
sur une plage de sable farineux. Deux
syllabes, pas plus, et le silence exulte.
Dies fausts
de finestra a finestra, amb sengles
tasses de cafè cremant.
Hores valuoses quan l'amor s'eixampla
i camina pel carreró glaçat, de somriure
en somriure.
Fonteres insignificants, de fang i herbes
mortes que la neu pura ofega per oferir-nos
la més fructífera de les primaveres.
Filferro
que trobaràs, caminant per la neu.
Et guiarà, segur, pel bon viarany
transfronterer que l'hivern esborra,
oferint-te unes valuosos ulleres,
sense vidre però d'aire bo.
Així fugiràs de la voluntat ingènua
de fixar l'espai per sempre amb clixés
però en jalonaràs la cursa, pam a pam.
samedi 23 janvier 2021
LE MYSTÈRE DE LA POUSSIÈRE D'ÉTOILES
Elle était assise sur une pierre parmi les chênes. Ça sentait la paille sèche et le chaume fraîchement coupé. Cette nuit-là, les grillons chantaient fort, un stride aigu, constant, comme pour effaroucher la nuée qui voilait le firmament. Elle, elle attendait. Elle attendait, les yeux plantés dans le ciel pour goûter le fugace ballet des étoiles. Elle n'en recherchait qu'une, pour son vœu le plus secret. Une étoile, rien qu'une ! Mais justement, cette nuit-là, l'épaisse nuée s'opposait à son vœu. Il faisait frais. Au bout d'un moment, avec un sourire résigné, elle entreprit de revenir sur ses pas. Cela faisait tant d'années que ses vœux n'étaient jamais exaucés. Pourquoi s'était-elle imaginé qu'il en serait autrement ?
Et pourtant, de retour chez elle, pendant qu'elle écoutait en silence ses pas craquer, le vent lui apporta un mot. Il venait de loin, peut-être d'une étoile qui l'avait laissé tomber... C'était un mot ancien, connu et aimé. Et ce mot devint un miracle. Un miracle en sept lettres. Sept, comme les jours de la semaine, ce mystère qui règle le temps. Sept, comme les notes de musique, ce langage qui chante et fait danser la vie. Sept, comme les couleurs de l'arc-en-ciel qui peignent le monde. Le mot intime de son cœur.
Et le mot devint poussière d'étoiles.
du catalan par M. Bourret Guasteví
XALAR
A Menorca, quan mos trobam bé, deim que xalam. Un mot ben curiós que ve del llati exhalare: respirar, expulsar l'aire dels pulmons.
L'acadèmia de medicina francesa acaba d'aconsellar la prohibició de la parla, clàssica o per mòbil, als metros i busos. I ja m'imagin es ramat d'obrers calladets anant a sa feina cap cot. Es toc de queda a les 18:00 ja ho permetia d'entreveure. A pencar i, después, muts i a la gàbia.
Mentrestant, amb distància profilàctica, seguiré xalant.
Que tinguem un bon dia.
vendredi 22 janvier 2021
Rose, Rose !
et la lumière pâle en cet
hiver trente-cinq. Grave,
sur le buffet, la pendule
sonnait trois heures.
Lâchant la main de sa mère,
une enfant courut en s'écriant
«Rose, Rose !» Sur une chaise,
un tablier froissé, nu, reposait.
Un vaste horizon en petit
sous ton regard,
il s'est élargi et allongé.
Et cet horizon est un reflet
qui me dévoile des détails :
petites fleurs des champs,
neige coiffant les sommets
et le goût d'un baiser volé
ou d'une promenade grise.
Rond-point des bords de ville,
mirage d'un palmier échevelé,
le blé assoupi dans le couchant.
Autant d'horizons qui dessinent
les contours d'une éternité
vécue à tes côtés.
© Roser Blàzquez Gómez, traduit
du catalan par M. Bourret Guasteví
jeudi 21 janvier 2021
Une passion alexandrine
sur fond d'ogives aveugles,
une pelleteuse étend son bras
et danse avec lenteur, une jolie
brune dans son godet égueulé.
En Barabbas, un grutier immuable.
La Passion, peu à peu, se déroule,
requiem de folie, avec, pour Christ,
la beauté d'un Alexandre dépenaillé.
Puis tout s'efface, il n'est plus
de grue, de belle ni de décor. Rien
qu'une voix pour chanter l'amour
jusqu'à la déraison. Johnny, en deux
secondes blackboulé, par l'exigence
d'une voix qui réclame le silence
des instruments pour atteindre à l'épure.
A cappella, poussée jusqu'à s'érailler.
Dites au curé, dites au pasteur...
La casa del Panqui
una casa petita,
inspirant la cançó
d'un cor que s'hi delita.
un sofà d'erugueta,
la crida del destí
i de nit la sopeta.
Allà viu mon amor,
els fills i els amics,
un animal en or
amb pentinat de rics.
Si amb paper jo pogués
creuar la línia fosca,
al matí em tindrien
fins al moll de la nit.
Un voyage en petit
Encre nocturne
et ton souffle serein.
La nuit, tout au dehors,
est d'encre noire ourlée
de givre. J'y plonge mon
regard et j'y choisis
des mots, dans la langue
neuve de l'échange, pour
t'écrire, sans te réveiller.
Mots purs et cristallins,
si simples à l'oreille de
l'enfant qui y baigne,
mais si neufs pour ton palais
qui, lentement s'y fait.
Mots rocailleux de frontière,
enracinés dans l'après-guerre,
ruines d'un mas ancien, où
poussent des carlines.
Mots qui sautillent et dévalent
les pentes, en riant avant de
souper tôt dans un restaurant
de bourgade où l'on sert du
hachis avec des champignons.
La nuit n'a pas bougée,
je referme son couvercle,
range ma plume et, ici bas,
mardi 19 janvier 2021
On dit que
des blocs de béton gris
entravent le passage
sur cette route sans douanier.
Un président hautain, ignare
et condescendant, l'a décidé
au terme d'un saut de puce
aux faux airs de Labiche.
Il fait froid en ce matin,
la brume colle au béton et
bientôt l'étouffe sous son
étole. De part et d'autre,
des ombres passent. Vraies
ou imaginées. Il n'y a jamais
eu de vent d'Espagne.
Une seule Catalogne respire.
Escargots et lézards vont et
viennent et mon cœur, si triste
au nord, gagne bientôt le sud,
où l'attendent le café brûlant
et la charcuterie poivrée.
Fragile force
le sable de l'été,
la bourrasque de mars.
Jamais l'emprise,
la joie du réveil,
les voix tapotées,
la peur de l'ailleurs,
en eux aucune crainte.
La force et le fragile.
lundi 18 janvier 2021
Enyor
de l'amena semblança, i vine nu,
enyor, amb aquest aire final que
crida l'ull però no pas l'orella.
No passis desapercebut i deixa, en
l'aire, la delicada flaire del temps
passat plegats, a prop d'una basseta
tendra i d'unes carlines enrojolades,
car, sense tu, mon cor no bategaria.
Un bouquet de houx vert
et pour Louis Anguera
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur,
sur une tombe aimée quand le ciel se fait noir.
Et si le jour décline, je laisserai la peur
Elle qui fut si peu, et toujours m'accompagne
de l'aube émerveillée jusqu'au zénith serein,
sans jamais m'éveiller, quand le sommeil me gagne
et brunette insolente, m'invite au blond matin.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
le poète a raison qui perdit une fille.
En guise d'oraison, mes pas n'ont pas cessé.
En Méditerranée, je ne vois qu'une ville.
Matilde
Molins
dimanche 17 janvier 2021
Geometries
guix i pintura. Angles
aguts i trencadís viu.
Tan càlida com abans,
l'habitació està canviant,
a bocinets grossos, com un
mirall calidòscopic de la vida
que canvia entorn d'una noia
que veu com se li eixampla el món.
Un raconet
sense brillantor ni escletxes,
un raconet entre armari i paret,
amb una cadira vermella i una planta
petita. Un lloc secret, ocult per a
somniar-hi o compondre versos breus.
Una finestra oberta a un horitzó viu
de fulls dibuixats. Coloraines tendres
i infinita nostàlgia de la natura propera.
vendredi 15 janvier 2021
Una noia esquerrana
Corre l'or fos entre els dits menuts
i l'os de sípia, silent, li fa l'ullet.
L'agafa amb la mà dreta i el treballa
amb l'esquerra. Astorat, l'os tremola,
mes la noia l'invita a ballar, amb dits
segurs. Passen hores. En un racó del
taller, una joia, discretament, xerra
amb una altra: el joier és joiera, ja...
La danse des ciseaux
mercredi 13 janvier 2021
Retour
Arbres nus
lundi 11 janvier 2021
Sa caseta
Un despertar
sense esma ni cap por,
un buit blanc que,
a poc a poc es va omplint
de records, pròxims o tan
tendrament allunyats.
Un passeig de confidències,
caminant sobre es còdol de
Sa Pedrera d'Es Pujol amb
s'amic indispensable. Un sofà
clar, davant d'una llar encesa
entre neu i noguera, enmig
d'una terra d'amor per descobrir
lentament i assaborir llargament,
mentre la son se me l'està desdibuixant.
Una sopa de setas
de paredes claras i hogar
llameante. Platos delicados
y vinos olorosos. En un momento,
sin que se te viera, nos serviste
una sopa de setas humeante.
Lenta, la cuchara iluminaba sendas
caras y ritmaba la conversación.
Hablamos de todo. Sobre las doce,
se me tragó la noche, de lluvia
inhóspita. Dentro de mí, brillaba
la llama apacible de una sopa de setas.
Lluna de llet
i espessa. Flaire cega de
vaques ben munyides i
Joia humil encastada en
un cercle de llauna sonora.
Lluna de llet, sense fases
ni mesos, tota oferta a la fam
dels infants adormits.
samedi 9 janvier 2021
Et mon souffle
Un granet
Com carícies
vendredi 8 janvier 2021
En Joanet des vespres
com un rierol de Cerdanya
al sortir de s'hivern.
Acluca els ulls en Joan rere
ses ulleres entelades per sa
mascareta de cristall flac
i torna a córrer pels carrers
buits i sonors de sa ciutat
vella, en Joanot de calces
curtes i ulls ben oberts. Anys
seixanta de biblioteques gelades
i forns olorosos. Més enllà des
mar fosc, en Lacan pronunciaua
lliçons sobre sa llengo i es cos.
A Menorca, bategava un cor lliure.
lundi 4 janvier 2021
Transviure
sense publicar,
a pensar abans d'escriure.
M'has ensenyat a estimar
abans d'amar,
sense pressa ni miratges.
M'has ensenyat a transviure
sense limitar-me,
a compartir abans de gaudir.
Farigola bona
en la teva mà fredolica.
Com suspesos entre cel
i terra, els teus dits
cusen paraules tendres,
teixint el meu tecleig.
Vigatanes tan blanques
als peus i un pessic de
farigola bona al cor.
dimanche 3 janvier 2021
Angel eyes
pels camins dels afores. Pols
fina i lleugera com d'àngels.
No dius res ni mires el mòbil.
Camines tibada, com deien abans,
a la Sant-Mateu de la mare.
La bassa d'aigua és gèlida, negra,
amb gust de ferro bo i cuir vell.
No dius res. Ni mires el mòbil.
Bourrasques
Un berenar de gener
samedi 2 janvier 2021
Un soroll de cadires
blanca d'un cinema de Maó. Fosquet.
Sessió doble. Poca gent. He vingut
amb els cosins, en Gerard, en Potxolo,
per veure l'Adjani en gran. Ens avorrim
davant del NoDo. Inhàbil, he fet caure
les cadires velles i riem tots tres.
Aleshores jo no sabia que ja t'obries
al món i que un dia, per cridar-te
l'atenció, faria caure noves cadires.
vendredi 1 janvier 2021
Una porta oberta
Baixeta la casa, amb teulada
encalcinada, a tocar des molí.
S'obre sa porta al caliu de
entrar en Paco, sense que el vegi.
Dret, ufanós i tranquil, en Toribio
me recorda dies passats, al cor de
s'estiu, entre pomada i pomada.
Fa fred, el cel és pur, ja sé que,
i sa bústia tancada. Tornarem a revifar
sa Caixa B, amb es bon amic Joan. Segur.
T'hipnotitza
com el foc. Glaçat
al nord fosc, tòrrid
al sud turquesa. Mar
de poetes recollint
códols i petjades,
petxines tèbies, plenes
de sorra blanca, amb tacte
de farina i gust d'ortigues
de mar. T'hipnotitza el mar.
Deixa'm, amor, hipnotitzar-me
al caliu bo de la teva mirada.
jeudi 31 décembre 2020
Lune espiègle
veut être une feuille automnale :
elle grimpe sur une branche,
tout en haut, à la cime.
Suspendue par la pointe,
elle se laisse bercer par le vent,
anticipant déjà la danse
d'être une feuille quant elle décroîtra.
A unes poques hores
d'any, m'he emportat un llibre
teu, prim i vell i me n'he fet
un petit mausoleu, de tinta fina.
Me l'acabaré abans de la mitja
nit, si el seu déu, tan suau,
m'ho permet i si m'hi acompanyes,
acariciant el teclat fosc i calent
en busca de la inspiració eterna.
Com un pessic de pols
mercredi 30 décembre 2020
Vetiveria
vendredi 25 décembre 2020
Un somni carícia
jeudi 24 décembre 2020
Vigília de Nadal
sense fulles ni colors?
El cel es despulla de sol
i núvols per retallar-vos,
i la lluna, ben grossa,
espera abans de sortir.
La boira, molla i grassa,
és tinta per a les branques
agudes i el carreró s'omple
de joves amb inquietuds càlides.
Oblidant-se de vosaltres, soparan
canelons, guacamole i formatge
fos, sense saber que, a la nit,
els vostres rams, ja invisibles,
els faran pessigolles entremaliades
a la tendra planta dels peus.
mercredi 23 décembre 2020
Un carreró
estret i silenciós,
un tall de quitrà
i pedretes grises.
Els cotxes no hi passen,
s'hi aparquen al vespre
i se'n van al matí, roncs,
deixant el carreró buit,
sense una línia en blanc.
Tancant els ulls, hi veig
una xarranca traçada amb
guix groc i una nena jugant
Al fons, hi ha un arbre sec
i herbes altes i molles.
Un carreró de poble,
i de carbassa a la nit,
i m'ha embriagat el cor.
Un presque port
une courbe légère
cassant la marche
Bref sursaut dans le
cours épais du canal,
nus se voudrait halte
pour l'éternité. Mais
déjà, la course reprend.
È con l'olore
traduit par F. Maffioli
È con l'olore di faggi che la sera viene.
C'est avec l'odeur des hêtres que vient le soir.
Magie des mots soigneusement entrelacés quand la nuit
L'endroit et l'envers de l'étoffe, la tâche humble
de la traductrice qui se met dans les pas boisés
et en exprime l'ineffable : l'odeur un peu âcre
de la hêtraie sous le pas lent et lourd de l'envie.
La nuit a disjoint les pages du cahier mais les mots
savent se retrouver et la luce ossigenata appelle
sa sœur en lumière oxygénée. Le sommeil me rappelle
et m'abîme bientôt, ma bouche s'emplit de sève brune.
mardi 22 décembre 2020
Creu
al dors de la mà.
L'empremta aguda
d'uns vidres que cauen
reventats per la calor
sofocant d'un liceu
de províncies. Així és
com neix una creueta a
l'enforcall del polze
i de l'índex. Passaran
els anys, els dubtes
desassossegaran el creient
mes la creu seguirà al seu lloc,
discreta brùixola d'un poeta
sense rumb i amb candidesa.
L'amor fora del llit
dels dits, l'amor s'estremeix
en detalls ínfims i esmicolats.
Un poemari nou obert al sofà,
la flaire sobtada d'una magrana
oberta i de seguida abandonada,
una veu trencada per l'emoció,
tot i el rierol de paraules de
país, sàvies i eternes. El so
suau i platejat d'unes mirades
que s'entrecreuen sense necessitar
cap lloc per beure's i cantar. Alt.
Entre pa i pa
lundi 21 décembre 2020
Finis terræ
éclats d'obscurité et de lumière,
tes jambes ne cessent de trembler,
les miennes s'approchent du point
où l'air en falaise s’abîme soudain,
où la vue voit s'effacer l'horizon,
où l'esprit follet prend son envol,
où l'âme quête un baiser.
Et tout en haut, en guise de couronne,
une étoile énorme et tout enluminée,
l'étoile qui guide des pas neufs
venus de là-bas, pour gagner le lointain.
© Roser Blàzquez Gómez, traduit du catalan
par Michel Bourret Guasteví
Une maison en papier
lumière d'un matin de décembre, les draps
claquent au vent, éparpillant des millions
de gouttes naguère chaudes puis tiède. Odeur
revigorante du savon de Marseille. La toile
froissée voit ses fronces disparaître, sans
que ne soit nécessaire la vapeur du fer blanc.
Parallèle clair de ces drapeaux sans pays qui, unis,
façonnent un parallélépipède, une maison en papier.
dimanche 20 décembre 2020
Reptes tendres
el desembre, entre poble i poble.
Paraules llançades al riu quiet
i que esperen, a l'altra banda,
el fulgor breu d'una resposta
càlida, un grapat de mots i sons
en una llengua, pura o mesclada.
Reptes tendres que el son preserva
en somnis molls i acaronants.
NOËL SANS VISAGE
faite de terre cuite outre-atlantique
avec des santons à la peau halée
sans nul visage pour les identifier.
Face anonyme, visage du pauvre
que notre fête veut ignorer
et quand son regard nous incommode
nous le dissimulons sous l'ange.
Noël revient chaque année sur les pauvres,
sur ceux que l'on ignore aujourd'hui,
immigrants, vieux et miséreux,
ces regards qu'il nous sied d'émousser
or ce sera Noël quand chaque visage
récupérera son air d'humanité,
quand l'oubli de tous les sans-visage
cessera d'être la cruelle réalité.
© Roser Blàzquez Gómez, traduit
du catalan par M. Bourret Guasteví
samedi 19 décembre 2020
FOC
el desig s'hi va colant
i la boca s'obre, molla
de tant de desig callat,
tot just abans que li talli
el pas una consonant amb posat
de duaner buzzatià. Seca i velar,
tanca el mot, obrint l'esperit
dels amants al magí: F-O-C.
Una carpa
jeudi 17 décembre 2020
Bon dia Sandy
com te va tot?
Brut, exhaust, l'home
avança amb dificultat.
L'han reconegut, tot i
la mascareta de cotó.
Seu i espera el cafetó
del matí. Se l'imagina
fumejant. Somnis petits.
Es cau de la sirena (conte de nadal en versos lliures)
fa molts anys. Una plaga
terrible ho corrompia tot,
silenciosa. Alguns resaven,
d'altres s'aferraven fort
als símbols del passat,
quan, un bon dia, els danesos,
astorats, van veure que a sa punta
plujosa d'un espigó de Copenhaguen,
la sirena d'Andersen havia desaparescut.
Van vindre bussos grossos amb es casc
de coure a la Tintin. Tot i es llums
potents, no van descobrir res. No havia
caigut a s'aigo des port, desesperada,
com si volgués acabar amb sa vida.
Passaren setmanes i mesos. Sense noves.
Un dia, un mariner dels d'abans, va
desembarcar en un illot del Pacífic,
pres d'una terrible crisi de reumes.
Caminà una estona i, per protegir-se
del sol, entrà dins d'una cova ombrosa.
Allí, cantussejava una noia escabellada,
de corbes delicades amb una brusa de flors
i uns pantalons estrets que s'assemblaven
a ses escates des peixos blaus. Era sa sirena
des port de Copenhaguen! Es vell mariner,
tremolós, va treure de sa seva butxaca una foto
arrugada. Sa guapa la mirà, no digué res, i li donà
la mà. S'aixecà i sortiren ambdós. Ja no sentia
es mariner sa dolor dels reumes. Com per eixarm
o per sa flaire salabrosa de la cova. Navegaren
dies i setmanes. Quan arribaren, la multitud
els victorejà. De sa plaga no quedava res
sinó unes escates petites, com d'or fos. Aleshores,
la sirena, ja sense cua i amb peus nus i petitons,
retrobà el lloc que havia deixat, a sa punta de l'espigó.
PSUC, PCE vs. El suc de PCR
del suc agre de converses en torn de
les proves de PCR.
I la sobtada nostàlgia dels setanta
quan, entre PSUC i PCE, bategava el
cor de les il·lusions nostrades.
Una senyora gran, molt elegant, es treu
de cop i volta la mascareta i diu a una
amiga, múrria: per Nadal, menjarem torrons!
mercredi 16 décembre 2020
En un tournemain
au vieux dictionnaire, moi je ne veux
qu'en arracher, au hasard, quelques pages
et en faire des avions en papier, soigneusement
pliés, fins et légers, pour porter au-delà de
mon jardin gris la parole des siècles passés.
Mots fragiles et certains, qui peuvent, en un tournemain,
sceller le sort d'un condamné ou les lèvres de l'aimée.
Avant que l'oubli n'en fasse l'humus de la langue à venir.
Becerola
el fil dels dies? Tres, quatre o una
sola, semblant a una nit d'agulles,
en mig de la mar serena? Frec de mots
i girs que s'escapen dels diccionaris
per domisquejar al caliu de la llitotxa.
Becerola tendra, abedecedari agut com
una titlla escapada del teclat castellà
per fer la migdiada a una hamaca de país.
dimanche 13 décembre 2020
Le lecteur de la toile
Comme étranger à la rondeur paisible
du vieux donjon, il s'est pris au filet
de la toile bleue et, de là haut, il lit.
Bien loin de la pelouse grasse de décembre,
il tutoie les étoiles ses alliées, sans ciller.
Le soleil froid est au zénith. Il n'en a cure.
Plus tard, il descendra et jouera avec un petit
chien corseté, comme si rien ne s'était passé,
mais, secrètement, il continuera de tisser sa toile.
La vie
répétée à l'envi
fenêtre par fenêtre.
Pour les plus aisés,
un étroit balconnet.
Pour les autres,
le soleil en conserve.
Et pourtant, pourtant...
La vie naît sous le béton,
le verre et le plastique.
On sort, on se promène.
On rit sous cape et se confie.
La terre battue crisse sous
le ballon soudain des enfants
enjoués. Et, au coin de la place,
l'odeur brûlante des calamars
panés m'appelle à partager un brin
la vie de mes aînés.
Fent dissabte
t'escalfa el cor i t'invita
a parlar me'n. No importa
el monotema dels nous escrits
confiats, de paper monòton
i tinta avorrida. Estàs viatjant
per la llengua i els mots, breus
o deliciosament allargats, són
finestres per la vida. No els veig
ni els llegeixo, mes ta veu silent
me'ls inventa i mon cor, curiós de
tanta vida, se n'escalfa de sobte.
El dinar d'un esquirol
entre un grapat de pedretes glaçades,
el dinar d'un esquirol.
Ressec el cor de la pinya, com un avet
en petit, clar arbust de Nadal, sense
garnaldes ni boles vives, el dinar
jeu al bell mig de l'improvisat caminoi.
Passaran setmanes, tornarà la primavera
i la terra, grassa i molla, se n'alimentarà.
vendredi 11 décembre 2020
Vindicació / Revendication
O més d'una hora: un bon tros
d'eternitat. Negres o blanca,
les mascaretes fullegen lentes
els llibres rars i bells. Rere
la pantalla, còmplices, una mare
i son fill gran viuen el moment.
Tantes espases pel món i tot just
dues a l'instant i la foscor del mar
silent entre ambdues. Cinc esguards
s'han citat, i tants els van esperant.
Frec de dits famèlics per la façana
blanca del número cinquanta-tres del
maonès carrer de Gràcia. Rics passejos
d'una apassionada per la ciutat alegre
de les orenetes. Perquè estic pensant
en S'altra Banda i en els versos purs i
senzills d'un rellotge de sorra que ralla?
***
De tant d'amitié, une heure.
Ou plus d'une heure : un bon bout
d'éternité. Noirs ou blanc,
les masques feuillettent lentement
les livres rares et beaux. Derrière
leur écran, complices, une mère
et son fils aîné vivent ce moment.
Tant d'épées dans le monde et tout juste
deux, à cet instant, et la noirceur de la mer
silencieuse entre les deux. Cinq regards
se sont donné rendez-vous et tant qui les attendent.
Frôlement de doigts affamés sur la façade
blanche du numéro cinquante-trois de la rue
mahonnaise à l'enseigne de la Grâce. Promenades
riches d'une passionnée dans l'heureuse cité
des hirondelles. Pourquoi pensé-je soudain
à l'Autre Rive et aux vers purs et
simples d'un sablier qui parle ?
jeudi 10 décembre 2020
Ciurons amb tomàtic
la mare prepara ciurons
amb tomàtic. Frec sord
de sa cullera d'olivera
contra el metall mat.
La mare és esquerrana,
de gestos i de passió.
Passen es minuts, xerram
dels actes d'aquests dies
que mos apropen al conco
adorat. Mots i girs fan
xup-xup com els ciurons
clars dins sa salsa espessa.
Barrejades ses llengües, xalam.
mercredi 9 décembre 2020
Ma tasse, chez ma mère
Ma tasse est culottée, comme une vieille bouffarde,
ses parois intérieures, naguère blanches, se peignent
d'un camaïeu de bruns et d'ocre. Et pourtant, jamais,
pas un instant, je ne songe à la récurer ou, à tout le moins,
à y faire couler un filet d'eau tiède. Jour après jour,
soir et matin, ce café brûlant que je laisse refroidir,
à petites lampées, rythme les belles journées que je passe
auprès de ma mère, dans son appartement coquet. Le café
y est chaud et le temps s'y peint, d'un joli camaïeu.
Des livres, paupières closes
dans des caisses de carton bon marché
contre le mur du fond. Parallélépipèdes
défaits, ouverts comme par un haruspice,
puis soigneusement refermés et rempilés.
Toute une vie de lectures et de richesses.
Tant de mondes qui s'ouvrent, au cœur de l'âme,
du temps et des pays. Pourquoi songé-je soudain
à la jeune fille de Larousse qui semait à tout vent ?
Una flaire silenciosa / Une odeur silencieuse
i floten, quietes, unes ones
de goig compartit fa poc.
Una flaire de tonyina, al cor
glaçat de les muntanyes, sense
pescador ni percat de plata
blava. Una olor discretament
sofisticada que no desperta ningú
peró em capgira el cor famèlic.
***
La petite maison est silencieuse
et il y flotte, paisibles, des vagues
de joie partagée il n'y a guère.
Une odeur de thon, au cœur
glacé des montagnes, sans
pêcheur ni marché à l'argent
bleu. Une senteur discrètement
sophistiquée qui ne réveille personne
mais retourne mon cœur affamé.
Une eau sombre
lentement, sous le placard,
au rythme d'un poignet las.
Cuisine étroite et élégante
où les menus ustensiles
s'écartent sous les abysses.
Ça sent le monde ancien, vermoulu,
et l'envie de clarté humblement
somptueuse. L'eau est bien sombre
et la main si claire qui s'y abîme
à l'aveuglette. Le jour se fait,
ça a séché. Un mauvais rêve passé ?
mardi 8 décembre 2020
Cel rogent de capvespre
cova un foc efímer, fred i gelòs.
Ceguesa del bon Sant Martí, orfe
de gotes tendres i de llampecs
sobtats. S'està imposant el silenci
a ponent i ningú no gosa dir res.
Nues, despullades de la vida estiuenca,
les branques esperen el trenc d'alba
per cantar en alt la Catalunya central.
samedi 5 décembre 2020
In memoriam Gumersind Gomila
Quan va morir en Gumersind Gomila a la clínica Sant Pere de Perpinyà, el 22 març de 1970, tenia deu anyets i no vaig entendre lo que passava. Sa tristesa de mumare, mon pare tractant de suavitzar sa terrible notícia, menys de deu mesos després de sa mort de sa seua germana gran, l’àvia Antònia.
En Sindo, a qui deia « Tonton Sindó » amb accentuació a la francesa, em semblava tan jove i immortal... El recordava l’estiu anterior a sa platja de Canet, prim, elegant amb es seu banyador negre. Aleshores es conco m’havia promès que aniríem plegats l’any següent a Barcelona i que m’hi faria conèixer «uns homos importants». No va ser possible. Uns dotze anys després encaminaria els meus estudis doctorals cap a una geografia literària de la Ciutat Comtal. Com una compensació ben magra.
El solia veure una vegada a l’any, el juliol, quan mon pare, comandant de duana al port de Dunkerque, tenia vacances. Sortíem plegats pels obradors de Sant Vicens on era cap de taller. Em regalava coses estranyes que m’encantaven: un bolígraf d’espia que feia d’ullera de llarga vista, uns segells espanyols, unes monedes antigues – que solia col·leccionar –, un poemari seu, l’últim que havia publicat en vida, El ocells morts, que aleshores no vaig entendre i on vaig encolar un dels famosos segells.
En Sindo vivia al número 5 del carrer Pierre Rameil de Perpinyà amb sa seua germana gran Maria que havia embogit i que no li sobreviuria gaire. Quan els anàvem a visitar «Tante Marie», rallava en maonès a unes persones que, suposadament, tenia al darrere i que no vèiem. Éren els seus pares.
Trenta-cinc anys després, amb motiu de s’homenatge que li retia sa seua ciutat natal, vaig entrar dins de l’immoble de l’antiga seu de l’Institut Menorquí d’Estudis, al Carrer Nou de Maó. Feia molt fosc, vaig trigar molt en trobar la llum i, de sobte, em va arribar s’olor inoblidable de s’escala del carrer Pierre Rameil.
En Sindo, post mortem, aconseguia la immortalitat.
Giragonses i girasol
d'una banda a l'altra dels
països catalans. Flaire
delicada de la paraula triada
a deshora perquè llueixi més.
Serenitat del girasol nounat
que se les mira amb benevolència
cap a una banda i a l'altra d'unes
fronteres que, tots, podem salvar.
Gelée blanche
naguère tranchée en son faîte.
Annonciatrice des premières neiges,
la gelée blanche l'a recouverte
en son sommet cette nuit. Silence
du petit matin glacé. La vie s'installe.
Esguard
jeudi 3 décembre 2020
Prime
et de la sotte déprime
et imprime sur l'épaule
de l'aimée l'invisible
marque de tes lèvres,
naguère comprimées
par un sourire distant.
Exprime la force des mots
qui s'envolent, comme
de la grenade, les précieux
rubis s'écrasent sous la presse
en autant de larmes de joie,
fais de l'éphémère et du généreux,
le ferment des journées à venir qui,
à tes yeux, sont bien l'unique prime.
Cabelleres de desembre / Chevelures de décembre
de gel, dues cabelleres quietes,
adormides amb el record embruixat
d'unes nits d'estiu clar, olorós
i opac. Escabellades herbes,
blanquinoses i sobtadament rígides,
i, a una banda, un arbre nu com uns
dits famèlics pidolant l'aturada
dels dies funests, confinats i sords.
mercredi 2 décembre 2020
Ultramarina
cremant, tranquil·leta,
la tassa s'ha deixat
mossegar el platet blanc
pels marges de la foto,
com si volgués anar-se
amb mi. Assegut a Besiers,
davant de la pantalla fosca,
la miro i em bec, a glopets,
un cafè amarg i fred. L'amic
Paco és a l'Eroski de Sant-Lluís
i, sense dir-me res, m'està
cridant. Passen les setmanes,
els mesos, i no torno. Ara mateix,
ho prometo: després de cap d'any,
tornaré!
Duna abraçada / Dune embrassée
els frecs lents dels amants.
Granets tebis entre els dits
i corba majestuosa dels llavis
vogant per les esquenes. Blanca
molla del moll, tot escumós
de l'espigó proper. Abraçada tan
lenta i prest fugissera que hom diria
que la posta de sol se l'ha xarrupat.
***
Or du sable modelé par
les lents frôlements des amants.
Petits grains tièdes entre les doigts
et courbe majestueuse des lèvres
voguant sur les dos. Blanche
mie du môle, tout écumant
de la jetée toute proche. Étreinte si
lente et bientôt fugace qu'on dirait
que le coucher du soleil l'a sirotée.
mardi 1 décembre 2020
La lluna guaita
i el far s'hi escalfa,
el cel n'és ben gelós
i sembla indiferent.
Els segles no són res
ni el posat llistat.
Per ufanós que sigui,
el blanc i negre es mor.
La lluna és seductora
amb son vestit carbassa.
A la roca salvatge,
li pica ben l'ullet.
A Favàritx descansa,
unes hores i prou;
després se n'anirà
i el mar la plorarà.
Empathique
Aux résidents de l'EHPAD
de Buis-les-Baronnies.
Un étrange poupon
dort sur le canapé,
visage de velours
et cheveux de feu tendre.
Rosé comme un sou neuf,
il a de bien grands yeux
et sa bouche est un trait
qui jamais ne nous parle.
Son bavoir est un leurre,
car il fuit les bébés.
les personnes âgées
sont son terrain de chasse.
Il les laisse venir,
rougit quand elles le tiennent :
le délice suprême
c'est de les subjuguer.
La mémoire partie,
il devient leur mascotte
et, tout un soir durant,
savoure leur discours.
De l'enfant parti tôt
à la bonne chassée,
toute une vie défile
qui les endort bientôt.
Si je ris aux éclats
quand je l'ai contre moi,
c'est que je sens qu'un jour,
il m'accompagnera.
Et ton livre...
sous mon aventureuse main.
Avec sa reliure de cuir tendre,
et ses mille pages de satin rosé.
La lettre était petite et forçait
le regard. Un NotoSans léger, tout
en rondeurs de courbes et de grâces
infinies. Alors, sans même le refermer,
j'ai détourné les yeux et je t'ai embrassée.



































